Critiquer ceux qui critiquent... par Paterculus 2020-01-30 20:19:03 |
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... c'est s'exposer soi-même à la critique.
C'est là un aspect que vous n'avez sans doute pas vu : en critiquant ceux qui critiquent le pape, le Père Abbé s'expose lui-même à la critique.
D'ailleurs il ne s'agit pas tant de critiquer le pape, ni dans sa personne, ni dans sa fonction : cela ne serait pas digne.
Il s'agit de dire ce qu'on pense de ses affirmations, ou de celles de ceux qu'il soutient, et de ses actes, ou de ceux de ses proches.
Et pour ceux à qui il apparaît vital de prendre des distances par rapport à ces affirmations et ces actes ou postures, se faire critiquer provoque plus qu'un agacement, et il est compréhensible que cet agacement se manifeste.
Pour moi il y a encore un autre fait qui me pousse à critiquer quelques affirmations du Souverain Pontife : c'est que des gens se damnent à cause de certaines d'entre elles. En effet le mal qu'on commet, même si l'on est inconscient de mal faire, ronge la conscience et détruit l'âme ; partant, cela diminue la possibilité d'aller vers Dieu et finalement conduit à la damnation. Donc dire qu'on peut communier quand on est divorcé "remarié" (quelle que soit la sauce qu'on met autour pour embrouiller les gens - par exemple après un temps de discernement, si la conscience le permet, etc.) pousse des gens à faire des communions sacrilèges : ils mangent et boivent leur propre condamnation.
Dénoncer ces choses c'est rendre service aux divorcés "remariés" eux-mêmes, ainsi qu'aux pasteurs égarés (oui, je sais, c'est le monde renversé, mais aujourd'hui c'est fréquent) qui, pour avoir trompé les fidèles sur le bien et le mal, risquent gros.
Je crois avoir compris que certains moines du Barroux considèrent que, selon Saint Thomas, on ne pèche pas si l'on n'est pas conscient de pécher en étant divorcé "remarié" et que, par conséquent on peut dans ce cas là communier : ils reconnaissent eux-mêmes que cela ne peut durer que peu de temps, et qu'il faut que les pasteurs leur interdisent la communion après leur avoir expliqué pourquoi. Mais cette position elle-même devrait les conduire à critiquer ceux qui, comme les évêques de Malte, ne mettent pas de limite dans le temps à ces communions. Surtout je pense que cette position est contraire à l'enseignement de Benoît XVI, pour qui ce n'est pas la conscience de ces divorcés "remariés" qui est en cause, mais leur situation. Et jusqu'ici (j'ai consulté deux évêques, un cardinal, et un théologien) personne n'a pu répondre à cette objection. Donc pour moi critiquer cette affirmation qu'on peut communier même si l'on est divorcé "remarié", c'est un devoir de prêtre.
Encore une fois, que les moines du Barroux pensent que ce n'est pas à eux de faire ces critiques, ni à leurs oblats, c'est leur affaire, pas la mienne.
Mais c'est mon devoir de dénoncer ce qui mène à la perdition un grand nombre d'âmes.
VdP
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