un bilan liturgique très mitigé, une action insuffisante et tardive par Luc Perrin 2011-05-03 10:04:39 |
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"Le domaine où il a lui-même reconnu qu'il y avait un gros éffort à faire, c'était la liturgie et son enseignement comme sa pratique dans ce domaine a permis un redressement spectaculaire." (babokoto)
Je pense que votre analyse est fausse sur quasiment tous les points.
- d'abord le constat, la néo-liturgie a-t-elle disparu ? En rien à moins de n'aller qu'à la messe traditionnelle mais le Novus Ordo est là, sauf erreur inchangé.
- la 3è édition typique du missel 2000-2002 (Forme ordinaire) patronnée par Jean-Paul II a été, alors, considérée partout comme un échec des idées du nouveau mouvement liturgique impulsé par le cardinal Ratzinger. Sans parler du rit zaïrois qu'il a autorisé. Il a beaucoup attendu, 2001, avant de s'attaquer vraiment aux mauvaises traductions (Liturgiam authenticam) et encore à sa mort, rien de concret n'avait été accompli en la matière.
- la pratique de Jean-Paul II est allée dans le sens de la néo-liturgie avec Mgr Piero Marini et la mise à l'écart de Mgr Bartolucci que Benoît XVI vient de créer cardinal. C'est sous son règne que Rome a accepté la multiplication des filles servantes de messe après l'avoir mollement combattu au départ. C'est lui qui a introduit à Rome la communion dans la main, prohibée sous Paul VI.
Il suffit de comparer une liturgie pontificale de Jean-Paul II et une autre de Benoît XVI pour constater l'erreur de votre appréciation.
- son enseignement en la matière est réduit : l'instruction de 1980 et à l'autre bout du règne Ecclesia de eucharistia (2003) et surtout Redemptionis sacramentum (2004). Or que vise cette Instruction ? "certaines choses à observer et à éviter concernant la sainte Eucharistie" et le n°4 précise :
"Ainsi, on ne peut passer sous silence les abus, même très graves, contre la nature de la Liturgie et des sacrements, et aussi contre la tradition et l’autorité de l’Église, qui, à notre époque, affligent fréquemment les célébrations liturgiques dans tel ou tel milieu ecclésial. Dans certains lieux, le fait de commettre des abus dans le domaine liturgique est même devenu un usage habituel; il est évident que telles attitudes ne peuvent être admises et qu’elles doivent cesser."
Le bilan en 2004, un an avant sa mort, était donc que les abus "dans certains lieux" sont un "usage habituel". Quel constat d'échec !
Prenez par exemple ceci : abus fréquent :
"n° 157 - Si, habituellement, les ministres sacrés présents à la célébration sont en nombre suffisant, y compris pour la distribution de la sainte Communion, il n’est pas permis de députer à cette fonction les ministres extraordinaires de la sainte Communion. Dans des circonstances de ce genre, ceux qui seraient députés à un tel ministère, ne doivent pas l’exercer. Il faut donc réprouver expressément l’attitude de ces prêtres qui, tout en étant présents à la célébration, s’abstiennent néanmoins de donner la communion, en chargeant les laïcs d’assumer une telle fonction."
autre abus fréquent observé récemment sur vidéo ...
"n° 123 - «Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la Messe et pour les autres actions sacrées en liaison immédiate avec la Messe, est la chasuble, à moins que ne soit prévu un autre vêtement à revêtir par-dessus l’aube et l’étole».[213] De même, lorsque, conformément aux rubriques, le prêtre revêt la chasuble, il ne doit pas omettre de porter l’étole. Tous les Ordinaires doivent veiller à ce que tout usage contraire soit supprimé."
En matière d'abus, le seul qui ait disparu, à moitié à la suite de l'action initiale de Jean-Paul II, c'est l'acclamation qui était chantée/dite avec le prêtre abusivement à la fin de la Prière eucharistique. Pour le reste si les "célébrations" les plus outrancières sont moins nombreuses, c'est un fait, les abus restent une donnée habituelle. La liste est facile à faire quand on assiste à une messe "ordinaire". Ne me dîtes pas que vous n'avez jamais entendu la doxologie collée au Notre Père par exemple ... ni un "Credo" fantaisie qui n'est ni celui de Nicée-Constantinople ni le Symbole des Apôtres.
En 2001 à Fontgombault, le cardinal Ratzinger appelait à un vaste nouveau Mouvement liturgique pour les "ordinaires". Preuve que cela n'avait pas été accompli pendant le pontificat de Jean-Paul II, un pape qui n'a jamais compris les enjeux majeurs de la question liturgique, au coeur de la crise de l'Église, à la différence de J. Ratzinger justement.
Non la liturgie vient plutôt au passif dans le bilan du pontificat du nouveau Bienheureux. Le sacerdoce comme vous le relevez s'inscrit par contre nettement à son actif. Un actif qui pourrait s'effriter avec les nominations faites à la Congrégation du Clergé.
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