Je vous invite à relire deux passages de LG et de GS. par Scrutator Sapientiæ 2012-05-08 17:02:40 |
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Bonjour Halleluia,
1. Voici tout d'abord un élément essentiel, présent à la fin de Lumen Gentium :
" Notification faite par le secrétaire général du Concile au cours de la 123e congrégation générale, le 16 novembre 1964.
On a demandé quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’Église et soumise au vote.
À cette question la commission doctrinale a donné la réponse suivante :
"Comme il est évident de soi, un texte de Concile doit toujours être interprété suivant les règles générales que tous connaissent.
À ce propos la commission doctrinale renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte.
Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls points concernant la foi et les mœurs qu’il aura clairement déclarés tels.
(A ma connaissance, le Concile n'a défini, "comme devant être tenu par l’Église," AUCUN POINT, "concernant la foi et les mœurs," et il n'en a "clairement déclaré" AUCUN comme devant être tenu pour tel.)
Quant aux autres points proposés par le Concile, en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église, tous et chacun des fidèles doivent les recevoir et les entendre selon l’esprit du Concile lui-même qui ressort soit de la matière traitée, soit de la manière dont il s’exprime, selon les normes de l’interprétation théologique." "
Selon ma compréhension de cette phrase, les fidèles doivent recevoir et entendre les autres points proposés par le Concile,
- en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église,
- selon l’esprit du Concile lui-même,
- en fonction d'une signification, sinon contingente, du moins contextuelle.
En effet, l'esprit du Concile, id est l'intention, l'objectif, la finalité, la motivation, la "téléologie" du Concile, ressort,
a) soit de la matière traitée ;
b) soit de la manière dont il s'exprime ;
c) selon les normes de l'interprétation théologique.
Celle-ci n'a évidemment pas à donner à ce qui n'est qu'une déclaration, par exemple la déclaration sur l'éducation chrétienne, une autorité (le mot est lâché...) équivalente à celle d'une définition dogmatique qui serait en bonne et due forme, mais qui est, à mon sens, absente de l'ensemble du Concile.
2. Voici ensuite une passage décisif, présent au début de Gaudium et Spes :
" La Constitution pastorale « L’Église dans le monde de ce temps », si elle comprend deux parties, constitue cependant un tout.
On l’appelle Constitution « pastorale » parce que, s’appuyant sur des principes doctrinaux, elle entend exprimer les rapports de l’Église et du monde, de l’Église et des hommes d’aujourd’hui.
Aussi l’intention pastorale n’est pas absente de la première partie, ni l’intention doctrinale de la seconde.
Dans la première partie, l’Église expose sa doctrine sur l’homme, sur le monde dans lequel l’homme est placé et sur sa manière d’être par rapport à eux.
Dans la seconde, elle envisage plus précisément certains aspects de la vie et de la société contemporaines et en particulier les questions et les problèmes qui paraissent, à cet égard, revêtir aujourd’hui une spéciale urgence.
Il s’ensuit que, dans cette dernière partie, les sujets traités, régis par des principes doctrinaux, ne comprennent pas seulement des éléments permanents, mais aussi des éléments contingents.
On doit donc interpréter cette Constitution d’après les normes générales de l’interprétation théologique, en tenant bien compte, surtout dans la seconde partie, des circonstances mouvantes qui, par nature, sont inséparables des thèmes développés. "
3. Pour ma part, et depuis que je me suis remis à réfléchir et à travailler sur ces questions, je considère que la distinction pertinente
a) n'est pas
- entre doctrinal et pastoral,
ni
- entre dogmatique et pastoral,
b) mais est bien entre dogmatique et adogmatique.
4. En effet, je constate, en lisant notamment LG et GS, que le registre de discours employé, sur telle ou telle matière évoquée,
- aboutit souvent matériellement, surtout dans LG, à des affirmations ou à des explications périphériques, par rapport à de la dogmatique,
mais
- n'aboutit jamais formellement à une ou plusieurs définitions à caractère authentiquement, explicitement, radicalement et spécifiquement dogmatiques, au sens de : catégoriques et définitives.
5. Il est donc d'autant moins impossible de dire que le Concile s'est possiblement ou probablement trompé, sur telle ou telle question, par commission ou par omission, que le Concile lui-même n'a pas eu l'intention ou l'objectif de mettre en avant et en forme, d'une manière fondamentalement et universellement catégorique et définitive, une ou plusieurs définitions à caractère objectivement et officiellement dogmatiques.
6. Ce n'est pas parce que l'on s'exprime d'une manière adogmatique sur une matière contingente que l'on dit nécessairement des choses provisoires, ou que l'on se trompe nécessairement.
Mais ce n'est pas non plus parce que l'on s'exprime, d'une manière tout aussi adogmatique, sur une matière transcendante, dans une Constitution "dogmatique" que l'on définit un dogme ; dans le meilleur des cas, on précisera ou rappellera le sens d'un dogme déjà existant.
Bonne fin d'après-midi et à bientôt.
Scrutator.
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