Ces faits étaient notoires dans nombre d'écoles catholiques, même connues, personne ne peut le nier. Ma mère est du reste incapable d'expliquer pourquoi on devait cacher : c'était la pratique habituelle.
Cette pratique du secret absolu était dommageable à plusieurs titres:
1. Les victimes ne bénéficiaient pas de la protection de l'institution.
2. Le contre-témoignage crée des victimes secondaires dégoûtées par la duplicité de l'institution. De fait, elles courrent le risque important de rejeter la foi.
3. Les agresseurs (criminels ou délinquants) ne sont pas mis hors d'état de nuire.
4. Le sentiment d'impunité ne leur impose aucunes limites au risque de perdre leur âme.
Dans ce genre de situation, dès le premier incident, il est nécessaire dans les plus brefs délais:
1. d'informer la hierarchie des méfaits constatés en vue de censures et autres sanctions administratives appropriées.
2. de déposer plainte dans un service de police judiciaire adapté ou auprès du procureur de la République ou au doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance.
Ce genre d'affaires ne souffre aucun stock et doit être traité au plus vite par les voies ecclesastiques et pénales appropriées. Une réponse rapide circonscrit l'incendie:
1 min: un verre d'eau suffit.
2 min: un seau d'eau est indispensable.
3 min: appelez les pompiers.
On le voit: si les crimes sexuels avaient été pris en compte au fil de l'eau, le coût aurait été moindre et le clergé aurait été discipliné ferment par l'exemple. Cela peut se discerner dès le séminaire. De plus, plus le traitement immédiat de l'affaire réduit le risque de récidive et place l'agresseur dans la nécessité d'un repentir sincère et effectif.
Que l'on oppose pas ici le secret de la confession car il est une règle d'airain qu'un clerc ou un religieux ne soit jamais ni le pénitent, ni le confesseur de ses supérieurs ou subordonnés hiérarchiques (à l'exception du cas du Souverain Pontife).