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Y a-t-il mieux que Trente ?
par Meneau 2015-02-24 08:48:43
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Comme si Trente était facultatif.... ?

Il y a St Thomas :

QUESTION 65 — LE NOMBRE DES SACREMENTS


Article 1 — Y a-t-il sept sacrements

Objections :

1. Il semble qu’il ne doit pas y en avoir sept, car ils tiennent leur efficacité de la vertu divine qui est une, et de la vertu de la passion du Christ, qui est une aussi. Car, selon l’épître aux Hébreux (10, 14) : " Par une oblation unique, il a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés. " Il ne devrait donc y avoir qu’un seul sacrement.

2. Le sacrement est fait pour remédier au défaut du péché, qui est double : la peine et la faute. Deux sacrements suffiraient donc.

3. Les sacrements sont des actions de la hiérarchie ecclésiastique comme on le voit dans Denys. Mais, comme il le dit lui-même, la hiérarchie a trois actions : purifier, illuminer et parfaire. Il ne doit donc y avoir que trois sacrements.

4. D’après S. Augustin. les sacrements de la loi nouvelle sont moins nombreux que ceux de la loi ancienne. Or, il n’y avait dans la loi ancienne aucun sacrement correspondant à la confirmation et à l’extrême-onction. Donc ceux-ci ne doivent pas compter non plus parmi les sacrements de la loi nouvelle.

5. La luxure n’est pas le plus grave des péchés, nous l’avons montré dans la deuxième Partie : Puisqu’on n’a pas institué de sacrement pour remédier aux autres péchés, il était inutile d’instituer le mariage pour combattre la luxure.

En sens contraire, Les sacrements semblent être plus de sept. Car on appelle sacrements des signes sacrés. Mais il y a dans l’Église bien d’autres réalités saintes exprimées par des signes sensibles, comme l’eau bénite, la consécration de l’autel, etc.

7. Selon Hugues de Saint-Victor, les sacrements de la loi ancienne furent les oblations, les dîmes et les sacrifices. Mais le sacrifice de l’Église est un sacrement : l’eucharistie. Donc les oblations et les dîmes, elles aussi, doivent être appelées des sacrements.

8. Il y a trois catégories de péché : originel, mortel et véniel. Mais le baptême est dirigé contre le péché originel, et contre le péché mortel il y a la pénitence. Il devrait donc y avoir un sacrement, outre les sept que l’on connaît, dirigé contre le péché véniel.

Réponse :

Les sacrements de l’Église ont un double objet, avons-nous dite : perfectionner l’homme en ce qui concerne le culte divin réglé par la religion de la vie chrétienne, et présenter un remède contre le mal du péché. Le nombre de sept sacrements se justifie à ces deux points de vue. En effet la vie spirituelle a une certaine ressemblance avec la vie corporelle, selon la ressemblance générale du corporel avec le spirituel. Or, la vie corporelle comporte un double achèvement : l’un personnel, l’autre relatif à toute la communauté sociale où vit la personne, car l’homme, par sa nature, est un animal social.

Relativement à lui-même, l’homme est achevé de deux façons dans sa vie corporelle : d’une façon essentielle, en acquérant un achèvement de sa vie ; d’une façon accidentelle, en écartant les obstacles à la vie, tels que les maladies et autres maux de même genre.

D’une façon essentielle et directe, la vie corporelle atteint son achèvement selon trois modes.

1° Par la génération qui inaugure l’existence et la vie de l’homme ; ce qui en tient lieu dans sa vie spirituelle, c’est le baptême, régénération spirituelle, selon l’épître à Tite (3, 5) : "Par le bain de régénération. . . "

2° Par la croissance qui fait atteindre à l’homme sa taille et sa force parfaites ; ce qui en tient lieu dans la vie spirituelle, c’est la confirmation où l’on reçoit le Saint-Esprit pour être fortifié. D’où cette parole aux disciples, une fois baptisés : " Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en-haut " (Luc 24, 49).

