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Liberté n'est volonté ni de licence, ni de puissance.
par Scrutator Sapientiæ 2012-07-13 00:13:34
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Rebonsoir à FerdinandP,

1. Que ce soit en morale ou en religion, la volonté de liberté ne peut ni ne doit doit être confondue

- ni avec telle ou telle forme de volonté de licence,

- ni avec telle ou telle sorte de volonté de puissance.

2. Le problème qui se pose, me semble-t-il, avec Dignitatis Humanae, mais je me trompe peut-être, c'est que l'Eglise catholique

- s'y adresse bien aux Etats, pour leur demander de ne pas recourir à la volonté de puissance, normative ou répressive, à l'abus de pouvoir, à l'encontre de l'exercice des libertés publiques en matière religieuse par les différentes religions,

- s'y adresse peu aux individus, pour leur demander de ne pas recourir à la volonté de licence, permissive ou transgressive, à l'abus de désir en direction de n'importe quelle religion, en lieu et place de la seule vraie liberté en matière religieuse.

3. A mon sens, ce déséquilibre peut très bien aboutir

- à ce que les Etats fassent preuve de neutralité, voire de neutralisme, face aux différentes religions,

- à ce que les individus se tournent vers telle ou telle religion non chrétienne, ou vers aucune religion, ,

- en le faisant, "au temporel", en toute volonté de liberté juridique,

mais aussi

- en le faisant, "au spirituel", en toute volonté de licence "pneumatique",

sans avoir conscience, ou sans reconnaître d'une manière explicite, que cette volonté de licence en matière religieuse n'EST PAS la volonté de liberté en matière religieuse, dans l'acception chrétienne du terme, puisque c'est (l'adhésion à) la vérité révélée qui libère.

4. A ce sujet, je constate que, dans le CEC, les précisions apportées à cette question ne proviennent pas toutes, en ce qui concerne leur origine magistérielle initiale, de DH elle-même.

" Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse

2104 " Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles " (DH 1). Ce devoir découle de " la nature même des hommes " (DH 2). Il ne contredit pas un " respect sincère " pour les diverses religions qui " apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes " (NA 2), ni l’exigence de la charité qui presse les chrétiens " d’agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l’erreur ou dans l’ignorance de la foi " (DH 14).

2105 Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là " la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ " (DH 1). En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent " pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent " (AA 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaîtrele culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique (cf. DH 1). Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde (cf. AA 13). L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines (cf. Léon XIII, enc. " Immortale Dei " ; Pie XI, enc. " Quas primas ").

2106 " Qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, suivant sa conscience en privé comme en public, seul ou associé à d’autres " (DH 2). Ce droit est fondé sur la nature même de la personne humaine dont la dignité lui fait adhérer librement à vérité divine qui transcende l’ordre temporel. C’est pourquoi il " persiste même en ceux-là qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer " (DH 2).

2107" Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent des peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une société religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et respecté " (DH 6).

2108 Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur (cf. Léon XIII, enc. " Libertas præstantissimum "), ni un droit supposé à l’erreur (cf. Pie XII, discours 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2).

2109 Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. Pie VI, bref " Quod aliquantum "), ni limité seulement par un " ordre public " conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. Pie IX, enc. " Quanta cura "). Les " justes limites " qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des " règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif " (DH 7). "

Si, en 1965, tout cela avait été formulé exactement de cette manière, y compris au moyen du contenu des numéros 2108 et 2109, contenu que je crois en partie absents du Concile, nous n'en serions peut-être pas là où nous en sommes aujourd'hui.

Bonne nuit.

Scrutator.

     

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