Hélas, trois fois hélas !
J'ai été assez naïf pour croire que, si personne ne relevait l'utilisation erronée par monseigneur Bonfils de l'instruction sur le MP , c'était donc que l'utilisation était correcte.
Donc, que la fsspx, ou du moins les fidèles de Corse, ne niaient pas la légitimité de la messe Paul VI.
19. Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle.
Définition de "légitimité" (Tlfi)
- Qualité, état de ce qui est légitime, conforme au droit, à la loi.
- Conformité de quelque chose, d'un état, d'un acte, avec l'équité, le droit naturel, la raison, la morale.
Hélas ! Donc, logiquement, c'est un pas de plus qui nous empeche de suivre les prêtres de la fsspx, leurs messes, leurs sacrements... Pour la plupart des tradis ED, je ne suis pas sur que cela était évident avant.
Reprenons ce que disait de l'instruction, et particulièrement de la légitimité, la fsspx,
officiellement.
" [...] On notera ici une nuance : l’Instruction parle de « validité » ou de « légitimité », là où la lettre de Benoît XVI aux évêques du 7 juillet 2007 réclamait une « reconnaissance de la valeur et de la sainteté » du Novus Ordo Missae et la non exclusivité de la célébration traditionnelle. Il n’en reste pas moins que ce n°19 risque fort de fournir aux évêques la possibilité de neutraliser efficacement l’Instruction, en paralysant son désir d’une application large du Motu Proprio « pour le bien des fidèles » (n°8).
Certains commentaires hâtifs ont fait croire que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X était aussi exclue en raison de son opposition au Pontife romain, ce qui n’est pas exact puisque la levée des « excommunications » de ses évêques a été faite parce que Rome a considéré précisément qu’ils ne s’opposaient pas à la primauté du pape. Le décret du 21 janvier 2009 reprenait, en effet, les termes d’une lettre du 15 décembre 2008 adressée par Mgr Fellay au cardinal Castrillón Hoyos : « croyant fermement dans le primat de Pierre et dans ses prérogatives ».
Les paradoxes de cette Instruction traduisent les compromis diplomatiques mis en œuvre pour faciliter l’application, jusqu’à présent laborieuse, du Motu Proprio Summorum Pontificum, mais ils reposent essentiellement sur l’affirmation réitérée d’une continuité doctrinale entre la messe tridentine et le Novus Ordo Missae : « Les textes du Missel romain du Pape Paul VI et de la dernière édition de celui du Pape Jean XXIII sont deux formes de la liturgie romaine, respectivement appelées ordinaire et extraordinaire : il s’agit de deux mises en œuvre juxtaposées de l’unique rite romain. L’une et l’autre forme expriment la même lex orandi de l’Eglise. (n°6)
Or, sur ce point, on ne peut que constater une opposition entre deux Préfets successifs de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Alfredo Ottaviani, dans son Bref examen critique de la nouvelle messe, et le cardinal William Levada, signataire de la présente Instruction.
[Rappel des conclusions du BEC]
C’est bien en raison des graves carences du Novus Ordo Missae et des réformes introduites sous Paul VI que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
s’interroge sérieusement sinon sur la validité de principe, au moins sur la « légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire » (n°19), tant il est difficile, comme l’avait noté dès 1969 le cardinal Ottaviani, de considérer la messe de saint Pie V et celle de Paul VI, dans une même « tradition apostolique ininterrompue » (n°3).
Nul doute que l’Instruction Universae Ecclesiae qui s’inscrit dans la ligne du Motu Proprio Summorum Pontificum, ne constitue une étape importante dans la reconnaissance des droits de la messe traditionnelle, mais les difficultés d’application que l’Instruction s’efforce de lever ne le seront pleinement que par l’étude de cette
divergence profonde non pas tant entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège, qu’entre la messe traditionnelle et le Novus Ordo Missae. Divergence qui ne peut être l’objet d’un débat sur la forme (« extraordinaire » ou « ordinaire »), mais sur le fond doctrinal. (DICI n°235 – 19/05/11)