Ne pas surinterpréter par Peregrinus 2018-01-21 20:43:54 |
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Autant la description faite par dom Guéranger des fantaisies du curé d'Asnières est aussi exacte qu'éloquente, autant il faut lire avec prudence ce qu'il écrit sur le rite parisien en général. Dom Guéranger était merveilleusement érudit, mais il s'est parfois laissé entraîner dans les excès d'une polémique qui me paraît assez discutable et malheureuse.
Il suffit de feuilleter quelques minutes un livre d'Eglise parisien du XVIIIe siècle (même postérieur à 1736, cela se trouve en ligne) pour s'apercevoir que la dévotion mariale n'y est absolument pas diminuée. On peut sans doute reprocher beaucoup de chose aux liturgistes français de l'Ancien Régime, mais il faut rester juste.
Quant à la période révolutionnaire, on ne peut dégager aucune corrélation réelle entre diffusion du rite parisien et de ses variantes et adhésion au schisme constitutionnel. Le diocèse de Luçon et plusieurs diocèses bretons massivement réfractaires avaient adopté les livres parisiens. Des diocèses de rite romain du sud-est ont été massivement schismatiques.
Les chapitres cathédraux de rite parisien se comportent exactement comme les chapitres cathédraux de rite romain : tous (à l'exception curieuse d'Ajaccio, sous l'influence de l'archidiacre Fesch, oncle de Napoléon) sont hostiles à la Constitution civile du clergé. On peut en dire autant des évêques.
En réalité, rite parisien et rite romain n'y sont pour rien. Le rapport aux autorités civiles et aux populations, la densité de la présence ecclésiastique, l'état des relations entre évêques et curés, le développement du richérisme syndical sont des facteurs autrement déterminants.
Peregrinus
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