Vraiment ? La liturgie romaine était célébrée... en grec jusqu'au IIIe siècle. Du reste, sachant que le Kyrie est un vestige qui nous est resté de cette époque, il est bien curieux de reprocher un manque de réciprocité de la part des Byzantins qui n'ont jamais eu de latin dans leur liturgie.
Jusqu'au IIe s. (le pontificat du pape saint Victor I, selon la tradition).
Presque 1850 ans est un laps de temps assez honorable pour ne plus pouvoir considérer ou envisager de changement de langue liturgique, notamment pour le Canon.
D'autant plus que nous sommes, dans la partie occidentale de l'Empire, des Latins (que nous parlions une langue romane ou pas), et que tout ce que nous avons reçu de culture et de civilisation (n'en déplaise aux habitants de Petitbonum), nous est venu de Rome et de son Empire, puis de l'Église qui en a pris le relais et dont le véhicule était et est le latin.
C'est une question plus de politique civilisatrice et d'histoire, qu'une question de foi ou de dogme dans ce cas, bien entendu. Mais elle n'est pas moins contraignante pour cela.
Être chrétien et catholique n'est pas seulement une question de croyance, c'est aussi une question de civilisation. Nos ancêtres, en devenant chrétiens ont aussi changé de civilisation et adopté une autre langue; quiconque le fait aujourd'hui, devra faire et l'un et l'autre.
Les adaptations de la liturgie byzantine en slavon et arabe, et a fortiori en langues vernaculaires contemporaines (anglais, français, allemand), je dis bien "vernaculaires", ce que le slavon ecclésiastique et le grec de la Septante et des hymnaires, ni même l'arabe liturgique, ne sont pas au même degré, sont beaucoup plus récentes et aléatoires.
(Par ailleurs le latin liturgique, aussi au IIe s., n'était pas celui de la Subure ; il n'est pas question de vernaculaire, dans le sens littéral, ici.)
Le problème est là.