Mesurer la température n'est pas provoquer la poussée de fièvre. par Scrutator Sapientiæ 2011-12-21 22:57:12 |
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Rebonsoir,
Notamment sur ces questions, la FSSPX fonctionne comme un thermomètre : celui-ci mesure la température, mais ne provoque pas la poussée de fièvre.
Que ce soit sous l'angle de la relation à l'Ecriture, ou sous l'angle de la relation aux sacrements, LA question la plus contrariante et dérangeante
- n'est pas avant tout celle de la fidélité doctrinale
- mais est bien avant tout celle de la fécondité spirituelle
du Concile et de l'après Concile, surtout en Europe occidentale.
Pour moi, qui ne suis pas un adepte des explications mono-causales, au moins trois choses se sont liguées contre le christianisme, au XX° siècle :
1. - une mutation des principes : le passage de l'humanisme à l'hédonisme ;
2. - une mutation des structures : le passage d'un monde encore rural à un monde intensément urbanisé ;
3. - une mutation de la vie intellectuelle et relationnelle de l'Eglise : en particulier, on y a "géré" un gros complexe d'infériorité intellectuelle, vis-à-vis, pour aller vite, des philosophes et des théologiens non catholiques influencés
- par l'idéalisme (Kant, Hegel, etc.),
puis
- par l'herméneutique (Husserl, Heidegger, etc.),
- non en relevant le défi, en des termes radicalement et spécifiquement réalistes, le réalisme de la transcendance n'étant pas la même chose que l'idéalisme transcendantal,
- mais en s'ajustant sur eux, en s'alignant sur eux, en assimilant peu à peu leur forme d'esprit, dans laquelle on a voulu voir une possibilité de rénover la forme pour mieux transmettre le fond.
La "cogitatio scripturae" a vocation à prendre appui, comme son nom l'indique, sur les Ecritures ; à partir de là, la question est celle de l'option, fondamentale ou préférentielle, en faveur de telle ou telle méthode d'exégèse, mais au moins la source d'inspiration initiale et principale est susceptible d'être identifiée et localisée, sinon interprétée, sans difficultés.
Que se passe-t-il quand une "cogitatio fidei"
- relativement hétérogène ou indépendante, vis-à-vis de la "cogitatio scripturae",
et
- adossée, pour aller vite, à un mode de raisonnement à caractère phénoménologique,
tend à reléguer en deuxième ligne la "cogitatio scripturae", voire à se se substituer à la "cogitatio scripturae" ?
Il me semble que c'est tout le drame de la période actuelle.
En apparence, la compréhension de ce drame est réservée aux passionnés ou aux spécialistes.
En réalité, les conséquences de ce drame sont ressenties aujourd'hui, d'une manière ou d'une autre, par la très grande majorité des catholiques, compte tenu notamment de ce que l'on prend bien soin de dire ou de taire, à longueur d'homélies.
Le christianisme n'est pas une des trois religions du Livre, il est la religion de la Parole de Vie dans l'Esprit, de la Parole de vie inspirée par l'Esprit, de la Parole de l'Esprit incarné dans la Vie ; que je sache, Bouddha, Mahomet, entre autres, sont morts ; Jésus-Christ est vivant, voilà ce qui constitue une petite différence.
Il devient urgent que ceux qui ont vocation à le faire recommencent ou continuent davantage à expliquer, à exprimer, cette petite différence.
En l'occurrence, la poussée de fièvre, primo-moderniste, puis néo-moderniste, a débouché sur de la fadeur et de la tiédeur spirituelles.
Il n'est donc pas interdit de penser, a contrario, que c'est, pour ainsi dire, "la diminution de la température intellectuelle" qui permettra de renouer avec davantage de chaleur et de ferveur spirituelles.
Je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.
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