Renouveau : Eglise-sujet versus Transmission : Magistère-objet. par Scrutator Sapientiæ 2011-12-26 14:48:35 |
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Bonjour et merci à Jean-Paul PARFU,
I. Ce n'est donc pas l'herméneutique de la rupture qui s'oppose "le mieux", de la manière la plus constructive et fécondante, à l'herméneutique du renouveau dans la continuité de l'Eglise-sujet.
II. L'alternative herméneutique la plus intéressante n'est pas située, en effet, entre "continuisme" et "rupturisme", mais est située
- entre renouveau, dans la continuité, de l'Eglise-sujet,
- et transmission, dans la continuité, du Magistère-objet.
III. S'il est constaté que, au moment puis en aval du Concile,
- l'aspiration à l'autonomie relative de l'Eglise-sujet, par rapport au Magistère antérieur au Concile,
l'a emporté sur
- l'exigence de fidélité relative au Magistère-objet, vis-à-vis du même Magistère antérieur au Concile,
cela signifie que l'herméneutique du renouveau dans la continuité est quelque peu biaisée, dans son fondement et / ou dans ses conclusions.
IV. Je me permets néanmoins de mettre en avant une petite réserve de forme, à propos de l'expression "Magistère de toujours" ; pour dire le vrai, je ne vois pas très bien ce que cela veut dire, pour des raisons à la fois doctrinales et historiques, et il conviendrait de préciser ce dont il est vraiment question.
V. Pour aller vite, je dirai que le Magistère romain chronologiquement post-tridentin et axiologiquement néo-thomiste
- a évidemment été antérieur, préexistant au Magistère issu du Concile, sur le plan chronologique,
mais
- n'a certainement pas été annonciateur ni inspirateur des novations les plus marquantes du Concile, sur le plan axiologique.
VI. Or, le Magistère de l'Eglise n'a pas toujours été post-tridentin ni néo-thomiste.
On peut toujours dire que ce type d'expression du Magistère, auquel l'Eglise a recouru, du Concile de Trente à la mort de Pie XII, est vraisemblablement celui qui a donné à la fois
- la plus grande solidité doctrinale,
- la plus grande stabilité liturgique,
- la plus grande vitalité pastorale,
- la plus grande fécondité spirituelle,
- la plus grande sainteté morale,
au sein de l'Eglise catholique, pendant quatre siècles, dans la durée et en profondeur.
Mais cela ne fait pas de ce type d'expression du Magistère de l'Eglise l'équivalent du "Magistère de toujours", d'autant plus qu'à la tête de l'Eglise, il n'y a pas toujours eu, par exemple, la volonté de publier régulièrement des exhortations apostoliques ou des lettres encycliques.
VII. Le Magistère de l'Eglise, à ma connaissance,
- n'a jamais été explicité, formalisé, en son entier "depuis toujours", c'est-à-dire depuis le début de l'histoire de l'Eglise,
mais
- s'est toujours constitué dans le cadre d'un développement homogène, d'une clarification et d'une consolidation, par sédimentation respectueuse de son identité surnaturelle et de son orientation théologale.
VIII. Le point que je viens d'évoquer constitue quasiment ma seule réserve avec le texte de Monsieur l'Abbé GLEIZE ; en dehors de cet aspect des choses, je souscris à son argumentaire, dans lequel il montre bien que le mot continuité n'a pas du tout le même sens,
- selon que l'on se place dans le droit fil d'une logique axiomatique (anhistorique ?) relative à l'être de l'objet dont on parle
ou
- selon que l'on se situe dans le sillage d'un optique herméneutique (historiciste ?) ayant trait au devenir du sujet dont on traite.
Je vous remercie pour ce texte et je vous souhaite un bon après-midi.
Scrutator.
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