en effet l'Hermitte il y a 2 aspects dans la position de Mgr Simon par Luc Perrin 2012-06-20 15:15:27 |
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1. Le premier tient à sa réponse sur la liberté religieuse. Elle est un peu floue pour le quidam qui ne suit pas ces débats comme ici et aurait pu reflèter plus pédagogiquement la position néo-intransigeante (mais plus intransigeante) du Magistère romain. L'Église ne reconnaît pas la "liberté de conscience" individuelle, au sens de la philosophie libérale et laïque : un baptisé n'est pas libre de choisir sa Tradition ou la portion de Tradition qui lui plaît, comme il le souligne lui-même en relevant correctement que c'est alors entrer dans la modernité, autre nom du libéralisme. Ce dont il fait grief aux traditionalistes concernés par cette attitude.
[j'ai fait une synthèse en réponse à Theonas dans le fil sur l'État catholique exclusif quelques pages plus bas]
Toutefois on ne peut que donner raison à Mgr Simon là dessus : le déplacement de la position du Magistère est amplement justifié par l'histoire bimillénaire de l'Église et plus particulièrement depuis la Révolution (libérale) française.
Vouloir bâtir un vrai schisme comme semble le suggérer Mgr Tissier de Mallerais sur ce seul point qui relève au moins autant du prudentiel/pastoral que de la doctrine, c'est ahurissant et contribue à ridiculiser la critique traditionaliste. Mgr Simon le relève à bon droit.
J'invite néanmoins respectueusement l'archevêque de Clermont-Ferrand à ne pas voir l'ensemble du traditionalisme mondial à travers le prisme déformant de Mgr Tissier de Mallerais ainsi que des fougueux Vianney-Parfu-Theonas du F.C.
Les traditionalistes romains depuis longtemps et, semble-t-il, une très large part de la F.S.S.P.X, à commencer par le Supérieur général et ses Assistants, ne font plus de cet aspect une priorité absolue et je le redis c'est sur Assise I et sa défiance quant au statut canonique et aux évêques à consacrer que Mgr Lefebvre a posé des actes schismatiques en 1988. Pas sur D.H. sinon il l'aurait fait bien plus tôt.
Mgr Simon pourra constater à écouter l'abbé Pfluger le peu de place (pas un mot quant à l'État catholique exclusif en fait) que tient ce point dans la critique actuelle de la direction de la Fraternité saint Pie X.
2. La divergence porte, bien sûr, sur les 2 autres réponses de Mgr Simon où le vice-président de la C.E.F. est prisonnier d'une vision dépassée (années 1960-début 1980) qui ne prend pas en compte les développements du débat intra-ecclésial depuis Jean-Paul II et les inflexions apportées par Benoît XVI, en particulier avec Summorum Pontificum mais aussi via l'allocution du 22 décembre 2005.
- la question de la néo-liturgie est bien posée et elle ne fait que grandir dans l'Église depuis 1970 que ce soit dans la Forme ordinaire actuelle, avec les partisans en nombre croissant de la Forme extraordinaire - bien que très minoritaires encore, c'est vrai - et même au sein des Églises orientales catholiques (ex. les Syro-malabars). Le synode des évêques de 2005 a bien tenté de réduire le débat à l'ars celebrandi mais il n'a pu l'étouffer.
L'échec de la néo-liturgie dans nos pays, Europe de l'Ouest et Amérique du Nord, est patent : Mgr Simon doit le savoir comme Mgr Roland pour son diocèse et combien d'autres évêques confrontés à la désertification des églises que la nouvelle liturgie devait, croyait-on en 1964-1970, remplir de fidèles à nouveau.
Mgr Simon devrait replacer les interrogations liturgiques des traditionalistes dans un ensemble beaucoup plus vaste : ils sont un maillon important mais un maillon d'une chaîne qui comprend le Père Louis Bouyer et Joseph Ratzinger, Adoremus-Solesmes-Pro liturgia, une majorité d'évêques américains, des prélats africains, un nombre grandissant de jeunes prêtres et séminaristes, pas mal de laïcs souvent lettrés etc. Tout ne se limite pas, l'archevêque le sait bien, à la question de la langue liturgique même si l'attachement à une langue liturgique non vernaculaire est un trait anthropologique universel. On a donc bien tort de l'évacuer avec un sourire : pour cela l'interreligieux est utile.
- cela vaut pour sa dernière réponse qui réduit la revendication de "repères forts" et d'identité au seul tout petit segment traditionaliste. Mais Monseigneur c'est la revendication de "conciliaires" aussi indiscutables que Paul VI et Jean-Paul II, de Mgr Elchinger qui sa vie durant n'a cessé de réclamer un retour aux "repères forts" et cela est porté aujourd'hui bien au-delà des traditionalistes qui suivent Mgr Fellay ou s'apprêteraient à suivre Mgr Tissier de Mallerais si, par malheur celui-ci persiste dans l'impasse où il semble vouloir se diriger.
Il serait temps que l'ensemble de l'épiscopat français voit où sont les réserves de dynamisme pour la Nouvelle évangélisation de notre pays qui est devenu post-chrétien et de plus en plus a-chrétien voire parfois anti-chrétien (cf. un historien "conciliaire" René Rémond). Dans cette société anomique libérale, les "repères forts" sont en un effet un "radeau" mais pas le "premier venu" car la Bonne Nouvelle est peut-être la pierre rejetée des bâtisseurs libéraux mais c'est elle qui doit devenir la pierre d'angle.
Le traditionalisme catholique n'est pas à lui seul toute la pierre mais il en représente une part, le radeau est solide il flotte malgré les tempêtes depuis 2000 ans. On comprend que de plus en plus de catholiques (quelquefois d'autres chrétiens) parmi ceux qui restent fidèles à l'Église viennent s'y arrimer : les évêques devraient les y inviter et les encourager et non pas les en dissuader, à mon très humble avis.
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