Merci à tous + une remarque sur "L'étrange théologie". par Scrutator Sapientiæ 2013-02-19 22:33:10 |
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Bonsoir à tous,
1. Je vous remercie tous pour vos réponses, notamment Alonié de Lestre, Meneau, Rémi, Lancea Sancta, mais j'ai vraiment lu toutes les réponses avec autant d'attention que d'intérêt, et je le précise d'autant plus que je ne suis pas un adepte du SLURP, le système de lubrification utile aux relations personnelles.
2. Je poserai à la FSSPX la question à laquelle vous avez répondu ; à mes yeux, c'est LA question ; déjà, il y a quelques mois, entre début et mi octobre 2012, j'avais écrit ceci :
" Pour ma part, j'ai appris plein de choses, sur le Magistère pontifical et la théologie contemporaine, grâce à la FSSPX, et, même si je n'en suis pas tout à fait resté à leur vision de ces choses, elle a été pour moi un point de départ des plus utile, quand j'ai recommencé à m'intéresser à nouveau à ces choses là (au sortir d'une demi-douzaine d'années de surinvestissement professionnel), à partir du début de l'année 2007.
Alors, où est le problème, me direz-vous peut-être ? Eh bien le problème n'est plus seulement entre eux et Rome, il est aussi ENTRE EUX, alors qu'ils ont longtemps donné l'impression d'être, sur les mêmes choses, plus unis entre eux que les évêques diocésains, ce qui en faisait, notamment à leurs yeux, un gage de crédibilité parmi plusieurs autres.
A mon avis, leur positionnement, aussi légitime et nécessaire soit-il par ailleurs, a quelque peu biaisé leur relation à l'essentiel, et ce biais est l'une des causes de la détérioration, ou en tout cas du durcissement des relations, à la tête de la FSSPX.
Ce durcissement me peine beaucoup, et aurait peut-être pu être évité, EN AMONT DE L'ANNEE 2007, par exemple si, quand Mgr FELLAY a dit ce qu'il a dit un jour, EN MAI 2001 : "le Concile, nous en gardons 95 %", les trois autres évêques étaient aussitôt "montés au créneau", pour que tous les quatre, ENSEMBLE, ils donnent du sens, et le MEME sens, à cette tentative de quantification de l'adhésion de la FSSPX au Concile Vatican II, tentative de quantification qui a été contredite en interne par la suite, avec des arguments non négligeables, lors de symposiums théologiques qui ont eu lieu à Paris entre 2002 et 2005.
Sans qu'il s'agisse pour moi de tirer parti outre mesure d'une telle tentative de quantification, je trouve qu'elle illustre bien ce que j'appelle l'introduction d'un biais dans la relation à l'essentiel : comment dire que l'an adhère à 95 % d'une plate-forme programmatique et parler davantage des 5 % auxquels on n'adhère pas que des 95 % auxquels on adhère ?
Quand on porte en soi un tel risque de disproportion, il me semble que c'est la moindre des choses que, le jour où l'on commence à se rapprocher de l'institution que l'on croit ou sait responsable de cette plate-forme programmatique, cela fasse apparaître des dissensions en interne, dissensions que je regrette vraiment beaucoup. "
3. Par ailleurs, j'ai acheté et parcouru "L'étrange théologie de Benoît XVI", de Mgr Tissier de Mallerais, et je dois dire que j'ai été un peu déçu, mais c'est peut-être de ma faute, car une impression de "déjà lu" découle souvent, non de la valeur intrinsèque d'un ouvrage, mais du fait que l'on déjà lu de nombreux autres livres, auparavant, sur le même sujet, ou à peu près ; pour autant, à la première occasion, je le terminerai.
4. Mon regret majeur, au contact de l'analyse de Mgr Tissier de Mallerais, porte sur la méthode qu'il a mise en oeuvre ; faute d'empathie, faute d'espace, ou faute de temps, il recourt notamment à des citations hors contexte, extraites d'écrits de Joseph Ratzinger / Benoît XVI, citations qu'il rapproche de celles qui émanent d'autres auteurs, philosophes ou théologiens non catholiques, pour mieux faire ressortir une certaine proximité intellectuelle
- entre le contenu des citations du futur pape ou du pape actuel,
- et celui des citations de ces auteurs non catholiques.
5. Je ne dis pas que cela aboutit, mais je dis qu'il ne faudrait pas que cela aboutisse, uniquement, à ce type de syllogisme :
" A. Dans tel livre, Joseph Ratzinger écrit ceci : "......"
B. Or, il se trouve que tel philosophe ou théologien allemand a écrit ce qui suit, un siècle auparavant : "......".
C. Vous aurez reconnu une grande similitude entre ces deux phrases, non seulement pour des raisons de forme, mais aussi pour des raisons de fond.
D. Votre vigilance redoublera, à la relecture de la phrase de ce philosophe ou théologien allemand du dix-neuvième siècle, quand vous aurez appris que cet auteur, évidemment non catholique, a donné naissance à un courant de pensée qui a beaucoup inspiré le modernisme qu'a combattu Saint Pie X.
E. Et vous passerez de la vigilance à la réprobation, à la relecture de la phrase du futur Benoît XVI, quand vous comprendrez, en relisant d'abord la phrase de cet auteur allemand, en relisant ensuite la sienne, tout ce que sa pensée doit à celle d'un auteur qui a inspiré par ailleurs bien des philosophes ou théologiens "catholiques" modernistes.
F. Puisque Joseph Ratzinger est allé cherché une partie de son inspiration chez cet auteur, qui a lui-même inspiré bien des hérésies ou bien des hérétiques, il est absolument impossible que la pensée du futur pape n'ait pas été influencée par des ferments ou des germes d'hérésie.
G. Et puisque le futur Benoît XVI
- n'a jamais abandonné ni renié l'inspiration qu'il doit à cet auteur hérétique, qui a inspiré d'autres auteurs hérétiques,
- ne s'est jamais tourné résolument, en philosophie comme en théologie, vers Saint Thomas d'Aquin,
il en découle que le Souverain pontife actuel est probablement, lui aussi, sujet à l'hérésie, même si'l n'est pas lui-même formellement hérétique.
H. D'où son étrange théologie... "
Je vous remercie tous et je vous souhaite à tous une bonne nuit.
Scrutator.
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