Merci beaucoup + Eléments de réponse à vos deux questions. par Scrutator Sapientiæ 2013-02-19 07:57:55 |
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Bonjour et merci, Alonié de Lestre.
I. Voici un essai de réponse à votre première question.
1. D'une part, je ne suis pas sûr que Pie XI et Pie XII aient beaucoup écrit sur les confessions non catholiques et les religions non chrétiennes, sur les nouveaux mouvements religieux, ni sur les conséquences morales et sociales, voire religieuses ou spirituelles, d'un certain nombre d'innovations économiques ou technologiques qui ont fait leur apparition, puis qui se sont développées, en aval de la disparition du dernier d'entre eux deux.
2. D'autre part, Pie XII s'est exprimé, entre 1945 et 1958, dans le contexte du cinquantisme :
- bipolarisation et décolonisation,
- construction des fondations et des fondements de l'Union européenne actuelle,
- capitalisme industrialiste,
- libéralisme sans libertarisme,
- matérialisme et productivisme,
- reconstruction des économies et des sociétés,
- apparition, encore marginale, de la civilisation des loisirs, de la télévision,
- ascension, encore émergente, de la somatolâtrie et de la technolâtrie.
3. Aujourd'hui, le moins que l'on puisse dire est que nous avons changé de contexte, pour des raisons complexes et diverses, sur lesquelles je crois que Pie XII s'est peu exprimé, et je ne lui en fais évidemment pas le reproche, mais alors je vois mal comment, par quel type de raisonnement par analogie, on peut tirer parti, d'une manière certaine, du Magistère de Pie XII pour y trouver des réponses à ces problèmes, et pour adapter ou transposer ses réponses d'hier à nos problèmes d'aujourd'hui.
4. Par ailleurs, il y a, le crois, un thème majeur, à côté duquel le Magistère contemporain, que ce soit avant le Concile ou depuis celui-ci, ne s'exprime pas assez, en tout cas beaucoup : ce thème majeur, c'est la préservation, la sauvegarde de notre environnement naturel.
5. Compte tenu de la montée, croissante et récente, des périls, dans ce domaine, c'est la moindre des choses que Pie XII se soit fort peu exprimé, sur cette question, mais cet état de fait n'est pas une raison pour que ses successeurs conciliaires s'expriment seulement un peu plus que lui, à ce sujet.
6. Nous avons eu droit à d'excellentes et nombreuses encycliques consacrées à "la question sociale", depuis Rerum Novarum ; j'appelle de mes voeux l'ouverture d'un nouveau front, la création d'un nouveau courant magistériel pontifical contemporain, d'un courant qui serait consacré à l'éléboration puis à l'enrichissement de la position de l'Eglise sur les questions liées à notre relation à la nature, sur "la question naturelle".
II. Voici une tentative de réponse à votre deuxième question.
1. Si aucun document du Magistère contemporain ne trouve grâce aux yeux de la hiérarchie de la FSSPX, alors,
- d'une part, quel est ou sera leur degré d'adhésion à ce Magistère catholique, et quel est ou sera leur degré de communion, au sein de cette Eglise catholique ?
- d'autre part, que sont-ils allés faire à Rome, entre 2009 et 2011, dans le cadre des discussions doctrinales avec le Saint Siège ?
2. Rassurez-moi, ils n'espéraient quand même pas "convertir Rome" ? S'ils avaient eu cet objectif là, leur objectif aurait été ambitieux, présomptueux, prétentieux ou tendancieux, d'autant plus que, à la limite, on peut exhorter quelqu'un à se convertir, mais c'est Dieu, Père, Fils, Esprit, en définitive, qui convertit.
3. A contrario, la reconnaissance explicite et officielle, par la FSSPX, du bien-fondé d'au moins une partie du Magistère contemporain, leur aurait peut-être permis de "convaincre Rome", de l'absence, en eux, d'un état d'esprit "tout-ou-rien-niste", souvent nuisible ou stérile, dans le cadre d'une discussion au sein de laquelle chacun doit faire des pas vers l'autre partie, et lui dire clairement de quels pas il s'agit.
4. Si vraiment la FSSPX n'est pas en mesure de dire clairement dans quels textes du Magistère contemporain elle reconnaît avant tout des métites, alors qu'elle est bien en mesure de dire dans quels textes du même Magistère elle reconnaît avant tout des limites, je vois comment nous pourrions aller un jour, par exemple, en direction d'une déclaration théologique commune, qui serait rédigée en commun, par la FSSPX et par le Saint Siège.
5. Cela étant, je contacterai moi-même la FSSPX, pour lui poser concrètement et directement la question, et pour lui demander une réponse complète et précise ; l'argument selon lequel tous les textes du Magistère contemporain sont susceptibles de comporter au moins quelques ambiguités et sont donc insusceptibles de trouver grâce aux yeux de la FSSPX, s'il m'était confirmé, me laisserait pantois.
6. De quoi s'agit-il : d'un complexe de supériorité, d'une mentalité insulaire et souveraine, d'un excès de prudence et d'un défaut de confiance, ou d'un faux-fuyant, mis en avant pour dissimuler le fait que c'est par principe que l'on se refuse à approuver publiquement quelque composante du Magistère contemporain que ce soit ?
Merci beaucoup et bonne journée.
Scrutator.
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