Aussi loin ? Aussi haut ? par Montes Gelboe 2018-05-13 08:12:06 |
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Il est évident que le choix des mots grecs kurios et theos s'est opéré à Alexandrie, dans la traduction des Ecritures, la Bible grecque, la Septante.
On oublie trop souvent l'apport de Philon d'Alexandrie, théologien et philosophe hellénistique, juif de langue grecque, contemporain des apôtres, dans la formation du christianisme de langue grecque et du christianisme en général. L'Epitre aux Hébreux lui emprunte beaucoup.
Toutefois, les milieux hellénistiques d'Alexandrie, à fortiori les communautés juives de langue grecque ne paraissent pas influencées par la religion polythéiste de l'Egypte ancienne. Même pour les juifs résidant en Egypte, cette terre et ses habitants étaient les lieux de la servitude, dont le Seigneur les avait délivrés par la main de Moïse.
Il ne semble pas exact de rattacher les notions de kurios et de théos à la mythologie égyptienne, même de loin. Sauf à invoquer des "pressentiments" monothéistes ou même chrétiens dans ces civilisations anciennes. Mais le terrain est glissant et aboutit vite à l'illuminisme ou au traditionalisme. On peut évoquer encore des influences lointaines des Ecritures, il y aurait eu une "Bible des Paiens" selon l'historien italien G. Rinaldi...
L'étude de ce sujet est d'un grand intérêt.
Les deux petits mots Kyrie eleison, (eleyson, quant-à-lui, est l'impératif aoriste sigmatique, sans valeur temporelle, donc éternel comme le kurios qu'il supplie...) renvoient à des notions fondamentales et immenses, et on aimerait qu'ils soient mieux traités dans nos liturgies ordinaires et moins qu'ordinaires.
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