3° Par la nutrition, qui conserve dans l’homme la vie et la force ; ce qui en tient lieu dans la vie spirituelle, c’est l’eucharistie. Comme dit Notre Seigneur en S. Jean (6, 54) : " Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. "

Et ce serait suffisant si l’homme avait, au corporel et au spirituel, une vie qui ne souffre aucune atteinte. Mais, comme il est sujet à l’infirmité corporelle et à l’infirmité spirituelle, qui est le péché, il lui faut un traitement contre cette infirmité. Celui-ci est double : il y a cette guérison qui rend la santé, et ce qui en tient lieu dans la vie spirituelle, c’est la pénitence, selon la parole du Psaume (41, 5) : " Guéris mon âme, car j’ai péché contre toi " ; et il y a ce rétablissement de la vigueur première qu’on obtient par un régime et un exercice appropriés ; ce qui en tient lieu dans la vie spirituelle, c’est l’extrême-onction qui enlève les séquelles du péché et rend l’homme prêt pour la gloire finale. Aussi, selon l’épître de S. Jacques (5, 15) -. " Et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. "

Relativement à toute la communauté, l’homme est perfectionné de deux façons. D’abord, du fait qu’il reçoit le pouvoir de gouverner la multitude et d’exercer des fonctions publiques. Ce qui correspond à cela dans la vie spirituelle, c’est le sacrement de l’ordre, puisque, d’après l’épître aux Hébreux (7, 27), les prêtres n’offrent pas des victimes pour eux seulement, mais aussi pour le peuple.

Ensuite, à l’égard de la propagation de l’espèce, l’homme est perfectionné par le mariage tant dans la vie corporelle que dans la vie spirituelle, du fait que ce n’est pas là seulement un sacrement, mais d’abord un office naturel.

C’est encore ainsi que se justifie le nombre des sacrements, selon qu’ils sont dirigés contre le défaut du péché ; le baptême est dirigé contre le manque de vie spirituelle ; la confirmation contre la faiblesse de l’âme qui se trouve chez les nouveau-nés ; l’eucharistie contre la fragilité de l’âme en face du péché ; la pénitence contre le péché actuel commis après le baptême ; l’extrême-onction contre les séquelles du péché qui n’ont pas été suffisamment enlevées par la pénitence, du fait de la négligence ou de l’ignorance ; l’ordre contre la désorganisation de la multitude ; le mariage est un remède à la fois contre la convoitise personnelle et contre la diminution de la multitude causée par la mort.

Enfin, certains justifient le nombre des sacrements en les adaptants aux vertus, et aux défauts produits par les péchés et leurs châtiments. Selon ces théologiens, à la foi correspond le baptême, dirigé contre la faute originelle ; à l’espérance, l’extrême-onction dirigée contre la faute vénielle ; à la charité, l’eucharistie dirigée contre la blessure de malice ; à la prudence, l’ordre dirigé contre la blessure d’ignorance ; à la justice, la pénitence dirigée contre le péché mortel ; à la tempérance, le mariage dirigé contre la convoitise ; à la force, la confirmation dirigée contre la blessure de faiblesse.

Solutions :

1. Un même agent principal emploie des instruments divers pour produire divers effets, en harmonie avec l’œuvre à faire. De même la vertu divine et la passion du Christ opèrent en nous par des sacrements divers comme par divers instruments.

2. La faute et la peine diffèrent selon l’espèce en tant qu’il y a des espèces diverses de fautes et de peines ; et elles différent encore selon les états et les positions diverses des hommes. C’est cela qui a obligé à multiplier les sacrements, nous venons de le dire.

3. Dans les actions hiérarchiques, on considère les agents, les bénéficiaires et les actions. Les agents sont les ministres de l’Église, que concerne le sacrement de l’ordre. Les bénéficiaires sont ceux qui s’approchent des sacrements, et ils sont produits par le mariage. Quant aux actions, elles consistent à purifier, illuminer et perfectionner. Mais la purification, considérée isolément, ne peut être un sacrement de la loi nouvelle, qui confère la grâce ; elle n’est le fait que de sacramentaux : la catéchèse et l’exorcisme préparatoires au baptême. Selon Denys la purification et l’illumination réunies sont le fait du baptême et, secondairement, en raison de la rechute, sont le fait de la pénitence et de l’extrême-onction. Enfin, le perfectionnement, quant à la vertu qui est comme la perfection de la forme, ressortit à la confirmation ; et quant à l’obtention de la fin, ressortit à l’eucharistie.

