Je vous rejoins, par Yves Daoudal 2012-07-16 16:21:38 |
|
Imprimer |
même si votre résumé de l'histoire est quelque peu caricatural et trop globalisant (il y a eu par exemple les catholiques sociaux - dont des patrons - et des évêques qui les soutenaient); mais il est vrai que l'on passe toujours d'un extrême à l'autre, même dans l'Eglise...
Mais vous êtes bien injuste avec Hugues Aufray. Je ne sais pas si l'on chante de ses chansons dans les églises, mais j'ai entendu bien pire, et en tout cas il ne l'a pas demandé. En revanche, il termine ses récitals par un Je vous salue Marie. J'avais découvert cela dans un reportage à la télévision, et j'en avais été ému, et j'avais écrit ceci pour "Reconquête":
Salut à Hugues Aufray
A 76 ans, Hugues Aufray continue de chanter. L’automne dernier, il a entrepris une nouvelle tournée, qui vient de se terminer, et qui l’a fait passer une fois de plus par l’Olympia. Il n’y aurait rien à en dire, si le chanteur de Santiano n’avait choisi de terminer son récital par… une prière. Mariale. Catholique. Fervente.
Habituellement, un chanteur de variété (mais il en est de même dans la symphonie classique) termine sur le rythme le plus entraînant, dans un déluge de sons qui déchaînera les applaudissements. Or à la fin de son récital, Hugues Aufray apparaît seul en scène, avec une guitare sèche dont il ne tirera que quelques notes d’accompagnement, pour chanter Je vous salue Marie. C’est le poème de Francis Jammes mis en musique par Georges Brassens. Il le chante, de sa voix reconnaissable entre toutes, avec une simplicité bouleversante, sans le moindre effet, de la façon la plus dépouillée qui soit.
Et c’est cette prière de l’universelle souffrance humaine confiée à la mère de Dieu, dans toute la pureté du texte de Jammes et de la musique de Brassens qui lui est devenue consubstantielle, qu’Hugues Aufray distille in fine à ses auditeurs. C’est ce Je vous salue Marie tout simple, chanson tout à coup sans orchestre, sans batterie, sans lumières, qu’ils ont dans la tête en sortant de la salle. Une chanson qui est infiniment plus qu’une chanson, comme le souligne si fortement la mise en scène, l’absence de mise en scène.
Nul ne sait combien de spectateurs indifférents à la religion ont pu être touchés par ce Je vous salue Marie. Touchés par la grâce. Cela appartient au secret des âmes. Ce qui nous appartient est de saluer ce geste insolite et magnifique. Chapeau bas.
Yves Daoudal
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|