Que penser théologiquement parlant de l'épisopat des femmes évêques ?
Je cite d'abord ce paragraphe de l'article : Evêque, dans Wikipédia.
Théologie de l'épiscopat.
Dans la théologie de l'épiscopat on peut distinguer trois éléments constitutifs, de droit divin, de la fonction épiscopale, et tous les trois également d'origine apostolique :
la titulature attribuée par l'élection, ou la désignation canonique, qui investit du droit au siège ;
le pouvoir d'ordre, conféré par l'imposition des mains, ou ordination épiscopale, qui alloue les pouvoirs sacramentels ;
la juridiction, assumée au moment de la prise de possession du siège, ou investiture, qui confère l'autorité spirituelle et administrative immédiate sur une portion donnée du peuple de Dieu, l'Église particulière : diocèse, ou éparchie, ou patriarcat, ou même l'ensemble de l'Église universelle (dans le cas précis du pontife romain).
Ces trois éléments, normalement unis et coordonnés l'un à l'autre, peuvent être accidentellement disjoints. La titulature et la juridiction peuvent varier, en cas de démission, ou de mutation de siège, par exemples. Le pouvoir d'ordre est donné pour toujours : sacerdos in aeternum.
La titulature et la juridiction sont distinctes pour chaque évêque ; ce sont elles qui constituent la hiérarchie ecclésiastique. Le pouvoir d'ordre, quant à lui, est unique et identique pour tous les évêques. Il fonde ce qu'on appelle la collégialité épiscopale. Tous trois, titulature, pouvoir d'ordre et juridiction, sont une participation au sacerdoce du Christ, unique vrai prêtre et pasteur.
Qu'en est-il des femmes évêques ?
Elles ont incontestablement la
titulature épiscopale, même si c'est abusivement. Elles héritent d'un titre épiscopal avec les privilèges et les attributs qui sont inhérents à icelle. Le costume et les ornements épiscopaux spécifiques, la chappe, l'anneau, la croix pectorale, la mitre, la crosse, la cathèdre, la cathédrale, le palais ou résidence épiscopale. Elles héritent nominalement d'un diocèse, d'un siège épiscopal, d'une lignée épiscopale qui, en un sens, remonte aux apôtres. Si leur siège même n'a pa été fondé directement par un apôtre, du moins l'a-t-il été par l'Eglise apostolique, et souvent même, avant le schisme, par l'Eglise romaine elle-même.
Le pouvoir d'ordre. En aucun cas, ni d'aucune manière, elles ne bénéficient du pouvoir d'ordre sacramentel, du sacerdoce proprement dit. Leur 'pouvoir d'ordre' est même doublement invalide : en tant qu'elles sont évêques anglicans, car on sait que les ordinations anglicanes sont invalides depuis la décision solennelle du pape Léon XIII ; en tant qu'elles sont femmes, car, comme dit le catéchisme de l'Eglise catholique : "Seul un homme (
vir) baptisé reçoit validement l'ordination sacrée." (N° 1577, citation du Droit Canon, can. 1024).
Cependant il demeure qu'elles ont été matériellement ordonnées dans une cérémonie ecclésiale d'ordination, qui ne fut peut-être pas sans signification spirituelle, comme les autres offices anglicans, si du moins les participants furent de bonne foi. On peut leur reconnaître une certaine dignité épiscopale, au moins extérieure, et les honorer comme telles, par exemple au cours d'une visite dans l'Eglise anglicane, ou d'une rencontre.
Le pouvoir de juridiction.Pas plus, mais peut-être pas moins, que les autres "évêques" anglicans, les épiscopesses anglicanes n'héritent au jour de leur prise de possession du siège de la véritable juridiction apostolique et romaine, puisqu'elles ne sont pas en communion avec le siège de Rome et qu'elles sont même formellement schismatiques.
Cependant, à l'instar de tous les autres évêques schismatiques ou hérétiques, elles héritent dans leur "Eglise" propre d'une certaine forme de juridiction ordinaire et dérivée, au moins à l'égard de leurs subordonnés "légitimes" et de leurs fidèles propres. En conscience, et selon leur conscience, erronée certes mais qui peut être de bonne foi, lesdits subordonnés et fidèles leur doivent obéissance (une obéissance provisoire mais réelle) en conformité avec les statuts de leur "église" dissidente et pour le temps qu'ils en sont les membres formels.
Cette obéissance 'provisoire' ne les exonère en aucun cas de l'obligation de devenir catholiques et d'obéir à la seule Eglise catholique romaine, dès lors qu'ils auront reconnu qu'elle est la seule et véritable Eglise du Christ et voulue par lui. Tout au moins dès qu'ils auront la possibilité matérielle de se libérer de la sujétion de leur 'Eglise' provisoire, car il peut se présenter des cas de force majeure.
Qu'ajouter ? Ces distinctions et supputations qu'on est obligé de faire paraissent bien tristes, en un sens. Mais hélas ! la réalité, et pas toujours l'idéal, nous y contraint et même chaque jour davantage.
Sous réserve de conformité avec la foi catholique et avec le jugement du Saint-Siège.