Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Le Bac ou la mort...
par erminig 2013-06-06 10:36:09
Imprimer Imprimer


Un fil a été lancé concernant le refus des dominicaines de présenter leurs élèves au Bac. Au lieu de traiter du sujet de fond, la plupart des liseurs ont biaisé sur des sujets périphériques, comme les études d'ingénieurs etc...

Personnellement, je pense que le choix des soeurs enseignantes est tout de même un problème de fond suffisamment important et d'actualité pour essayer de relancer le fil.
Bon, cher Xa, voilà un pétard du matin, le pétard d'erminig.
Il n'y aura donc pas de nouvelle page sur mon blog aujourd'hui.
Un temps pris pour le forum.
Ce fil sera long, mais prenez le temps, tranquillement, de le lire, et ne sautez pas sur votre clavier de manière hystérique avant d'y répondre.

Ce qui serait important, c'est que TOUS LES ÉTABLISSEMENTS CATHOLIQUES, HORS CONTRAT, SOUS CONTRAT, EN FASSENT AUTANT. ET TOUS LES AUTRES ÉTABLISSEMENTS , PUBLICS OU CONFESSIONNELS AUSSI.

RAS-LE-BOL. Ça suffit.

Tant pis pour la longueur de la démonstration, mais voici quelques points de réflexions:


1°- commençons par l'enseignement des dominicaines:


Pour avoir choisi leur établissement aux tous débuts, en le demandant à mes parents, je tiens à donner ce témoignage.

Le but de l'éducation chez les dominicaines n'est pas un bac, une sanction officielle d'une éducation, ou d'une construction sur un programme obligatoire.

Il s'agit de donner et transmettre une éducation intellectuelle, humaine et spirituelle complète, pour former des adultes , des femmes capables d'aller au bout de leur vocation.
Si ne pas avoir le bac, c'est être réduite à repasser les chemises de monsieur et changer les couches des moutards, ( Je vais encore me faire traiter de Lysistrata par Remi), et bien il y a encore bien du boulot à faire dans le milieu catho, et les dominicaines avaient bien raison de se battre pour l'éducation des filles, en particulier pour que les parents acceptent de les présenter au bac et leur ouvrent la possibilité des études supérieures. Elles furent chahutées: novatrices donc, dans les années cinquante-cinq, où c'était très loin d'être acquis, incomprises aujourd'hui.

Que l'on fasse le choix de répondre à une vocation religieuse (sur quinze élèves en première de ma promo, au moins dix sont rentrées dans les ordres, et dans toutes les diversités des vocations religieuses féminines de l'Église, sans conditionnement , mais bref, ceci est une autre histoire. Nous en retiendrons qu'elles ont répondu à leur vocation *) ou que l'on s'engage dans le mariage, avec ses corollaires que sont la maternité, l'éducation des enfants et le cheminement en couple, il est indispensable que femme ait reçu une éducation complète, et pas au rabais .
Si, parce qu'il n'y aurait plus de bac, il fallait renoncer à une éducation convenable pour les filles, quelle en serait la raison?
Malheureusement, on en revient à l'argent: la maternité est une non-production économique. donc, on n'investirait plus "sur les filles", qui, n'étant pas appelées à travailler, ne justifient plus d'un tel investissement, sans retour. Et l'on voit déjà le syndrome masculin de la femme engloutie dans le matériel quotidien, disponible et au pied de son époux , véritable insulte au passage pour les jeunes femmes actuelles dont beaucoup assument ces tâches, tout en ayant fait des études, soit dit en passant...

Ne vous énervez pas: notre société exige le bac partout, alors?... j'y viens, j'y viens.
Le pétard de ce matin sera complet, ne vous inquiétez pas.
Nous retiendrons deux points de discussion:
les femmes ont besoin d'une éducation complète par vocation.
D'autre part, on ne peut renoncer à cette éducation au nom de non-retour sur investissement. On ne sait jamais ce que peuvent être les aléas de la vie. J'ai quelques amis dont le mari a été au chômage, ou est , malheureusement décédé. il a fallu mettre les turbines doubles pour que le navire ne sombre pas.Pouvoir reprendre professionnellement, sans être obligée de travailler de nuit ou avec des horaires intenables en étant à tenir une caisse d'hypermarché par exemple, c'est tout de même un minimum.

