Rapport de force par Signo 2026-01-16 10:48:55 |
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Ne rêvons pas: la liturgie de Paul VI, qui je le rappelle est utilisée par 98 ou 99% des catholiques de rite latin dans le monde, ne disparaitra pas et les dégâts de la réforme liturgique sont irréversibles.
Nous sommes effectivement dans un rapport de forces : si après TC les évêques n’ont pas interdit la messe traditionnelle au pèlerinage de Chartres, ou bien dénié l’utilisation de la cathédrale, c’est en raison du nombre des pèlerins et de la visibilité médiatique. S’il n’y avait que 5000 pèlerins ils l’auraient fait depuis longtemps.
Et pour ce qui est des communautés, on est bien obligé de constater que plus une communauté est ferme (ou rigide, selon l’approche) et exclusiviste (FSSP, IBP, NDC, etc), plus elle est respectée.
Au contraire, celles qui se montrent accommodantes, qui jouent le jeu de l’intégration dans les diocèses, sont soit écrasées (les MMD) soit gelées dans leur état actuel (les paroisses personnelles). Il y a quelques exceptions (Le Barroux), mais ce sont des religieux contemplatifs, donc par définition à part.
Je suis d’ailleurs pessimiste au sujet des MMD (qui rappelons-le, sont de droit diocésain et non pontifical…), je pense qu’à terme ils leur imposeront la messe Paul VI pour en faire une « CSM bis », ce qui les tuera. J’espère de tout cœur me tromper et il faut qu’ils continuent de se battre, mais…
Je pense toutefois que le rapport de force n’est pas une fatalité. Ce qui créée ce rapport de forces c’est l’anomalie canonique que constitue la persistance de communautés pratiquant une version précédente du rite romain, un phénomène sans précédent dans l’histoire chrétienne (à l’exception des vieux-croyants de l’orthodoxie russe, un précédent intéressant à étudier d’ailleurs), anomalie qui nous met dans une situation de sursis permanent. Comme nous avons raison sur le fond, mais que nous n’avons aucune légitimité juridique, il faut bien être rigide et s’imposer par le nombre pour que l’on ne nous extermine pas.
Qui plus est, du fait de cette anomalie nous sommes contraints de cohabiter avec le nouveau rite dans le même cadre ecclésial, un cadre qui est attaché au NOM.
La seule manière de pacifier tout cela c’est l’ordinariat : au lieu d’être condamnés à une colocation invivable sous le même toit, qui inévitablement ne peut être résolue que par l’éviction de l’un des colocataires, nous entretiendrons avec les communautés et la hiérarchie NOM une relation de (plus ou moins) bon voisinage : chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Dès lors le rapport de forces pourra toujours être présent dans tel ou tel cas particulier (ouvrir un apostolat ici, créer une paroisse là), mais cela se résoudra entre évêques, éventuellement avec un arbitrage de Rome en cas de litige, et globalement la situation de rapport de force n’aura plus lieu d’être, puisque la liturgie traditionnelle aura un statut canonique officiel sur lequel les communautés pourront s’appuyer.
Par ailleurs l’ordinariat, en créant un cadre favorable 100% traditionnel, pourra faciliter le retour à la régularité canonique de communautés gravitant actuellement dans l’orbite de la FSSPX, ce qui renforcera la présence de la vie traditionnelle et mobilisera des forces jusqu’ici enfermées dans une certaine marginalité au service de la mission et de l’évangélisation.
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