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Credo in unum deum OU in multos dialogos ?
par Scrutator Sapientiæ 2012-10-12 07:30:49
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Bonjour et merci, le torrentiel.

1. Qu'est-ce qui a vocation à être premier :

- avant tout le Credo in unum deum d'une Eglise confessante, ad extra et ad intra, et qui serait avant tout une, sainte, catholique et apostolique, au service de la Foi, l'Espérance, la Charité

OU

- avant tout le Credo in multos dialogos d'une Eglise confessante ad intra et dialoguante ad extra, et qui ne serait presque plus que ceci : adogmatique, évoluante, innovante, oecuméniste ?

2. Je pense que c'est cela qui est en cause : que ce soit au Concile ou après lui, je n'ai pas connaissance du fait qu'il y ait une eu une hérésie qui s'en serait pris, d'une manière construite, et néanmoins destructrice, à tel ou tel article du Credo, mais en revanche le Credo in multos dialogos auquel je pense a pris le pas sur le Credo in unum deum auquel nous croyons.

3. Ainsi, je le crois, quelque chose est devenu escamotable ou facultatif :

- non le Credo en lui-même, non le fondement ni le contenu de la Foi,

- mais l'exposé intégral et intègre des explications et des implications nécessaires à l'appropriation et à la communication du Credo, au sein même de l'Eglise.

4. En fait, c'est cela qui aurait dû constituer LA priorité pastorale, aux lendemains du Concile, ne serait-ce que parce que cela devrait constituer, en permanence, une priorité pastorale.

5. Mais voilà, l'Eglise elle-même a tellement insisté sur tout à fait autre chose, au moment du Concile, que cette priorité pastorale a été perdue de vue, secondarisée, subalternisée, d'où la décision de Paul VI d'instituer une année de la Foi...en 1967-1968.

6. Dans un monde en mouvement, dans lequel on a tendance à confondre activité et agitation, énergie et frénésie, il faut avoir en soi, pour pouvoir garder la tête froide, pour pouvoir résister à certaines influences, un certain nombre de points fixes ; les douze articles du Credo, les dix commandements, font partie de ces points fixes.

7. Peut-être, je dis bien peut-être, que si on avait mis en avant et en valeur l'importance de la réception et de la transmission de ces points fixes, si on avait priorisé la nécessité de (faire) connaître, comprendre, contempler, aimer, et, si j'ose dire, prier et vivre le Credo, les catholiques auraient mieux résisté à certaines influences délétères.

8. L'oubli ou le mépris du péché originel, puis l'oubli de l'oubli ou l'oubli du mépris du péché originel, id est l'oubli du fait qu'on l'oublie ou le méprise, a par ailleurs, en effet, toute son importance : au Concile, on a décidé de présenter le christianisme d'une manière attractive et positive, et il y a eu

- un grossissement de l'accent tonique sur le fait que l'homme est capable de Dieu,

- un effacement de l'accent tonique sur le fait que l'homme est faillible en ce monde.

La conséquence formelle de ce double mouvement, c'est, à mon sens, le climat mental présent au sein et autour de documents tels que DH, NA, et surtout GS, dont certains passages me semblent être à la limite du "pélagianisme".

9. Complémentairement à ce point 8., j'évoque aussi la tendance à "l'origénisme" (en ce que celui-ci porte en lui la croyance en l'apocatastase), que l'on n'est peut-être pas totalement infondé à attribuer à au moins un dessein ou une partie du Concile : l'unité de l'Eglise et du genre humain, c'est très bien, mais en direction de quel horizon eschatologique et sotériologique radicalement et spécifiquement chrétien ?

10. Je pense aussi aux points suivants :

- d'abord, le Dieu Trinité est le seul Dieu créateur de l'univers ;

- ensuite, l'Incarnation de Jésus-Christ est l'incarnation du seul Médiateur, et le Médiateur qu'est Jésus-Christ est le seul Rédempteur, ce qui fait, si j'ose dire, que l'Incarnation est rédemptrice ;

- enfin, la Rédemption, en et par Jésus-Christ, est la seule rédemption salvifique.

Voilà trois affirmations qui, non succinctement mais suffisamment développées, auraient pu être fréquemment présentes dans les textes du Concile ; je ne dis pas qu'elles en sont absentes, mais je dis que ce n'est pas totalement à tort que les contemporains, catholiques ou non, de l'évènement qu'a été Vatican II, en ont surtout retenu une focalisation ou une polarisation du Concile sur d'autres thèmes, plus ecclésiologiques et anthropologiques :

- l'importance de l'adaptation et de l'évolution des structures et des relations dans l'Eglise et de l'Eglise,

- l'importance des innovations liturgiques, au service d'une restauration, paradoxale, en faveur d'une liturgie plus authentique,

- l'importance de la reconnaissance quasiment inconditionnelle de la dignité et de la liberté de la conscience et de la personne humaines,

- l'importance d'une mise à l'écoute de l'homme et du monde modernes qui s'est "parfois" transformée en une mise à l'école de l'homme et du monde modernes, au nom de l'ouverture sur l'homme en vue de l'unité du monde,

- l'importance de l'affirmation d'une absence d'incompatibilité de principe entre le christianisme catholique et la civilisation contemporaine.

Je crois que je viens de lister au moins une partie des raisons pour lesquelles le Concile, à peine terminé, a presque aussitôt débouché sur l'après Concile que l'on connaît ou a donné lieu au détournement de finalité à caractère progressiste que l'on connaît.

11. J'ajoute un dernier point sur la psychologie des acteurs :

- d'une part, quand on s'adresse aux autres, on ne peut les convaincre que dans la mesure où l'on est, d'abord et avant tout, convaincu soi-même ; or, le Concile et/ou l'après Concile ont "parfois" donné naissance, non à une Foi hérétique, dans l'acception technique du terme, mais à une Foi qui n'est plus confessante et convaincante, mais dubitante ou hésitante.

- d'autre part, tout le monde peut en faire l'expérience, il arrive que l'on convainque d'autant plus sur le fond que l'on accepte de contrarier, de contredire, de déplaire, de déranger (et pas seulement sur la forme), que l'on accepte, en d'autres termes, de ne rien lâcher ; or, le Concile et/ou l'après Concile ont "parfois" donné naissance à une perte de contact vis-à-vis de la cohérence et de la pertinence, de la solidité et de la validité, de tous les éléments de la Foi.

Ceux-ci, me semble-t-il, se complètent, s'éclairent, se renforcent et se soutiennent les uns les autres, et constituent un ensemble organique, et non un Credo à géométrie variable.

Bonne journée.

Scrutator.

     

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