4. Dans le sacrement de confirmation on reçoit la plénitude du Saint-Esprit pour être fortifié ; par l’extrême-onction, on est rendu prêt à recevoir la gloire sans délai. Mais ni l’une ni l’autre ne convient à l’ancienne alliance. C’est pourquoi, dans la loi ancienne, il ne pouvait rien y avoir qui correspondit à ces deux sacrements. Cette absence n’empêche pas les sacrements anciens d’avoir été plus nombreux à cause de la diversité des sacrifices et des cérémonies.

5. Il a fallu employer contre la convoitise charnelle un remède spécial, au moyen d’un sacrement ; d’abord parce que cette convoitise corrompt la nature et pas seulement la personne ; ensuite à cause de son impétuosité qui submerge la raison.

6. L’eau bénite et les autres choses consacrées ne sont pas appelées des sacrements, parce qu’elles ne conduisent pas jusqu’à l’effet du sacrement qui est l’obtention de la grâce. Mais ce sont là des dispositions aux sacrements qui opèrent en écartant un obstacle ; c’est ainsi que l’eau bénite est dirigée contre les pièges du démon et contre les péchés véniels ; ou encore en produisant une certaine capacité à l’égard de l’accomplissement et de la réception des sacrements ; c’est ainsi que, par révérence pour l’eucharistie, on consacre l’autel et les vases qu’on y emploie.

7. Aussi bien dans la loi de nature que dans la loi mosaïque, les oblations et les dîmes n’avaient pas pour seule fin l’entretien des ministres du culte et des pauvres, mais encore une préfiguration ; c’est à cause de celle-ci qu’elles étaient des sacrements. Mais aujourd’hui elles ont perdu leur symbolisme figuratif, c’est pourquoi elles n’ont plus rang de sacrement.

8. L’infusion de la grâce n’est pas requise à l’effacement du péché véniel. C’est pourquoi, puisque tout sacrement de la loi nouvelle produit une infusion de grâce, aucun n’est institué directement contre le péché véniel, que certains sacramentaux comme l’eau bénite et les rites analogues suffisent à enlever. Certains affirment pourtant que l’extrême-onction est dirigée contre le péché véniel. Mais nous traiterons cette question en son lieu.



Il y a aussi le Concile de Lyon (14è oecuménique) :

La même sainte Eglise romaine tient et enseigne encore qu'il y a sept sacrements de l'Eglise : le baptême, dont on a parlé plus haut ; un autre est le sacrement de la confirmation, que les évêques confèrent par l'imposition des mains en oignant les baptisés ; un autre la pénitence ; un autre est l'Eucharistie, un autre le sacrement de l'ordre, un autre le mariage, un autre l'extrême-onction qui, selon la doctrine du bienheureux Jacques, est administrée aux malades.
La même Eglise romaine fait le sacrement de l'eucharistie avec du pain azyme ; elle tient et enseigne que, dans ce sacrement, le pain est vraiment transsubstantié en corps et le vin en sang de notre Seigneur Jésus Christ.
Sur le mariage, elle tient qu'un homme n'a pas le droit d'avoir simultanément plusieurs épouses, ni une femme plusieurs maris. Quand le mariage légitime est rompu par la mort d'un des conjoints, elle déclare que les secondes et, ensuite, les troisièmes noces sont successivement licites, si ne s'y oppose pas un autre empêchement canonique pour quelque raison

Dz. 860

Le Concile de Florence (17è oecuménique) :

1310
En cinquième lieu nous avons résumé la vérité des sacrements de l'Eglise, pour une plus facile instruction des Arméniens actuels comme des futurs, sous la très brève formule suivante : les sacrements de la nouvelle Loi sont au nombre de sept, à savoir le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage, qui diffèrent beaucoup des sacrements de l'ancienne Loi. Ceux-ci en effet n'étaient pas cause de la grâce, ils étaient seulement la figure de celle qui devait être donnée par la Passion du Christ. Les nôtres en revanche contiennent la grâce et la confèrent à ceux qui les reçoivent comme il convient.

1311
Les cinq premiers d'entre eux ont été ordonnés pour la perfection spirituelle de chaque homme en soi-même, les deux derniers pour la conduite et la multiplication de l'Eglise entière. Par le baptême en effet nous renaissons spirituellement ; par la confirmation nous croissons dans la grâce et nous sommes fortifiés par la foi. Nés à nouveau et fortifiés, nous sommes nourris par l'aliment de la divine eucharistie. Et si, par le péché, nous tombons dans une maladie de l'âme, nous sommes guéris spirituellement par la pénitence. Spirituellement et corporellement, selon qu'il convient à l'âme par l'extrême- onction. Mais par l'ordre l'Eglise est gouvernée et multipliée spirituellement, par le mariage elle est accrue corporellement.

