Des pasteurs qui se moquent du Magistère ... par baudelairec2000 2023-07-25 12:31:27 |
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Votre réflexion est intéressante, mais, me semble-t-il, incomplète.
Formulation, si vous me permettez, maladroite:
"Chacun aura compris quelle est LA question à se poser : depuis quand les théologiens et les évêques, dans leur grande majorité, n'en ont pas grand chose à faire du Magistère romain, que celui-ci soit conciliaire, dans l'acception normale de ce terme, ou pontifical, à chaque fois que ce Magistère est éclairant et exigeant au point et au risque de déplaire, notamment, à des catholiques néo-modernistes ?"
La question est de savoir à qui incombe la responsabilité du Concile Vatican II, autrement dit: qui porte la responsabilité des textes les meilleurs comme les plus calamiteux parmi les 16 documents conciliaires (DH, Gaudium et Spes par exemple)? Vous répondrez: ceux qui les ont préparés (des théologiens) et les évêques qui les ont approuvés par leur vote. Vous ne manquerez pas par ailleurs de mentionner le rôle et les intentions de Jean XXIII et de Paul VI.
Mettre en cause des théologiens et des pasteurs qui, avant le concile, ignorent ou passent sous silence le Magistère des papes Pie XI ou Pie XII n'est pas, à mon avis, une position audacieuse. Ce qui l'est plus, et ce qui fait avancer la compréhension de cette époque, c'est d'affirmer que les pasteurs contemporains de Vatican II, ceux qui ont fait le concile, ont été pour une grande majorité d'entre eux nommés par Pie XI et par Pie XII. C'est là une de mes affirmations préférées: ceux qui ont fait le concile ne sont pas le fruit d'une génération spontanée.
Conclusions provisoires - trop rapides, je le concède:
1/ Des papes ont nommé des évêques qui méprisaient leur enseignement et qui se gardaient bien de relayer une partie importante du Magistère romain.
2/ Des religieux et de théologiens en désaccord avec l'enseignement des papes et avec l'enseignement "traditionnel" pouvaient, bien avant Vatican II, répandre leurs erreurs et multiplier des initiatives et des expériences qui contredisaient les pratiques jusque -là en vigueur, notamment sur le plan liturgique.
3/ Le Modernisme qui, nous dit-on souvent, aurait été si brillamment combattu par saint Pie X, a continué de se diffuser dans les esprits et de prospérer tranquillement sous les pontificats suivants, sans être beaucoup inquiété par les autorités religieuses.
4/ En d'autres termes, la crise ne date pas de Vatican II, elle remonte aux pontificats antérieurs à celui de Jean XXIII. Peut-être faudrait-il pointer les insuffisances du gouvernement des papes et, en partie, insister sur les limites d'un enseignement pontifical, dont celui de saint Pie X, notamment dans Pascendi, document brillant, sur le plan théorique, mais dont on doit constater l'échec sur le terrain.
En cette fête de saint Jacques dont le rôle fut prépondérant au "concile" de Jérusalem (Actes des Apôtres, 15), bonne journée à vous.
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