Tout dépend de l'objet en question!
Je n'ai pas abordé le problème du don d'organe, qui est un autre problème et qui est permis sous certaines conditions par l’Église.
Ce qui' m'a fait frémir (et horrifié, je l'avoue) dans vos propos c'est ceci:
A priori, le corps fait partie de l'héritage.
Il ne reste "sur terre" que du "matériel", de l'accumulation de poussière en phase de retour à l'état initial, que vous le vouliez ou non. Et il faut avoir le courage de déterminer à qui il appartient, ce qu'on a le droit d'en faire.
Vos deux phrases ont entraîné une réaction qui est une réaction basée sur ma foi, et c’est ainsi que tout chrétien doit réfléchir.
Retour à l’état initial : jamais ! Le corps humain défunt, même si pour nous, physiquement, biologiquement, chimiquement, donne cette impression de « retour à l’état initial », est pour le chrétien en situation d’attente. Peu importe que le corps se dissolve en d’innombrables molécules. La résurrection finale est un mystère, et nous ne savons pas comment Dieu se débrouillera pour Jeanne d’Arc dont il ne reste plus rien… mais ce ne sont pas nos affaires, ce sont les siennes…
La pratique immémoriale de l’Église est pour nous un enseignement : si le corps retournait simplement à son état initial, alors pourquoi donc l’Église s’est-elle préoccupé d’organiser la sépulture de ce corps dans un endroit spécial, consacré (par un évêque !), qui doit même être ‘réconcilié’ (comme une église) au cas où il sera violé ? Cimetière veut dire ‘lieu où l’on dort’.
Les héritiers d’un défunt héritent de ses biens mobiliers, immobiliers, et ‘intellectuels’ ; mais ils n’héritent pas du corps du défunt. Ils n’en sont que les dépositaires. De même, plutôt que le terme de propriétaire de son corps pour le vivant, je pense que nous devrions plutôt utiliser le terme d’usufruitier : voir sur le FC les discussions sur les modifications corporelles comme le tatouage ou le piercing.
L’Église nous enseigne que le don d’organe est légitime et méritoire, mais pas qu’il est obligatoire ! Si le défunt s’y opposait, en aucun cas les héritiers n’ont le droit de passer outre dans ce domaine.
Un héritier ne fait pas la charité avec un bien qui ne lui appartient pas.
C’est au défunt seul qu’a été donné le corps en usufruit, c’est lui qui en rendra compte devant Dieu.
Et non, toute création divine n’a pas ‘sa dignité’ : le corps de l’homme, parce qu’il a été lié à une âme et qu’il y sera à nouveau a sa dignité. C’est ce qui différencie l’homme de toute la création visible : à l’image de Dieu il fut créé. Ça ne concerne ni les chiens ni les perroquets.
De plus, vous dites que Dieu a destiné le corps temporairement à la destruction. C’est faut : il s’agit d’une conséquence du péché originel : ce n’était pas le plan de Dieu sur l’homme.