Je suis étonné par ce document du St Office qui priverait d'indulgences ceux qui intercalent des prières entre les dizaines.
Ce n'est pas un document du Saint Office, c'est le droit canon qui établit au can. 934 § 2 :
indulgentiae penitus cessant ob quamlibet additionem, detractionem, vel interpolationem ("les indulgences cessent absolument avec toute addition, omission ou interpolation [dans la prière indulgenciée]").
Puisque les indulgences du Rosaire sont attachées aux dizaines (il y a des indulgences partielles pour un Rosaire incomplet, mais pas pour une dizaine inachevée), il suffit donc, pour les gagner, de ne pas interrompre la dizaine (Pater, dix Ave, pas neuf ou onze, Gloria Patri) et de ne rien y ajouter ou de ne rien en omettre.
Votre cas de figure (ajouts de prières
avant ou
après une dizaine récitée dûment et complètement) diffère par conséquent des interpolations qui se feraient
dans les Ave Maria pendant qu'on récite la dizaine. Ici sans l'indult de la Pénitencerie de 1921 les indulgences auraient été perdues.
Le pape Léon XIII a promulgué le 15 août 1889 une encyclique sur saint Joseph (
Quanquam pluries) dans laquelle (vers la fin :
ut octobri toto in recitatione Rosarii, de qua alias statuimus, oratio ad sanctum Josephum adjungatur) il prescrit l'ajout de la prière
Ad te beate Ioseph, in tribulatione nostra confugimus au rosaire pour le mois d'octobre, et accorde
toties quoties une indulgence de 7 ans et 7 quadragènes. La disposition de l'encyclique a été reprise dans un décret de la Congrégation des Indulgences du 21. 9. 1889 (ASS 22/1889-90, 117-118). En 1927, 1935 et 1941, il y eut encore des dispositions complémentaires de la Pénitencerie (qui reprit après 1917 les prérogatives de la défunte Congrégation des Indulgences).
On voit donc que cet ajout
après le Rosaire (donc pas
pendant la récitation des dizaines) non seulement ne prive pas l'orant des indulgences, mais en rajoute.
(Pour éviter un malentendu, même si je ne vous apprends rien : L'indication par exemple de "7 ans" ou "7 quadragènes" (7x40 jours) d'indulgence ne signifie pas, et n'a jamais signifié, que l'on est 7 ans ou 7x40 jours de moins dans le purgatoire, mais qu'autant de peines temporelles pour les péchés confessés sont remises que celles qui étaient remises selon l'ordre pénitentiel extrêmement sévère de l'Église antique après une pénitence ecclésiastique de 7 ans ou de 7x40 jours. En raison de ce possible malentendu, votre "Paul VI" a ensuite voulu distinguer uniquement l'indulgence plénière et l'indulgence partielle indéterminée. Au lieu de l'expliquer correctement. Ce que je peux faire en une seule phrase avec un exemple relativement simple. Un prétendu pape devrait donc aussi pouvoir le faire.)
Bon et saint Triduum !