Ce n'est pas tout à fait exact ! par jl dAndré 2023-08-16 11:50:34 |
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Lorsque Mgr Lefebvre eut signé le protocole d'accord du 5 mai, il a demandé que le sacre de l'évêque FSSPX ait lieu le 30 juin, ce qui fut refusé au motif que le délai était trop juste pour opérer le choix entre les trois candidats proposés. Mgr Lefebvre proposa alors la date du 15 août qui lui fut aussi refusée au motif qu'en cette période de vacances, le dossier n'aurait pas pu avancer davantage. Octobre était encore trop tôt et de même pour Noël. Même sa demande qu'une date soit définitivement arrêtée l'année suivante essuya un refus. Mgr Lefebvre avait la nette impression qu'on reportait indéfiniment la date de ce sacre dans l'espoir que son décès survenant auparavant règle définitivement le problème.
Mgr Lefebvre dénonça donc le protocole du 5 mai et annonça qu'il procéderait aux sacres le 30 mai. Ce n'est que juste avant cette date et alors que tout avait été réservé (et payé) pour cette cérémonie que le cardinal Ratzinger proposa ce sacre du 15 aout par Jean-Paul II comme si l'objection des vacances avait disparu. Pouvait-on avoir confiance ? L'objection des vacances n'allait-elle pas réapparaître après l'annulation du 30 juin ou si tout le monde était en vacances du 30 juin au 15 août qui empêchait que le sacre ait lieu le 30 juin ?
Une autre difficulté était apparue après le 5 mai : cette fameuse commission composée de 5 membres désignés par Rome pour seulement 2 de la FSSPX avait tout pouvoir pour interpréter le protocole du 5 mai. Et les représentants de Rome ne se gênaient pas pour l'interpréter comme une adhésion totale et sans restriction au concile Vatican II, ce qui était contraire non seulement à la volonté de Mgr Lefebvre, mais au sens obvie du texte lui-même. Les demandes de Mgr Lefebvre de supprimer cette commission ou au moins d'en rééquilibrer l'effectif au bénéfice de la FSSPX se heurta à un refus absolu de Rome, ne laissant plus à Mgr Lefebvre d'autre solution que de maintenir ses sacres du 30 juin.
Mgr Lefebvre s'est-il trompé ? aurait-il dû accepter cette nouvelle proposition d'accord in extremis ? Je l'ai longtemps cru moi-même ! La suite a bien montré combien je me trompais.
Quelques années après le cardinal Ratzinger était élu pape sous le nom de Benoît XVI. Or c'était lui qui avait mené pour Rome les négociations avec la FSSPX et avait ressenti comme un échec personnel la rupture où elles avaient abouti. Il entreprit de renouer avec elle. La FSSPX demanda comme préalable, afin de restaurer la confiance, la libéralisation de l'ancienne messe, la levée des excommunications des évêques de la FSSPX et des discussions doctrinales. Benoît XVI réautorisa le messe traditionnelle, leva les excommunications et les négociations doctrinales se conclurent par un accord a minima : des divergences subsistaient mais n'étaient pas de nature à faire obstacle à une complète régularisation selon la déclaration du cardinal Hoyos.
Finalement après des discussions sur les modalités de l'accord envisagé, Mgr Felay supérieur général de la FSSPX signa une déclaration reprenant en substance le protocole d'accord de Mgr Lefebvre du 5 mai 1988. Mais il n'y avait plus cette commission ayant pouvoir de l'interpréter et où les représentants de Rome étaient majoritaires. Il n'était donc plus possible d'interpréter cette déclaration comme une adhésion au concile. Aussi Benoît XVI leva le masque en exigeant de la FSSPX une déclaration explicite d'adhésion au concile ce qui rompit les négociations et justifia aussi surabondamment la méfiance de Mgr Lefebvre en 1988.
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