Le droit de nécessité est nécessairement circonstanciel par Candidus 2026-08-10 22:08:14 |
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Ce système n’a rien d’absurde : toute législation d’exception dépend des circonstances concrètes. Un prêtre peut absoudre validement sans facultés une personne en danger de mort, mais non la même personne une fois le danger écarté. De même, le canon 1116 permet de contracter mariage sans assistant compétent lorsqu’il est impossible d’en trouver un sans grave inconvénient. La validité peut donc dépendre de la présence d’un prêtre habilité dans une région donnée : c’est expressément ce que prévoit le droit.
Il n’existe toutefois aucun rayon automatique de 50 ou 100 kilomètres. La distance n’est qu’un élément parmi d’autres : moyens de transport, état de santé, coût, situation familiale et possibilité réelle d’obtenir la célébration. Le critère est le « grave inconvénient », apprécié dans chaque cas.
Je vous rejoins davantage sur la fragilité des instituts traditionnels. Traditionis custodes, l’absence d’évêques propres et la dépendance envers les autorités locales font peser une menace réelle sur leur avenir. Mais une menace future, même sérieuse, ne supprime pas les facultés qu’ils possèdent aujourd’hui. Si ces instituts disparaissaient, si leurs facultés leur étaient retirées ou si on leur imposait des conditions doctrinalement inacceptables, la situation devrait être réexaminée et l’état de nécessité pourrait alors devenir invocable.
Vous le reconnaissez d’ailleurs vous-même lorsque vous écrivez que ces prêtres devront « peut-être », demain, invoquer cet état de nécessité. Ce « peut-être demain » signifie précisément qu’ils ne s’y trouvent pas nécessairement aujourd’hui. On ne peut traiter préventivement comme déjà survenue une persécution canonique encore hypothétique.
Enfin, que les concessions aient été historiquement accordées pour faciliter le retour à la pleine communion et puissent être supprimées n’enlève rien à leur réalité actuelle. Un pont demeure praticable même si l’on craint qu’il soit détruit demain. Tant qu’un prêtre traditionnel dûment habilité peut préparer et marier les fiancés sans contrepartie doctrinale inadmissible, l’impossibilité morale n’est pas établie.
Si demain il ne reste effectivement que des chapelles imposant le biritualisme ou des compromissions graves, je ne répondrai pas comme aujourd’hui. Mais c’est précisément parce que l’état de nécessité se juge d’après la situation réelle, non d’après le pire scénario imaginable.
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