2°-Jusqu'où faut-il s'accommoder des exigences de l'État?
Et en tant que parents, quelle est notre vocation , quelle est la finalité de notre accompagnement des enfants, dans leur croissance, jusqu'à l'âge adulte?
d'où le point essentiel: l'éducation de l'âme.

Le refus de présentation au Bac n'est pas un refus d'études supérieures pour les filles.
C'est une non-compromission avec les fourches caudines des programmes citoyens, libertaires et faussement humanistes de ces dernières décennies.
C'est justement parce que la barre est mise à sa juste mesure, sans perdre ce pour quoi nous sommes faits, c'est à dire appelés à aimer, adorer, louer Dieu et le servir, que l'on doit se poser les bonnes questions.

quelques pistes, avant les objections:
- un témoignage personnel: j'ai demandé en seconde, après avoir eu la chance de la sicxième à la troisième d'être dans les premières classes à horaires aménagées, où professeurs et élèves étaient triés sur le volet ( sur 12 élèves en sixième, nous étions dix à avoir sauté au moins une, sinon deux calsses. Et c'était au tout début des années post soixante-huit; les 3/4 étaient catholiques, le quart étaient tradis; en plein lycée public. on révisait nos questions de catéchisme sur les genoux pendant les cours...hihihi. Le Moyen-Age républicain, quoi), j'ai donc demandé, voulant faire des études supérieures, mais pas musicales, à reprendre un circuit traditionnel. Inscrite dans le grand lycée public du coin, au bout de deux mois, j'ai mis mes parents devant un ultimatum: je ne voyais plus l'intérêt d'aller au lycée étant donné le contenu des cours. En français, par exemple, nous étudiions avec un prof un peu obsédé, un choix de poèmes d'Henri Michaux, (gratiné), qui n'ont rien à envier à ceux d'Éluard imposés cette année au programme, "L'herbe rouge" et les nouvelles "les lurettes fourrées" de Boris Vian. et J'en passe.
J'ai donc atterri en deuxième trimestre de seconde à la Clarté Dieu.
J'ai respiré.
Et le bac, ce n'était qu'une formalité. Ce que nous vivions dans l'établissement était autre chose, de bien plus important;
J'ai d'ailleurs torché ma copie de philo en deux heures. Le sujet était facile, et ce fut fait 'les doigts dans le nez, les pieds sur le volant".

Faisons bref:
- comment peut-on accepter que ses enfants se soumettent aux contenus des programmes d'état dans les sections littéraires? Quelques exemples.

Cette année, j'ai travaillé la pédagogie des chefs d'ouevres à Montessori.
Pour les plus jeunes, il y a entre autres, le Roman de Renart. Devant rédiger la présentation de cette proposition pour les enseignants, j'ai voulu bêtement voir ce qui était proposé dans les programmes oifficiels.
D'accord, dans les ouvrages de finde primaire, et jusqu'en (ème, on trouve toujours Renart et Ysengrin, renart et les marchands d'anguilles, mais on y trouve aussi bien plus. La littérature du Moyen-Age n'est pas toujours à mettre entre toutes les mains. J'ai eu la désagréable surprise de voir l'insertion, pour des enfants , des chapitres les plus inappropriés tant pour leur âge, que pour le respect des convictions religieuses de chacun . Au nom de la laïcité des auteurs sans doute, on y retrouve les chapitres sur Renart simulant une Messe, et le passage où il fait sa petite affaire à l'épouse d'Ysengrin, coincée dans une palissade.

Passons aux programmes de latin: peau de chagrin de l'En, la culture classique est en voie de totalement disparaître des programmes et enseignements, tant dans le secondaire que dans le supérieur. Ce qui va rendre totalement impossible la transmission de la pêns&ée philosophique (prenez Edith Stein par exemple: ses ouvrages fondamentaux sont émaillés de citations et expressions grecques qui vont devenir totalement incompréhensibles si ça ne l'ait déjà).
Quand le latin est maintenu, et bien les textes au programme (métamorphoses d'Ovide, des plus choisies! le satyricon en Fac à faillir faire s'étouffer de gêne un prof pourtant pas pudibond, devant ses élèves, et j'en passe).

