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Et puisque c'est bientôt sa fête, au travers de l'exemple de Saint Yves (mon Saint Patron que je vénère tendrement et que je connais bien), j’aimerai montrer que ces disputes et les (mêmes) raisons de ces disputes autour d'une cause en canonisation d'une personne très connue et très populaire sont toujours de cet ordre.
Yves Hélory mourut le 19 mai 1303, à l'âge de 50, il fut cannonisé à Avignon le 19 mai 1347 par un pape français, Clément VI, soit 44 ans après sa mort a une époque ou le cheval assurait le transport des hommes, du courrier et les
dîtes-lui car le
té-où? n'était pas possible.
Pour faire simple, court et facile voici une notice sortie du Larousse en ligne (tout petit concurrent à wikipédia) :
Saint Yves, ou Yves Héloury de Kermartin
Saint Patron des hommes de lois, mais et surtout Saint Patron des Bretons et de la Bretagne.
Né en 1250 à Minihy Tréguier dans les Côtes D'Armor, il fit d'abord des études de juriste et partis (note : même Larousse fait des fautes!) à travers l'europe apprendre le métier de juge, notamment à Paris et Anger (à l'époque la Bretagne est un pays indépendant). Ardant défenseurs des pauvres, il rentre au grand séminaire de Rennes alors qu'il est juge au parlement. Une fois prêtre, il sillonera la Bretagne pour répandre son amour de Dieu, et aider les pauvres. Plusieurs miracles lui sont atribués notamment, d'avoir rendu la vie à une enfant de Lannion, considérée comme noyée. Il sera aussi curé de Louannec et Trédrez Locquémeau dans les Côtes D'Armor, et surtout de Tréguier. Son manoir de Kermartin est le lieu de refuge, des pauvres et des indigents. Une légende dit qu'il ne se nourrissait que d'une fève par semaine. Admirateur de Saint Tugdual (saint patron du pays de Trégor), il est un ardent défenseur de son pays et de sa langue, il est devenu naturellement le grand Saint Patron de sa Bretagne natale.
Il décède le 19 mai 1303 en son manoir de Kermartin. A l'annonce de sa mort une foule impressionnante de bretons dit de toute la Bretagne, vint porter son corps en triomphe jusqu'à la cathédrale de Tréguier, où il est inhumé. Depuis ce jour, un pélerinage retrace cet évènement tous les 3ème dimanche de Mai. Il est canonisé 50 ans après sa mort par Clément VI.
Les pélerins portent son chef, depuis la cathédrale jusqu'à Minihy Tréguier. De nombreux avocats de tous les pas européens font ce pélerinage et en robe de juriste. Dans son testament, il lègue à la commune de Minihy Tréguier sa chapelle qui est aujourd'hui l'église du village.
En aucun cas, il ne fait d'ombre à Sainte Anne qui la Sainte Mère des Bretons et dont sa fête est célébrée à Sainte Anne D'auray
Je laisse la conclusion à l'intention de tous ceux qui craignent pour leurs saints (ou futurs saints) préférés.
Comme pour Jean-Paul II, la canonisation de Saint Yves n'allait pas de soi, alors même qu'elle fut très rapide. Et les questions d'alors sont encore en suspens aujourd’hui.
En voici un petit catalogue :
-la canonisation d'Yves Héloury ne put se faire que parce que la pape était français;
-parce que la papauté était en Avignon;
-parce que le duc de Bretagne, l'évêque de Tréguier, le conte de Penthièvre...
-parce que les évêques enquêteurs étaient les neveux des professeurs de droit d'Yves Héloury;
-parce que Yves Héloury avait toujours été un défenseur de la "cause" bretonne (Saint Yves prêchait en breton)
-parce que les foules continuaient à le vénérer et lui attribuaient toutes sortes de miracles (
« Sanctus Yvo erat brito; advocatus sed non latro, res mirabilis populo »);
-parce que cela liait la Bretagne à la France suzeraine.
De nos jours les trois derniers arguments sont utilisés par les "zotonomistes" pas trop cathos.
Mais il y a bien d'autres arguments contre la cause de Saint Yves que les frères:. en réunion à Tréguier chaque année en marge du pèlerinage développent et susurrent inlassablement ; sans trop de succès il est vrai.
A l'époque, le clergé n’hésitât pas à "forcer la main" de l'Esprit Saint. Si, si: l'évêque de Tréguier lance l'enquête en réunissant ses curés en synode. On y décide que tous les fidèles du diocèse, qui en avaient l'âge et la force, jeûneraient le 6 juin, mercredi après la Trinité et que ce même jour, on chanterait dans toutes les églises une messe du Saint-Esprit, pour obtenir de Dieu « de nouveaux miracles par l'intercession de monseigneur Yves, fils d'Hélory ».
Vous voyez ?
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller
là.
Les hommes sont les hommes, nos saints nous défendent, quelques soient nos ennuis. Et qui que nous soyons, nous avons le droit d'être défendus contre tout ce et tous ceux que le diable met en travers de notre route vers le Seigneur. Bien sur que Saint Yves n'est pas le seul à avoir rapproché le peuple de la parole de Dieu en la lui portant sans sa langue, pas plus que Jean-Paul II fit seul tomber le rideau de fer. Mais il n'est pas interdit de penser que leur contribution fut décisive.
Car si le but est le même pour tous, par définition le point de départ est toujours différent.
Laissez-moi rêver : ce qui serait bien, c'est que chacun de nous défende la cause qui lui importe, et laisse les autres en faire autant, sans les aider, certes, mais sans leur cracher dessus non plus ; laissons ce vilain ouvrage à nos ennemis...
Après tout, nous sommes catholiques, soyons donc un peu "gentils". C'est la moindre des choses.