Cathédrales, co-cathédrales, diocèses supprimés... par Alexandre 2012-07-17 09:48:03 |
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La cathédrale étant l'église qui renferme la cathèdre, matérialisation du siège épiscopal, il n'y en a qu'une par diocèse. D'ailleurs, lorsqu'une église (re)devient cathédrale à la place d'une autre, celle qui était cathédrale jusqu'alors devient co-cathédrale. En France, c'est le cas des églises Saint-Jean-Baptiste d'Aire sur l'Adour (Landes) en 1933, de Saint-Léonce de Fréjus (Var) depuis 1957 ou encore de Saint-Jérôme de Digne (Alpes de Haute-Provence) depuis 1962.
Pour les diocèses supprimés en 1801, j'avais questionné la Pénitencerie apostolique pour savoir si leurs cathédrales avaient le statut de co-cathédrale, puisqu'une indulgence est attachée à ce genre de sanctuaire, mais je n'ai jamais reçu de réponse... M'est avis en tout cas que c'est la coutume qui leur donne encore le nom de cathédrale, et non le droit strict. D'ailleurs, l'ancien diocèse d'Avranches n'a plus de cathédrale, puisqu'elle s'est effondrée en 1794 ; le titre quant à lui a été relevé par décret consistorial du 12 juin 1854+. A titre d'exemple, vous trouverez ci-dessous la traduction du décret consistorial autorisant l'évêque de Quimper à porter le titre de Léon telle qu'elle a paru à l'époque dans le Bulletin des Lois.
A noter trois particularités en France:
. le siège épiscopal d'Aire a été transféré à Dax sous le nom d'Aire et Dax (1933) et celui de Fréjus à Toulon sous le nom de Fréjus-Toulon (1957)
. en 1966, les diocèses de Maurienne et Tarentaise (Savoie) n'ont pas été supprimés mais attribués aeque principaliter à l'archevêque de Chambéry.
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<b>Diocèse de Quimper
Pour l’adjonction de la dénomination et du titre de l’Église supprimée de Léon en France.</b>
Suivant ce qui parut le plus opportun au commencement de ce dix-neuvième siècle, ou le plus accommodé à la pressante nécessité des circonstances, pour le meilleur gouvernement des fidèles en France, il fut fait une nouvelle circonscription des diocèses (après la convention passée à cet effet) en vertu des lettres apostoliques «Qui Christi Domini vices» promulguées le 3 des calendes de Décembre 1801. Il arriva donc que quelques-unes de ces Églises furent entièrement supprimées, et que leurs anciens territoires furent unis, suivant la proximité et la commodité, pour être administrés de même, à celles qui furent conservées. L’Évêché de Léon ou de St-Pol de Léon ayant donc été supprimé de cette manière, tout son territoire fut uni et incorporé au nouveau diocèse de Quimper. L’Évêque actuel de Quimper, le Révérend Joseph Marie Graveran, a donc fait présenter par l’illustre comte Alphonse de Rayneval, ambassadeur de l’Empire français auprès du Saint-Siège Apostolique, une humble supplique pour que notre Très-Saint Père Pie IX, par la divine Providence Souverain Pontife, daignât accorder l’autorisation nécessaire pour que ledit Joseph Marie Graveran et ensuite chacun de ses successeurs puissent licitement et honorifiquement s’appeler et s’intituler à l’avenir Évêque de Quimper et Léon. Il a pensé en effet qu’il fallait pourvoir à ce que du moins l’honorable souvenir de l’Église de Léon ne pérît pas, mais fût plutôt préservé de l’oubli, par cette considération ainsi que cette Église était autrefois distinguée par l’ancienneté de sa fondation et par la gloire de ses autres titres. D’après ces motifs et d’autres fondés en raison Notre Très-Saint Père n’a pas hésité à accueillir avec bienveillance ladite supplique, comme étant aussi appuyée de recommandations particulières par le Sérénissime Louis Napoléon, Empereur des Français. Tout ce qu’il y avait à considérer étant donc mûrement examiné, Sa Sainteté a ordonné avec bienveillance que maintenant et à l’avenir, le titre et la dénomination de l’Évêché supprimé de Léon soient affectés à perpétuité à l[’Église] Cathédrale de Quimper et à chacun de ses Évêques successivement, et qu’ils puissent être pris cumulativement. Néanmoins, suivant la clause sagement insérée dans lesdites lettres apostoliques au sujet des autres Églises qui furent alors décorées d’un titre de dénomination double ou multiple, Sa Sainteté a voulu qu’il fût expressément déclaré que de cette affectation du titre ou dénomination de Léon (comme n’étant faite que pour conserver honorifiquement la mémoire de l’Église supprimée) <b>on ne pourra jamais induire ou qu’elle existe encore et n’a pas été réellement supprimée</b>, ou que les Évêques successifs de Quimper ont reçu une juridiction plus ample que le juridiction ordinaire qui leur est conférée. Elle a voulu qu’il fût en outre déclaré que, si jamais, par quelque motif que ce soit, le Siège Apostolique jugeait à propos de faire une nouvelle circonscription des diocèses de France et d’y faire une nouvelle érection d’évêchés, aucun droit particulier ou supérieur ne sera censé être attribué à l’Évêque de Quimper par suite de l’union et de la prise de cet autre titre de l’Église supprimée de Léon. C’est pourquoi le Très-Saint Père a voulu que pour en perpétuer la mémoire, ce décret fût délivré pour valoir tout comme si des lettres apostolique avaient été expédiées à cet effet sous le sceau de plomb ou en forme de Bref, nonobstant toutes choses à ce contraires; et qu’il fût conservé à perpétuité parmi les actes de cette Sacrée Congrégation Consistoriale.
Donné à Rome ce vingt-troisième jour de Novembre, l’année du Seigneur mil huit cent cinquante-trois.
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