Je vais tenter, cher azur, de répondre à vos interrogations et de m'expliquer, en espérant que les juges du grand Tribunal sauront sinon m'entendre en tout cas m'écouter.
Je ne connais de grand tribunal que dans la chaire de Saint Pierre (dont le Pape Benoist XVI est l'héritier)... et le jugement dernier!
A ce moment précis, j'ai eu la conviction d'avoir face à moi un prêtre qui n'était pas en pleine communion avec Rome.
C'est une conviction qui s'explique... mais en pareil cas, n'étant pas certain que Dieu n'est pas présent, je préfère subir ces "originalités" (et c'est parfois peu dire) quitte à offrir ce sacrifice (et c'en est un!) pour la conversion du pêcheur derrière l'autel.
Et si la messe n'est pas valide? Je pense qu'on pourra alors réellement parler de "communion de désir"
Délicate car ayant moi-même été élevé ainsi, je me fais fort d'assister à une messe célébrée selon la forme ordinaire, si je n'ai pas le choix.
[...] Si Dieu le veut, la sélection se fera de façon naturelle.
Je partage totalement ce point du vue, à ceci prêt que je n'ai pas vraiment le choix de mes messes, mais fort heureusement, j'ai pu toujours les avoir dignes et priantes, ce qui n'est finalement pas si rare.
Je note au passage que nous avons en commun jusqu'à la formulation!
En tant que catholique traditionnel, la position qui est la mienne est loin de faire l'unanimité, vous le savez comme moi. Précisément, le type d'office auquel j'ai assisté me semble apporter de l'eau au moulin de ceux qui veulent l'éradication complète du nouveau missel.
Il faudra bien en passer par là!
Comment envisager en effet que l’Église puisse courir le risque de donner du poison à ses enfants en laissant autant de libertés à ses pasteurs ? Dans cet esprit, il me semble que les tenants de la forme ordinaire devraient être à l'instar du docteur Crouan les plus farouches dénonciateurs de ces parodies de messes. Si l'on aime la forme ordinaire, on se doit de dénoncer ceux qui la célèbrent de façon douteuse.
Le problème, c'est que ceux qui aiment la vraie liturgie en ce qu'elle est un hommage rendu au Créateur ne sont pas longs à s'apercevoir des aberrations du NOM, en sorte que ce dernier n'a, comme défenseur, que les plus extrémistes des novateurs, qu'il faudra bien un jour rééduquer ou réduire au silence.
La perspective d'aller discuter avec ce prêtre m'a semblé parfaitement inutile.
C'est là que je ne vous suis plus. Humainement, c'est surement du temps perdu, encore qu'une opposition ferait surement chanceler son sentiment d'impunité et la sensation de l'absolu de son pouvoir... mais pour un catholique?
- vous feriez œuvre d'apostolat, dans ce qu'il a de plus gratuit et de plus désintéressé, puisque vous n'avez aucune assurance de faire changer ses opinions
- comme disait Jeanne d'Arc:
les soldats combattront et Dieu donnera la victoire. Dès lors que vous refusez le combat, la victoire devient incertaine!
- qui sait si votre intervention (dénuée de passion, autant que faire se peut) n'aurait pas touché son cœur? Les voies de Dieu son impénétrables.
En tant que catholique romain, attaché à la forme extraordinaire du rite romain, il me semble que je me dois, lorsque nécessaire, de dénoncer des agissements même cléricaux qui blessent la foi et l’Église.
Dénoncer oui, voire accuser clairement, mais aux autorités compétentes et non à la vindicte publique, même si ce forum sait se garder de lynchage!
Je ne dis pas que ce prêtre et les fidèles qui assistent à ses messes n'ont pas la foi. Je m'interroge fortement en revanche sur le fait de savoir s'il s'agit encore de la foi catholique.
Peut-être y a-t-il, dans l'assemblée, des fidèles qui, comme vous, subissent en silence ce genre de bêtises mais qui n'ont pas eu la chance d'avoir la formation ou les connaissances suffisante pour cerner le problème, ou qui n'ont pas les moyens de trouver mieux!
En faisant acte de présence à ces messes, nous sommes pour eux un réconfort et là, vous serez comme l'ouvrier qui a amplement fait fructifier ses talents!
Qu'en reste-t-il, sinon le nom et un semblant de coutume ? Les rites qu'ils accomplissent ensemble n'ont selon moi plus rien de catholique.
N'ayant pas la prétention, je m'abstiendrais de tout jugement à leur encontre, me contentant de prier pour eux... je crois qu'ils en ont bien besoin!
C'est un sentiment pénible lorsque l'on a conduit ses enfants à un tel office. En tant que parents, il me parait que nous sommes en droit d'emmener nos enfants en toute quiétude à telle ou telle messe, sans redouter d'avoir à fournir des explications en quittant l'église.
En tant que parents, il me semble même que vous êtes en
devoir de leur donner une messe digne de ce nom... Dès lors, cette obligation prend effectivement le pas sur celle de fréquenter votre paroisse, puisque vous avez vous-même charge d'âmes.
Mais cette réalité, un catholique attaché à la forme extraordinaire la connaitra au quotidien, si son patron a le malheur de le muter professionnellement à Nyons.
C'est ce que vivent de nombreux catholiques, et je ne crois pas qu'ils se damnent pour autant!
Il se peut, en revanche, qu'il soit demandé des comptes aux bergers défaillants pour avoir ainsi risqué de perdre leurs ouailles!
Un homme peut faire que cesse cette situation. C'est à lui que j'écrirai prochainement.
Nous sommes bien d'accord... mais peut-être pas sur la personne! Celle dont je parle dispose de tous les documents pour administrer le remède, au besoin à dose de cheval. En ne le faisant pas, il s'en fait le complice passif.
Car c'est lui, et lui seul qui fera que la situation s'améliorera, et non quelque groupuscule dissident!