Les programmes littéraires sont truffés, depuis trente, de textes imposés avec lesquels il a fallu au début, s'accommoder, mais qui deviennent de plus en plus offensifs, tendancieux, intenables.

autre exemple: l'homosexualité , le relativisme athée, l'acidité voltairienne, tous ont envahi les programmes de Lettres depuis plus de trente ans. A tous les niveaux:
- l'autoroute littéraire du Bac de français: Kant, Diderot, Voltaire, Rousseau, Camus, Malraux. J'oubliais Sartre. C'est le fond des programmes. Reste à retenir le mot "oxymore", quelques poèmes de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, un zeste de Victor Hugo, et c'est bon. Voilà toute la culture bachelière française.
Jusqu'à ces dernières années, les écoles hors contrat jouissaient de cette grande liberté du programme, la possibilité de proposer une vingtaine de textes ou oeuvres complètes étudiés.
Aujourd'hui, des extraits dans toutes les manières, et des lectures complètes pas terribles; des exercices à trou en langue, des programmes d'Histoire inexistants dans certaines séries, ou franchement formatés pour les autres.
Et je ne parle pas des TPE, et de l'éthique des programmes de science.
L'introduction de la lectures des oeuvres a laminé les défenses des personnes. Pas étonnant que nous en soignons aux propositions de lois d'aujourd'hui. c'est le résultat d'une oeuvre de corrosion de longue haleine.

-TOUT EST À REFAIRE. IL FAUT TROUVER DES SOLUTIONS POUR RECONSTRUIRE.

Pendant des siècles, les israëlites ont continué une éducation intellectuelle de haut niveau en intra familiale ou en communauté, tout en travaillant à des métiers socialement plus humbles pour subvenir à leurs besoins.
Saint Joseph n'était pas grand prêtre ni membre du Sanhédrin. Je doute cependant que l'humilité de son métier signifie absence d'éducation et d'instruction!

- que FAIRE SANS BAC?

c'est sûr qu'en tant que parents, la décisions de la communauté peut paraître raide: les dossiers d'inscription dans le supérieur sont faits; Et partout, on demande le petit papier du diplôme pour faire autre chose.
Le problème reste le fond: jusqu'où les établissements dignes de ce nom doivent-ils aller dans la compromission avec l'État? Sans aller dans le domaine spirituel, simplement sur le domaine laïc du contenu des enseignements, il y a déjà LARGEMENT de quoi réagir. D'autant que par contrainte budgétaire, les différents ministères laminent les matières des humanités classiques car non productives (ce qui n'est pas le cas bien sûr, du LGBT et de sa sphère).

Il y a plusieurs solutions:
- se battre pour que le niveau Bac des écoles hors contrat soit validé comme étant équivalent au moins, sinon supérieur à celui des écoles publiques ordinaires.
- faire pression pour le changement du contenu des programmes (peu visible pour l'instant, mais résister, c'est le début tout e même de ce combat)
- trouver els filières d'orientation permettant non pas de cntourner le problème, mais dans un premier temps, de transmettre un éducation globale pour les filles, puis une année peut-être ou deux pour valider une VAE et prendre un cursus professionnel.

- créer des filières diplômantes privées;

Je sais.
C'est compliqué.
les pensions et les écoles sont des sacrifices importants, et l'on voudrait que le retour sur investissement soit un cursus de réussite sociale.
Mais à quel prix moral?

C'est bien beau les mots de reconquête sociale.
Mais à quels réels sacrifices de formation, de soutien, de pérennisation des actions sommes-nous prêts?
personnellement, de familles d'enseignants, j'ai vu mon beau-père accepté tous les sacrifices matériels d'une carrière dans le privé chez les frères après guerre. Il aurait pu faire une brillante carrière d'universitaire.
Quand on voit ce que sont devenus dans les années soixante-dix ces congrégations; l'exigence et le mépris social pour les enseignants à qui l'ont demande une xcellence dont les élèves sont peu capables, et que l'on traite comme de vulgaires "gagne-petits", oui, franchement, je reste perplexe.

De nouvelles prises de consciences ont lieu.
Le soutien de la Fondation pour l'école en est un par exemple; les nombreuses ouvertures d'école hors contrat dans le premier et le second cycle, où il n'y a pas de sanction par les diplômes d'état, est encourageante. Elle se fait au prix de nombreuses actions et sacrifices.

