la limite entre doctrine et pastorale, tolérance, acceptation de fait est floue par Luc Perrin 2026-08-15 10:54:01 |
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Il n'est pas aisé de délimiter nettement dans les exemples que vous donnez sauf pour la pérennité de l'Ancienne Alliance qui est manifestement contredite par le Nouveau Testament, étant entendu que la Loi n'est pas abolie aussi facilement et que ce point impose de longues explications à saint Paul.
Vatican II dans Nostra aetate (1965) n'enseigne nullement la pérennité del'Ancienne Alliance tout au contraire. Je cite l'article 5 :
" L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils [7]. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].
L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ."
Les autres points que vous soulevez relèvent, à mon sens, du magistère ordinaire à visée pastorale et sont susceptibles de changements eu égard aux circonstances.
- sur la légitimité de la peine de mort : elle est dans la Bible déjà et à moult reprises, surtout dans l'A.T. mais pour ceux qui s'en prennent aux enfants, le Seigneur la prononce en personne.
Je note que la version la plus récente de François contredit les prononcés antérieurs de Paul VI et Jean Paul II pourtant post-conciliaires.
Clairement un jugement pastoral prudentiel révisable.
- la possibilité de la communion aux "divorcés-remariés" : purement pastoral de l'aveu-même du Pontife romain dans Amoris laetitia. Le Magistère "authentique" n'a pas encore approuvé le divorce dans aucun texte.
En me faisant l'avocat du néo-jésuitisme, horresco referens, j'ai en tête la facilité relative avec laquelle la Cour de Rome prononçait pour les puissants des annulations de mariage pour des motifs dont on savait pourtant qu'ils étaient de pures circonstances canoniques.
François a fait du jésuitisme, de la casuistique extrême, pour le plus grand nombre en somme. On reste dans la casuistique et la mauvaise pastorale pour l'essentiel.
- l'immunité de contrainte en matière religieuse dans la sphère publique : nos amis Syllabusiens chevauchent ce destrier efflanqué, boiteux et fourbu avec énergie. Mais là encore, du pastoral conjoncturel susceptible de changer si, par surprise, la planète se convertissait rapidement à la foi catholique et tous les chrétiens s'unissaient sous la houlette du successeur de Pierre, D.H. s'appliquerait texto sans souci en pleine harmonie avec le Syllabus. Mgr Dupanloup, approuvé par Pie IX au passage, a dit tout ce qu'il faut savoir là-dessus en ... 1865.
Cette immunité de contrainte a été de facto acceptée par Rome dans tous les pays, j'ai évoqué cela à maintes reprises.
Mgr Elchinger, évêque de Strasbourg et Père conciliaire important en coulisse comme agent de liaison et truchement entre francophones et germanophones, aimait à rappeler que, pour un Alsacien et un Mosellan, Dignitatis humanae n'a rigoureusement rien changé. Nous sommes encore en 2026 sur les mêmes bases juridiques qu'en 1801-1802 et 1806.
Si feu François avait tendance à ne plus voir de doctrine mais que du pastoral partout, à l'excès dans les proportions, les Pontifes précédents pré et post Vatican II ont aussi usé et abusé de "l'huile" (Émile Poulat).
Point de rupture fondamentale en ce domaine donc. Des Pontifes et des Hiérarques plus ou moins habiles, plus ou moins judicieux, plus ou moins prudents, des outils pastoraux plus ou moins pertinents (ainsi du Novus Ordo dans la seconde catégorie).
Contraindre une société de prêtres et les fidèles qui bénéficient de son ministère à constituer un nouveau schisme, comme l'ont fait en 2025-2026 le Saint-Père et son délégué Victor Manuel cardinal Fernandez ne me paraît pas une pastorale heureuse voyez-vous.
Pas plus que T.C., abus manifeste du pouvoir pontifical.
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