Fausse humilité marxisante par PEB 2016-05-01 17:28:17 |
|
Imprimer |
L'exhortation souffre de fausse humilité. Il y a une forme d'orgueil à laisser les ouailles se débrouiller seules dans les broussailles de l'existence. Les brebis ont, au contraire, besoin de pasteurs capables de les tirer des embrouilles par la clarté de leur voix.
Le misérable pécheur s'adresse, certes, à un pauvre pécheur mais ce n'est pas sa bouche qui compte mais ce qui en sort. A un moment, il faut avoir le courage de dire: "Attention, ton chemin ne mène pas vers la vie authentique et véritable! Il va falloir changer de style de vie, adopter une écologie humaine et, surtout, reprendre en main ta famille qui se délite. Bref, tes péchés sont pardonnés mais, pour ta peine, prends ton brancard, lève-toi et marche!"
Si, par rapport aux 6ème et 9ème Commandements, il y a une échelle des péchés (comme il y a une échelle des infractions en droit pénal), ce n'en sont pas moins des désaccords (au sens presque musical du terme) avec la symphonie écrite au Ciel pour nous. Il faut, en effet, distinguer entre:
- l'adultère publique ou privée qui est un sacrilège et un péché public ou privé du mariage;
- la fornication publique ou privée qui est un péché public ou privé "simple" avec autrui;
- la machine à fantasme, épine dans la chair qui ne nous sera jamais retiré sinon au Dernier Jour mais que la grâce miséricordieuse peut soigner à défaut de guérir.
Mais tout ça, c'est l'affaire des manuels des confesseurs qu'il n'est pas de bon ton de mettre en toutes les mains. Le FC n'est pas tout à fait le lieu pour discuter de ces choses-là au vu et au su de tout un chacun.
Toujours est-il que la sexualité est un chemin de conversion mais aussi de sainteté offert à tous les jeunes gens qui veulent, de bonne foi, fonder une famille où Dieu ne cesse d'achever chaque matin ce qu'Il a commencé chaque soir. L’Église est invité à proposer cette sainteté du quotidien et à accompagner ceux qui s'y destinent ou qui la vivent déjà. Voilà qui est une bonne idée.
Même s'il faut partir de la situation réelle des gens, il faut oser l'objectiver. Le passage du subjectif à l'objectif est l'acte même de la raison. Or, notre siècle soi-disant rationaliste ne jure que par la subjectivité. Selon la pensée marxiste, avant même de répondre ad rem, on vous attaque ad hominem, conformément au mot d'ordre: "D'où me parles-tu, Camarade!" Le réel est méchant: il fait peur et on tourne le dos à la réalité (ouh! la vilaine!) dont le mur insupportable ne cesse pourtant de répéter: "Non! L'homme ne peut pas se réinventer lui-même au delà d'une certaine limite." De la même manière, la PMA, la GPA, le mariage gay, le transhumanisme: tout cela manifeste un refus évident de notre condition d'être mortel créé incomplet et asymétrique.
Or, François semble opérer dans le sens contraire exact. Il part de l'objectivité de la situation peccamineuse pour entrer dans la vision subjective du pécheur-mais-ce-n'est-pas-vraiment-de-sa-faute. D'où l'absence manifeste du sursaut vital attendu d'un maître un tant soi peu viril: "Je ne sais pas si c'est de ta faute mais il va falloir sortir ton âme de ce bourbier si tu veux vivre un minimum l'évangile en esprit et vérité!" En ce sens, l'exhortation tourne à la vulgate socialiste (dont le péronisme, cher au jeune Bergoglio, est une variante nationale) comme quoi le péché résulte essentiellement de forces extérieures (le Capital, l'Ordre moral, la Bourgeoisie) opprimant le sujet. Cela tient de la pensée magique contre laquelle toute la Tradition se dresse depuis Moïse!
La pensée libérale (dans le genre Salamanque et consorts), plus proche des magistères précédents, fait de l'homme l'auteur et le responsable de sa destinée. Les choix sont mus par la volonté intérieure. Ils sont récompensés s'ils prennent appui sur un réel objectif, qu'en économie, on appelle aussi marché, qui obéit à des règles non écrites mais néanmoins contraignantes selon un droit naturel imprescriptible. Exemple: si à l'école, on vous donne un 4/20 pour cause de hors-sujet, ce n'est pas que le professeur est méchant (cause extérieure subjective et magique) mais que l'on a effectivement pas répondu à la commande (raison intérieure objective et naturelle). C'est, je pense, un des axes majeurs du magistère de saint Jean-Paul II: la splendeur de la vérité.
Pour conclure, Dieu est libéral mais un libéral objectif qui laisse à l'homme d'être l'auteur ou de son bonheur ou son malheur. La preuve dans la Torah:
Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.
Dt 30,15
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|