Bien sûr par Signo 2025-03-10 19:38:35 |
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La lutte contre le démon au désert est l’un des fondements de la tradition spirituelle catholique.
Il me semble que les passions sont comme les touches d’un clavier sur lequel le démon joue sa propre partition et tente de nous entraîner dans les profondeurs ténébreuses.
Le chrétien qui, par l’exercice de la vie ascétique, parvient à l’apatheia, à l’apaisement des passions, et à leur réorientation vers Dieu, se soustrait ainsi à l’influence démoniaque; en lui, l’action du démon n’a plus de prise.
Dans le monde, l’action du démon se dissimule derrière les réalités mondaines utilisées comme intermédiaires, et se fait donc discrète. Pour la plupart des hommes, y compris les chrétiens, le monde exerce une influence suffisamment puissante pour maintenir la distance avec Dieu sans nécessiter de la part du démon une intervention directe.
Le moine, l’ascète ou le chrétien entrant au désert à la suite du Christ est d’abord le jouet des passions qui sous l’influence démoniaque se soulèvent contre lui. Mais quand les passions sont apaisées ou commencent à l’être, le diable n’a plus rien en l’homme pour l’entraîner vers la chute. Débusqué, il doit alors s’attaquer à lui à visage découvert. C’est ce qui explique les récits de lutte contre le diable que l’on trouve dans les récits de grands saints ou ascètes, notamment S. Antoine ou le curé d’Ars.
L’abandon du vocabulaire des passions et du combat spirituel par l’Eglise depuis les années 1960, et plus généralement de l’ensemble de la tradition spirituelle et ascétique, incluant la démonologie, mais aussi les pratiques de la tradition spirituelle contemplative (lectio, meditatio, oratio, contemplatio), constitue une catastrophe au moins aussi grave, sinon plus, que l’abandon de la tradition liturgique.
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