Dz 1310, Décret pour les Arméniens

Et je vous passe toutes les référecnes du Denzinger qui parlent des "sept sacrements" (6 références supplémentaires). Bref, il y a quand même une "certaine" tradition de l'Eglise pour enseigner qu'il y en a bel et bien sept.

NOTA sur "l'Eglise sacrement" : Le Concile Vatican II (en particulier Lumen Gentium (nn 1 & 48) enseigne que l'Eglise est le sacrement universel du salut. Mais il s'agit d'un sens analogique, comme le rappelle le CEC :

774 Le mot grec mysterion a été traduit en latin par deux termes : mysterium et sacramentum. Dans l’interprétation ultérieure, le terme sacramentum exprime davantage le signe visible de la réalité cachée du salut, indiquée par le terme mysterium. En ce sens, le Christ est Lui-même le mystère du salut : " Non est enim aliud Dei mysterium, nisi Christus " (" Il n’y a pas d’autre mystère que le Christ ", S. Augustin, ep. 187, 11, 34 : PL 33, 845). L’œuvre salvifique de son humanité sainte et sanctifiante est le sacrement du salut qui se manifeste et agit dans les sacrements de l’Église (que les Églises d’Orient appellent aussi " les saints mystères "). Les sept sacrements sont les signes et les instruments par lesquels l’Esprit Saint répand la grâce du Christ, qui est la Tête, dans l’Église qui est son Corps. L’Église contient donc et communique la grâce invisible qu’elle signifie. C’est en ce sens analogique qu’elle est appelée " sacrement ".



Je termine par le CEC (Catéchisme en vigueur dans l'Eglise Catholique...) :

LES SEPT SACREMENTS DE ÉGLISE

1210 Les sacrements de la Loi Nouvelle sont institués par le Christ et ils sont au nombre de sept, à savoir le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Onction des malades, l’Ordre et le Mariage. Les sept sacrements touchent toutes les étapes et tous les moments importants de la vie du chrétien : ils donnent naissance et croissance, guérison et mission à la vie de foi des chrétiens. En cela il existe une certaine ressemblance entre les étapes de la vie naturelle et les étapes de la vie spirituelle (cf. S. Thomas d’A., s. th. 3, 65, 1).

1211 En suivant cette analogie on exposera d’abord les trois sacrements de l’initiation chrétienne (chapitre premier), ensuite les sacrements de guérison (chapitre deuxième), enfin les sacrements qui sont au service de la communion et de la mission des fidèles (chapitre troisième). Cet ordre n’est, certes, pas le seul possible, mais il permet de voir que les sacrements forment un organisme en lequel chaque sacrement particulier a sa place vitale. Dans cet organisme, l’Eucharistie tient une place unique en tant que " sacrement des sacrements " : " tous les autres sacrements sont ordonnés à celui-ci comme à leur fin " (S. Thomas d’A., s. th. 3, 65, 3).

CEC nn 1210-1211

Bref, il y a quand même une "certaine" tradition de l'Eglise pour enseigner qu'il y en a bel et bien sept. Tout autre développement qui en envisagerait d'autres ne peut le faire éventuellement que par analogie.

Cordialement
Meneau

     

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          Des coutumes certes par Romanus  (2015-02-23 08:42:47)
              Cramponné aux choses ? par Glycéra  (2015-02-23 10:22:14)
                  Savez vous lire? par Romanus  (2015-02-23 10:28:04)
                      Aïe... Pas très poli le petit... Lisez-donc ceci... par Glycéra  (2015-02-23 15:16:26)
                          Le petit Romanus par Romanus  (2015-02-23 20:32:25)
              Et Pépin le Bref sacré à St Denis ! par Jean-Paul PARFU  (2015-02-23 10:40:31)
                  Charlemagne sacré à St Denis et à Rome par Jean-Paul PARFU  (2015-02-23 12:18:22)
          Ce texte là non plus n'a pas été promulgué... par Glycéra  (2015-02-23 10:17:20)
              Le droit divin par Jean Ferrand  (2015-02-23 15:33:48)
                  Voilà bien mis... par Glycéra  (2015-02-23 21:50:05)


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