bonne lecture mais je mets quelques bémols par Luc Perrin 2014-02-10 22:27:41 |
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à l'enthousiasme de mon collègue sociologue, prêtre pas du tout "identitaire", on l'aura compris.
Je ne pense pas qu'un micro-trottoir dans les cortèges récents auprès des groupes catholiques présents aurait donné le même écho. Chez les gens de G*lias oui sans aucun doute et également dans une grande part des résidences épiscopales françaises et ouest-européennes.
Pas sûr que ce soit vrai dans l'Est européen, dans une partie de l'Italie et de l'Espagne, en Amérique du Nord, en Australie ou en Afrique.
La "parenthèse" du recentrage s'est ouverte en ... 1974 et il semble bien en effet que le pape François souhaite la refermer notamment cette année avec le synode que ses proches les cardinaux Maradiagua et Braz de Aviz préparent avec fièvre (cf. la persécution des Franciscains de l'Immaculée et les déclarations à l'emporte-pièce de la première de ses deux Eminences).
Il n'empêche que 1974-2013 c'est une assez longue "parenthèse" et suffisante pour contraindre le Saint-Père à quelques ménagements avec la "légitimité de Jean-Paul II et de Benoît XVI".
Il n'empêche aussi, ce que ne dit pas le micro-trottoir de l'abbé parisien, c'est que ce sont les forces VIVES du catholicisme qui sont attachées à cette légitimité pré-"franciscaine", elle-même compatible avec Vatican II. Ce que le prêtre-sociologue veut dire c'est que "l'esprit du Concile", condamné par tous les papes de Paul VI à Benoît XVI pourrait avoir retrouvé droit de cité à Rome à Sainte-Marthe et ailleurs.
Les laudateurs de l'image du pape François sont surtout des non-chrétiens qui détestent le christianisme et n'ont aucunement l'intention de venir dans les églises, avec hiératisme liturgique - on aura noté l'attaque virulente convergente avec celle du R.P. Madelin sj - ou avec des "beat-messes" ou du music-hall néo-liturgique.
On avait reproché beaucoup à Jean-Paul II les grands rassemblements de jeunes en disant qu'in fine, cela se traduisait peu au niveau des paroisses ou des mouvements structurés. La critique était en partie vraie ; mais combien plus encore peut-on la reprendre pour une vague popularité sondagière égale à celle qui faisait de notre président un soleil levant en 2012 et déjà couché, moins de deux ans plus tard, avec 19%, le plus impopulaires des présidents ... ce qui joue sur l'éphémère dure ce que dure l'éphémère.
Déjà le pape François fait moins de "coups" médiatiques depuis la fin de 2013. Est-ce l'amorce d'un autre "recentrage" ?
nb. Nicolas de Brémond d’Ars, Catholicisme, zones de fractures, Bayard, 2010, 203 pages ; voir aussi l'émission de France Culture à laquelle il a activement participé "Dieu et les banques".
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