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Très rapidement, quelques remarques.
par Scrutator Sapientiæ 2011-07-16 09:57:41
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Bonjour et merci à origenius,

1. Dans les relations avec les autres confessions chrétiennes et avec les religions non chrétiennes, il me semble que

- le controversisme et l'exclusivisme PREEXISTAIENT à l'ecclésiologie "infaillibiliste" du Concile Vatican I ;

- le consensualisme et l'inclusivisme NE PREEXISTAIENT PAS à l'ecclésiologie "collégialisante" du Concile Vatican II.

2. Voilà ce qui constitue, en tout cas, à mon sens, une "petite" différence, entre la "rupture" découlant du Concile Vatican I et la rupture découlant du Concile Vatican II, une différence au moins aussi importante que la différence

- entre "l'éloignement" ou "l'espacement" conciliaire qui a possiblement eu lieu à Vatican I, par rapport à une conception et à une dimension plus "collégiales" et "oecuméniques" de l'Eglise et de la Tradition qui relèvent davantage des Pères de l'Eglise ;

- et "l'éloignement" ou "l'espacement" conciliaire qui a certainement eu lieu à Vatican II, par rapport à une conception et à une dimension plus "autoritaires" et "occidentales" de l'Eglise et de la Tradition qui relèvent davantage de la Réforme catholique.

3. Si l'on essaie de procéder à une caractérisation de la rupture conciliaire, sous l'angle ecclésiologique, en vue d'une analyse comparative entre Vatican I et Vatican II,

- il ne faut pas considérer seulement les aspects institutionnels et "managériaux", la question de savoir qui gouverne, en théorie mais aussi en pratique : le Pape et / ou les évêques, le Pape plus ou moins avec / sans les évêques, les évêques plus ou moins en communion avec / en confusion contre le Pape ;

mais

- il faut examiner également les enjeux intellectuels et "stratégiques", la question de savoir sous quelle conception et dans quelle direction l'on gouverne, là aussi, en théorie mais aussi en pratique ; or, il est possible que nous souffrions tous d'un handicap : l'inachèvement, pour cause d'interruption, du Concile Vatican I.

4. C'est cela qui rend délicate, difficile, une mise en parallèle, entre Vatican I et Vatican II, car si nous savons ce qu'aurait pu être le Concile Vatican I, au regard de la plate-forme programmatique qui y était prévue, et qui comportait aussi des questions et des thèmes d'ordre pastoral, nous ne saurons jamais ce qu'il aurait effectivement été, s'il était vraiment allé jusqu'à son terme.

5. Je crois que c'est surtout au contact de l'autre document important du Concile Vatican I que l'on mesure la rupture entre l'Eglise d'après le Concile Vatican I et l'Eglise d'après le Concile Vatican II :

- s'il y a hétérogénité philosophique et théologique entre Dei Filius et le réalisme thomiste qui s'est affirmé puis affermi, de Léon XIII à Pie XII inclus, une hétérogénéité dont je ne suis absolument pas sûr,

- cette hétérogénéité sera toujours moins grande que l'hétérogénéité existant entre le même texte du Concile Vatican I et l'idéalisme allemand qui a inspiré bon nombre de philosophes et de théologiens catholiques, à peu près à partir de la crise moderniste ;

- c'est ce qui a abouti à l'abandon ou au reniement de "l'apologétique traditionnelle" et de "la théologie des manuels", à peu près à partir du Concile Vatican II, avec les conséquences que l'on connaît et subit toujours, notamment dans le domaine de la catéchèse et de la prédication, mais aussi dans celui de la formation des futurs prêtres.

6. Enfin, là où Yves DAOUDAL a particulièrement raison, c'est quand il écrit ceci : "On peut certes discerner de même, dans Lumen gentium, des aspects de l’état d’esprit des années 60, mais de façon moins grave – c’est surtout Gaudium et spes qui est terriblement marqué par l’air du temps".

7. C'est vrai, "l'ecclésiologie" duovaticane, en tout cas celle présente dans LG, est plus recentrable, plus réformable, plus détachable du contexte de son époque, plus rattachable à la Tradition, dans son acception la plus large, que "l'anthropologie" et la "politologie" duovaticanes, marquées par une inspiration générale qui fragilise sensiblement ce qu'il y a de moins angélique, iréniste et utopique dans le texte même de GS.

8. Et surtout, le fond du problème est que nous sommes en présence d'un Concile oecuméniSTE, qui s'est fait passer pour un Concile oecuméniQUE ; voilà (presque) toute la différence entre Vatican II et ce qui l'a précédé, je dis presque parce que je pense aussi à l'adogmatisme et à l'eudémonisme qui donnent au Concile une partie de sa coloration, de sa tonalité.

9. Comme je suis prudent, j'écris : "et cela, chacun peut le comprendre", mais je ne suis pas loin de penser : "et cela, tout le monde le sait".

10. Et c'est bien quasiment LA raison (tri-dimensionnelle) pour laquelle, à titre personnel, je suis un adepte de l'herméneutique du renouveau SANS la continuité.

Je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.

     

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 Rupture et continuité : autour de Vatican I par origenius  (2011-07-15 18:59:39)
      Très rapidement, quelques remarques. par Scrutator Sapientiæ  (2011-07-16 09:57:41)
          Autorité de Rome : pas de rupture mais "herméneutique de la continuité&q [...] par jejomau  (2011-07-16 11:42:54)
              Attention, Mr jejomau par Jean Ferrand  (2011-07-16 19:51:16)


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