Le piège des mots par Vianney 2016-12-13 08:34:25 |
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S’il y a un mot qui a été… martyrisé par le langage, c’est bien le mot “martyr”. Au sens étymologique, martyr vient du grec où il signifie “témoin”. Dans le vocabulaire de l’Église, le martyr est un fidèle qui a souffert la mort pour avoir refusé d’abjurer la foi : en cela, il est bien un témoin de la foi. Dans cette perspective, il est clair que Lycobates a raison : un non-catholique ne peut jamais être un “martyr”, pour la simple raison que son courage, si éminent et admirable soit-il, ne peut pas témoigner – objectivement parlant – de la foi catholique, la seule qui mène au salut éternel.
Or, ce point de vue objectif est le seul qui est à la portée de l’Église : de internis non iudicat Ecclesia. Il est vraisemblable que bon nombre de victimes non catholiques de l’Islam ont obtenu (et obtiendront) la grâce de la conversion, mais cela, Dieu seul le sait, car Lui seul connaît les dispositions des cœurs.
On ne rend d’ailleurs pas du tout service à ces victimes de la barbarie islamique en les présumant déjà parvenues au Ciel. Je voudrais rappeler un épisode de la vie de saint Pie X qu’on peut lire dans la déposition de Mgr Rosa au procès informatif :
Je me rappelle encore qu’un jour je l’accompagnais en promenade à Mantoue, alors qu’il était déjà cardinal. Nous nous trouvâmes devant le cimetière des Juifs. Le Serviteur de Dieu prenant un ton ferme me demanda brusquement si pour ces morts j’aurais récité le De Profundis. Je répondis que non, parce que ou bien ils étaient morts avec le désir du baptême et alors ils étaient en Paradis, ou bien ils n’avaient pas eu ce désir et alors toute prière était inutile. Lui, sans me répondre tout de suite, enleva son chapeau et commença d’emblée le De Profundis auquel naturellement je répondis. Le psaume terminé, en remettant son chapeau, il me dit souriant : « Vois, Baptiste, maintenant nous avons fait notre part. Le Seigneur fera la sienne. Car il n’est pas dit que la théologie du Seigneur soit comme celle qu’enseignent les Pères Jésuites à l’Université grégorienne. » Je venais depuis très peu de jours de terminer mes études à l’Université grégorienne de Rome. Et si, en ne récitant pas cette prière, nous avions privé ne fût-ce qu’une seule âme de quelque soulagement, quelle responsabilité nous aurions encourue !¹
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