Traditionis custodes et les Responsa du 18 décembre 2021 par Luc Perrin 2023-01-14 14:47:07 |
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sont des documents violents et non pas "mous". C'est au point que des amis à l'aise dans l'Église post-Vatican II m'avaient fait part de leur consternation à cette lecture.
Mais c'était la politique du noeud coulant que l'on resserre progressivement : c'est d'ailleurs ce qui s'observe par ex. à Paris mais aussi dans d'autres diocèses européens et ailleurs.
Le cardinal anglais Arthur Roche, choisi par feu Benoît XVI je ne cesse de le rappeler en 2012, a une histoire personnelle de haine viscérale envers la liturgie traditionnelle romaine bien avant d'être appelé au dicastère. Qu'il ait fait préparer un texte de prohibition plus radical que T.C. n'a rien de très surprenant : le proverbe dit que les chats ne font pas des chiens.
Déjà T.C. fait penser à l'Indult dit Agatha Christie concédé par Bugnini en 1971 à la requête de Paul VI qui ne valait que pour l'Angleterre et le Pays de Galles. L'indult interdisait les églises paroissiales, la publicité pour les messes et exigeait l'emploi de la version 1965 du missel romain. Les sacrements étaient exclus.
Ceci posé, l'abus de pouvoir pontifical en la matière est bien documenté dans l'histoire de l'Église et Benoît XVI, c'est un apport majeur de son bref pontificat, l'a rappelé.
Outre Summorum Ponticum, il y a cette homélie de mai 2005 lors de la prise de possession de la cathédrale Saint-Jean de Latran, selon moi le texte majeur du défunt Pontife :
"Le pouvoir conféré par le Christ à Pierre et à ses successeurs est, au sens absolu, un mandat pour servir. L’autorité d’enseigner, dans l’Eglise, comporte un engagement au service de l’obéissance à la foi. Le Pape n’est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire: le ministère du Pape est la garantie de l’obéissance envers le Christ et envers Sa Parole. Il ne doit pas proclamer ses propres idées, mais se soumettre constamment, ainsi que l’Eglise, à l’obéissance envers la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives d’adaptation et d’appauvrissement, ainsi que face à tout opportunisme."
On peut a posteriori voir pourquoi la politique - catastrophique dans ses résultats - suivie par Benoît XVI de nommer des prélats de toutes les écoles de pensée correspondait, en quelque sorte, à ce principe de "diversité" dans la Curie romaine et le Collège des évêques.
A sa façon, sans cependant infléchir véritablement sa ligne, le Pontife régnant a suivi ce principe qui était déjà celui de Jean Paul II : il a conservé le cardinal Müller et le cardinal Sarah, il a trouvé en cadeau de Benoît XVI Mgr Paglia et Mgr Roche. Il a même promu le cardinal Pell à un dicastère nouveau, apparemment doté de pouvoirs importants, une simple apparence, il a conservé Mgr Vigano jusqu'en 2016 comme Nonce à Washington ... Mais l'essentiel était ailleurs la "politique derrière le paravent" comme disaient les Japonais au temps de l'empire triomphant de Meiji à 1945.
Nous arrivons au temps où le paravent, bien lacéré, est simplement retiré.
nb. Austen Ivereigh a titré sa seconde biographie de François, Wounded Shepherd: Pope Francis and His Struggle to Convert the Catholic Church, Le pasteur blessé : le pape François et son combat pour convertir l'Église catholique. A comparer avec le précepte traditionnel énoncé par Benoît XVI sur la nature et les étroites limites du ministère pontifical.
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