IL FAUT UNE ACTION COORDONNÉE AU NIVEAU SCOLAIRE, DÉJÀ ENTRE LES PROFESSIONNELS, et AVEC LES PARENTS.

Mais quand je lis sur ce forum que la méthode Boscher eST la meilleure qui soit, alors que le village représenté est sans église, et que les mots "publique " et "laïque" sont délicatement glissés dans l'apprentissage "mécanique de la lecture, je me dis qu'il y a beaucoup de chemin à parcourir, alors que le navire est quand même en très mauvais état.

QUELS FONDS POUR A RECHERCHE PÉDAGOGIQUE DANS LES MILIEUX HORS CONTRAT?
OÙ SONT PASSÉS LES UNIVERSITAIRES TRAVAILLANT EN CE SENS, BEAUCOUP SONT PARTI EN RETRAITE, LE RESTE S'ÉPUISE ET RESTE PAR A PRÉSENCE UN ALIBI DE LA BONNE CONSCIENCE DES CATHOLIQUES.

Les soeurs ont pris une décision courageuse.
Il faudrait simplement que les familles soient accompagnées pur assumer la suite de cette décision.
Cela nécessite de se retrousser les manches pour les parent, et que tout le monde réfléchisse pour trouver des solutions, qui ne sont pas nécessairement financières.
La discussion est ouverte.

Je continuerai à nourrir ce "pétard matinal".
A plus,

erminig qui part à la popote, au repassage, à l'école à la maison et à toutes les tâches qui ne nécessite pas nécessairement le bac.



















-*que les parents affolés se rassurent,(parce que la vocation, c'est bien, mais pas trop chez soi- cette brochette prise par le Seigneur, je crois que ce n'est arrivé qu'une seule fois...



     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Le Bac ou la mort... par erminig  (2013-06-06 10:36:09)
      Il ne faut pas exagérer par Leopardi  (2013-06-06 11:00:39)
          Où est le problème? C'est bien là que le bât blesse... par erminig  (2013-06-06 12:30:13)
              Bof! par Leopardi  (2013-06-07 08:36:24)
      Baccalauréat et socialisme par frantiz  (2013-06-06 11:01:13)
          remarque sur ce texte, d'actualités par erminig  (2013-06-06 12:50:37)
      Excellent ! par Anne Charlotte Lundi  (2013-06-06 11:55:24)
          Commencer par se former. par erminig  (2013-06-06 12:31:30)
              il faut surtout par Anne Charlotte Lundi  (2013-06-06 12:41:13)
      [réponse] par Yves Daoudal  (2013-06-06 12:38:26)
          Mais non, cher Yves, je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas les étudier! par erminig  (2013-06-06 13:00:30)
              ATTENTION: les élèves passent leur Bac cette année. par erminig  (2013-06-06 17:53:48)
      Méthode Boscher par Mandrier  (2013-06-06 17:53:02)
          le fil sert à préciser la pensée: pas question de s'enfermer!non, le bac n'es [...] par erminig  (2013-06-06 19:50:39)
              Ce qui me fait peur dans tout ce que vous dites, par Yves Daoudal  (2013-06-06 20:13:55)
          Je ne comprends pas en quoi par Bertrand  (2013-06-07 10:27:57)
      VAE ? par Cath...o  (2013-06-06 19:27:42)
          IL Y A PLUS SIMPLE: par erminig  (2013-06-06 19:55:58)
              Ah ben flute ... par Cath...o  (2013-06-06 20:54:32)
      Mais dites le nous franchement par Bertrand  (2013-06-06 21:48:21)
          ??? mais vous ne le saviez pas??? par erminig  (2013-06-07 00:01:39)
              écoutez donc Daniel-Ange: en phase à 100% par erminig  (2013-06-07 00:50:04)
      Parmi les solutions, vous oubliez la plus simple à mettre en oeuvre par Vincent F  (2013-06-07 00:46:31)
          vous avez raison, il y a beaucoup de solutions. par erminig  (2013-06-07 07:24:57)
          A condition que ce diplôme étranger par Ritter  (2013-06-07 08:46:33)


121 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]