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Paul VI a entendu imposer une confusion entre faiblesse et bonté. par Scrutator Sapientiæ 2019-08-31 09:54:51 Imprimer Imprimer

Bonjour Aigle,

(Je précise que, ci-dessous, je ne prends appui sur aucune preuve, sur aucune source, même si, évidemment, j'ai lu quelques biographies relatives à Paul VI, et que je prends donc le risque de me tromper.)

1. Certes, la crise que le catholicisme inflige à lui-même, au moins depuis 1945, est avant tout une crise dans le domaine de la foi des clercs, et n'est pas avant tout une crise dans celui des moeurs du clergé, mais il me semble vraiment que cette crise découle aussi de la prise en compte et de la mise en oeuvre, notamment dans l'Eglise catholique, d'une confusion tragique entre la faiblesse et la bonté.

J'ai la conviction que Paul VI a entendu imposer, tout d'abord en douceur, une confusion entre la faiblesse et la bonté, au contact de la nouvelle conception de la liberté religieuse, de la nouvelle conception des religions non chrétiennes, de la nouvelle conception des confessions chrétiennes non catholiques, de la nouvelle conception de l'homme et du monde contemporains, et de la nouvelle conception de la liturgie et de la pastorale, chacune de ces nouvelles conceptions étant apparue en amont du début du Concile.

Et j'ai aussi la conviction que l'imposition à l'Eglise de cette confusion a été perçue, par bien des catholiques libéraux infiniment plus libéraux que lui, comme une "divine surprise", génératrice d'une occasion à exploiter, pour aller infiniment plus loin que lui, dans une direction qui, dès 1965, n'a plus été "montinienne".

Or, à partir de 1965, Paul VI semble s'être dit que l'archi-libéralisme, aussi destructeur soit-il, était moins illégitime que l'anti-libéralisme de ceux que l'on n'appelait pas encore les catholiques traditionnels, ou semble s'être dit que le discours officiel, qui consistait à renvoyer dos-à-dos les intégristes et les progressistes, pouvait très bien faire bon ménage avec une pratique effective qui consistait, elle, à recadrer le moins possible les progressistes, et à sanctionner le plus possible les intégristes.

2. En outre, je suis peut-être injuste, mais enfin il me semble ce qui suit :

- d'une part, Paul VI l'a voulu, "son" Concile libéral (ce qui ne veut bien sûr pas dire que Vatican II est un Concile avant tout ou seulement libéral),

- d'autre part, il l'a voulu, avec d'autres, dès la première session du Concile, et il l'a eu,

- enfin, même s'il n'a pas voulu les conséquences du Concile qu'il a eu, il a bien eu les conséquences du Concile qu'il a voulu, en ce que le Concile, en tant qu'événement, a donné naissance à toute une dynamique, certes irrespectueuse à l'égard du contenu de plusieurs textes du Concile, mais non indépendante vis-à-vis du même Concile, en tant qu'événement générateur de cette dynamique.

3. Par ailleurs, Paul VI était un diplomate (Jean XXIII aussi...) et non un philosophe ni un théologien, mais ce n'était pas un ignorant ni un inconscient, en présence d'experts et de Pères, présents au Concile,

- qui n'étaient pas d'accord entre eux, même quand ils étaient dans le même camp, anti-thomiste ou anti-tridentin,

et

- au contact desquels la recherche de l'unanimité la plus grande possible s'est traduite par la rédaction de documents du Concile porteur de certaines ambiguïtés ou de certaines équivoques.

4. Dans cet ordre d'idées, Paul VI a piloté, ou a fait piloter

- un Concile dépourvu de condamnations officielles ad extra,

mais aussi

- un après-Concile qui a été promoteur de condamnations effectives ad intra : la condamnation de bien des caractères essentiels, ou de bien des paramètres fondamentaux, constitutifs du catholicisme ante-conciliaire, sur le plan dogmatique comme sur le plan liturgique.

5. C'est donc, en un sens, la moindre des choses que les uns et les autres, les conservateurs, les traditionnels, les modernistes rénovateurs et les progressistes transformateurs, aient presque tous compris la même chose, les uns pour la dénoncer ou la déplorer, les autres pour l'accepter voire l'approuver, au contact d'un après-Concile qui a donné, aux uns et aux autres, l'impression, non infondée, que "l'Eglise du Concile" engrangeait des résultats, dans une seule direction, celle de son éloignement croissant à l'égard de l'Eglise d'avant le Concile, et ce dans presque tous les domaines.

6. Et c'est aussi, pour cette raison, la moindre des choses que son pontificat se soit transformé en un véritable "chemin de croix".

Bonne journée.

Scrutator.

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