Merci pour cet article décisif par Signo 2026-05-09 02:15:27 |
|
Imprimer |
Car il montre avec quasi-certitude qu’il est possible, dans des circonstances extrêmes et nécessairement rares, de sacrer des évêques non seulement sans mandat, mais contre la volonté romaine.
Ce n’est donc pas la question des sacres en eux-mêmes qui est problématique, mais davantage un certain état d’esprit marqué par une perte du sens de l’Eglise qui caractérise la Fraternité.
Il est donc clair que la position consistant à exclure radicalement et en toute circonstance des sacres contraires à la volonté romaine est exagéré, quelque soient la pertinence du raisonnement par ailleurs.
Comme l’a écrit récemment le P. Cyrille du Barroux:
Les priorités au sein de la vie de l’Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. De plus, on constate parfois un manque de connaissance historique concernant la pratique de l’Église en matière d’ordinations épiscopales. La désobéissance est ainsi trop facilement assimilée au schisme. Les critères de communion épiscopale avec le Pape, et par conséquent la compréhension de ce qui constitue véritablement un schisme, sont envisagés de manière excessivement unilatérale par rapport à la pratique et à la conception que l’Église avait d’elle-même à l’époque patristique, au temps des Pères de l’Église. Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du dépôt de la foi, sont établis. Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du pape à la consécration d’un évêque est de droit divin et qu’une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique.
Or, la pratique et la compréhension de l’Église, tant à l’époque des Pères de l’Église que pendant une longue période ultérieure, s’opposent à cette conception. De plus, il n’existe pas d’opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bimillénaire de l’Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s’opposent également à de telles affirmations dirimantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du pape n’était pas punie d’excommunication, mais seulement de suspension. Par-là, l’Église a clairement manifesté qu’elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|


