de Durand de Mende à Pierre Jounel par Luc Perrin 2023-02-21 15:28:15 |
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J'ai lu de multiples auteurs, qualifiés d'experts et qui ont de fait moult qualifications, dire que le missel de Durand de Mende était la base de la codification opérée sous saint Pie V pour aboutir à son missel en 1570, lui-même apportant quelques ajouts et correctifs. Mineurs en proportion.
Bien sûr Durand de Mende puisait dans des livres liturgiques plus anciens ... jusqu'à la première Cène. En poupées russes.
Pierre Jounel, un monsignore, membre du Consilium montinien de 1964-1969, a témoigné de l'importance pour les réformateurs savants - certains ne l'étaient pas cf. les mémoires du Père Bouyer - des idées du jansénisme tardif (fin XVIIIe) dont on trouve l'énoncé dans le concile (synode) de Pistoie (1786) et la condamnation détaillée dans la bulle de Pie VI Auctorem Fidei de 1794. Un texte (la bulle) que je conseille à tous les lisureurs du FC en dépit de sa longueur.
La plupart des erreurs contemporaines sont ici réprouvées et cela dépasse de loin le domaine de la liturgie.
Les "transformateurs" - je reprendrai cette excellente formule Scrutator - étaient animés par deux inspirations distinctes correspondant à deux grands groupes au sein du Consilium et de l'entourage de Paul VI et au-delà :
- ceux qui agissaient au nom de "La Science" comme les Fauci/Delfraissy etc. de la pseudo-médecine sans la motivation cupide qui fait l'essentiel des derniers : le club Dom Botte, Joseph Andreas Jungmann sj etc. le malheur étant que cette "science" en 1962-1970 était très imparfaite et remplie d'erreurs, comme toute "science" à chaque époque. Ces savants regardaient de haut la liturgie traditionnelle au nom de traditions plus anciennes (influence janséniste) et tropisme académique.
Au sein de ce groupe, il y avait des transformateurs très modérés (cf. le P. Bouyer, le futur cardinal Antonelli sont les plus connus) : ils entrent dans la critique assez tôt comme Bouyer, Gamber. Ratzinger rejoint cette école plus tard avec déjà une position "herméneutique de la réforme dans la continuité".
Mais le N.O.M. fut surtout porté par les "transformateurs" plus radicaux.
- le second groupe est celui des "pastoraux" pour lesquels la fin - conversion des classes populaires porteuses de l'avenir au sein d'un Socialisme qu'ils jugent inévitable à terme - prime tout. Peu importe dès lors la Tradition romaine et même "La Science" du club Botte : s'il faut bulldozer, on bulldozera. C'est l'inspiration à nouveau en vogue à Rome depuis 2013.
Le N.O.M résulte d'une synthèse chaotique de ces deux groupes de transformateurs (savants et "pastoraux") avec quelques pondérations par la minorité des transformateurs prudents (ceux auxquels le texte conciliaire renvoie en fait).
Les "pastoraux" à Rome menés par Bugnini et sur le terrain ont par ailleurs largement pris le dessus sur les savants, engageant des myriades d'expériences plus farfelues les unes que les autres. Cette prédominance explique pour partie, avec l'évidente Führerwächte, l'échec pour l'essentiel (il y a eu quelques petits succès soyons honnêtes) des essais de stabilisation et de retour au texte de Vatican II sous Paul VI (dès Montini le souci pointe), Jean Paul II et Benoît XVI.
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