Une infériorité à plusieurs niveaux par Eudoxie 2019-12-14 20:15:13 |
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Disons que cette infériorité physiologique pour ce qui est de la conception a fait de la femme dans l'imaginaire collectif spirituel et social non pas une active, mais une passive. On a vu la force, la puissance et l'action du côté masculin, plutôt que du côté féminin. Ce qui explique sa place sous l'autorité de l'homme, père puis mari, et sa dépendance juridique, sociale, et une vision spirituelle pas très éclairée, qui se borne à admirer la sainteté de la femme moniale, ou vierge consacrée uniquement. La fille d'Eve se rachète lorsqu'elle fait comme la Sainte Vierge, en devenant une autre immaculée.
On ne voit pas émerger de façon frappante l'idée de la sainteté dans le couple. Il suffit de penser que l'un des textes les plus lus et appréciés au Moyen-Age est la légende de Saint Alexis, un saint mendiant qui a fui sa femme le jour de ses noces. On le glorifie, mais si ce n'est pas une totale fiction, je n'ose imaginer l'état de cette femme, dont personne ne s'occupe ni ne fait mention. On est bien loin des récentes encycliques, et des canonisations en couple des saints, ainsi que de l'affirmation selon laquelle le mariage est une voie de sainteté. Les seuls couples jugés édifiants sont ceux qui vivent chastement, comme la bienheureuse Delphine et son époux Eléazar.
Le statut des veuves est à part. Il confère une réelle indépendance à la femme et un grand respect, une sollicitude particulière de la part de l'Eglise.
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