Messes du soir par Signo 2025-11-09 00:47:56 |
|
Imprimer |
J’ai bien conscience que les contraintes de la vie moderne rendent souvent nécessaire ces messes du soir, et il serait bien imprudent, dans le contexte actuel, de les remettre en cause.
Mais il faut aussi avoir conscience qu’il s’agit d’une anomalie très récente. Il me semble (Nemo confirmera peut-être) qu’avant les réformes des années 1960 elles étaient strictement interdites. L’office de vêpres, théoriquement chanté à la fin du jour, clôt le jour liturgique, il est donc aberrant d’un point de vue strictement liturgique de chanter la messe du jour après vêpres (ou après l’heure de vêpres), puisque techniquement on est déjà dans le jour d’après.
Mais cette cohérence liturgique s’appuie aussi sur un fondement plus profond, lié au symbolisme cosmique. Le sacrifice de la messe étant la célébration du mystère pascal, c’est à dire à la victoire glorieuse sur la mort et le péché, il est lié à la Résurrection, à la symbolique de la lumière triomphante, et donc associé au lever du jour. C’est pourquoi la messe est célébrée le matin vers l’Orient, vers la lumière qui triomphe, chassant les ténèbres.
Célébrer la messe le soir, c’est une rupture symbolique de même nature que la messe face au peuple (certes avec un degré de gravité moindre), car on célèbre alors l’Eucharistie au moment où la lumière s’éteint et où les ténèbres reprennent leur empire sur le monde. Symboliquement, c’est désastreux. J’ajoute que personnellement j’ai toujours trouvé l’atmosphère de ces messes du soir, souvent célébrées alors que la nuit est déjà tombée, presque tristes, surtout pour un dimanche.
Par ailleurs, comme pour tout le reste, ces messes du soir correspondaient originellement à des exceptions tolérées pour des raisons de nécessité (empêchement de type voyage, maladie, travail le dimanche pour certaines professions, etc), mais bien souvent elles se sont transformées en messes de confort, surtout pour les jeunes mais pas uniquement. On va à la messe le dimanche soir parce que c’est plus commode, parce qu’on a pas envie de se lever le dimanche matin (souvent parce que le samedi soir a été bien arrosé), parce que la messe est plus courte, etc. Autant de raisons dont je vous laisse juger la pertinence.
Évidemment, dans le contexte actuel d’effondrement de tout, ce genre de réflexion apparaît comme du chipotage de tradi obtus, et nous pouvons déjà être contents d’avoir la messe. Cela ne m’empêche pas de penser qu’il y a sur ce sujet, comme sur tant d’autres (les règles du jeûne, notamment eucharistique, par exemple), un énième appauvrissement de la pratique catholique contemporaine.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|