Charles de Koninck et la liberté religieuse par Réginald 2017-07-04 12:31:55 |
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Le philosophe catholique Charles De Koninck (1906-1965) est bien connu dans les milieux traditionalistes pour s’être opposé à Jacques Maritain dans son ouvrage la Primauté du bien commun où il attaquait le personnalisme du philosophe thomiste.
Diverses lectures m’ont fait tomber sur des textes de cet auteur où il apparait qu’il était favorable à la liberté religieuse et avait d’une certaine manière préparé Dignitatis Humanae.
C’est ainsi que dans le quotidien de Québec L’Action catholique, De Koninck reconnaît la légitimité de la neutralité de l’Etat qui « n’a pas droit de forcer ses membres à professer une religion, quelle qu’elle soit. Il ne pourrait de toute manière le faire sans avoir défini d’une façon suffisamment déterminée toutes les religions jugées séantes par lui. L’adhésion à l’une ou l’autre d’entre elles deviendrait donc pour les parents expresse condition de l’exercice public de leur droit naturel en matière d’éducation. Pourrait-on autoriser pareille intervention de l’Etat sans empiéter sur le for intérieur de chaque citoyen ? » (Œuvres de Charles De Koninck, Tome II, 1, Tout homme est mon prochain, Québec, PUL, 2009, p. 74-75)
De même dans un entretien paru dans Le Devoir intitulé « le respect de la personne des agnostiques », il déclarait : « si les parents sont agnostiques, s’ils pensent que les enseignements religieux donnés dans les écoles sont nuisibles à l’idéal qu’ils conçoivent pour leurs enfants, s’ils croient sincèrement que dans une école confessionnelle, où l’on enseigne des disciplines neutres, leurs enfants seront exposés à des influences qu’ils jugent contraires au bien de leurs enfants, il me semble qu’ils n’ont pas simplement le droit mais le devoir de faire tout ce qu’ils peuvent, dans les limites de la loi, pour obtenir à leurs enfants, aux frais de la société civile, l’institution d’une école non confessionnelle. La liberté de religion implique la liberté de n’adhérer à aucune religion donnée. »[Ibidem, p. 64]
Thibaut Collin, jeune agrégé de philosophie, qui cite ces textes, montre cependant que l’auteur est de loin e préparer la neutralité éthique de l’Etat et la promotion idéologique de l’indifférenciation. Il inscrit plutôt sa réflexion dans la tradition thomiste du bonum comune et affirme que l’Etat parce qu’il est finalisé par le bien commun temporel, n’a pas à s’immiscer dans le for interne. C’est pour lui une exigence qui empêche à l’Etat de tomber dans le totalitarisme.
Comme on le voit, il est possible de réconcilier le thomisme et Dignitatis humanae et certains thomistes, peu suspects de libéralisme, ont préparé la voie…
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