Cher Meneau, par le torrentiel 2011-06-29 15:05:15 |
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Vous seriez le dernier que j’aurais envie de chinoiser, d’autant que vous exprimez clairement des distinctions subtiles et orthodoxes. Je serais ennuyé de vous insuffler mon libéralisme philosophique, dont vous sentez bien que je suis inspiré, et pourtant…
Vous distinguez « la liberté psychique », volontaire et personnelle, de la liberté morale, finalisée et politique. Pour vous, la liberté morale ne saurait avoir qu’une fin : le bien ; c’est vrai, mais il ne saurait y avoir de liberté sans alternative, ou bien la liberté est un vain mot. Il semble aussi qu’à vos yeux, la liberté morale s’applique de préférence à l’ordre politique, mais tou homme doit également rechercher le bien, et qu’est-ce qui devrait nous empêcher de penser que la comparaison peut valoir entre la personne humaine et le corps social ou politique ? D’autant que c’est notre Seigneur Lui-même qui nous pousse à faire cette comparaison, lorsqu’Il assimile la communauté de ses disciples à son corps.
Ensuite, ou plus exactement auparavant, vous parlez d’une « liberté psychique » que vous assimilez au « libre arbitre ». A priori, il n’y a rien à redire à votre distinction : le « libre arbitre » est un autre mot de la volonté, laquelle est traditionnellement l’une des facultés de l’âme, dont dérive étymologiquement « le psychisme » ou « la psychologie ». Sauf que c’est ici que le débat se corse : la psychologie est-elle bien un dérivé de l’âme, ou décrit-elle les activités ou la « machinerie de l’esprit » ? Il y a fort à parier que l’âme étant spirituelle, ce qui devrait convenir à la décrire est l’étude des diverses opérations spirituelles ; et inversement, ce qui devrait convenir à décrire les activités de l’esprit est l’étude des opérations psychologies. Si mon hypothèse est avérée, il y aurait eu fausse dérivation entre spiritualité et psychologie. Ce qui plaide en ce sens, c’est que rien n’est moins « caapax libertatis » (ou capable de liberté) que la psychologie ; rien n’est plus soumis aux impulsions que ce dont vous faites le parangon du libre arbitre, à savoir la psychologie.
Enfin, vous me demandez de quelle manière je définis la nature.Ma définition n’est pas originale : la nature, c’est ce qui reste du projet de création divine après la chute, avec sa part de lumière, cette orientation qui vous tient à cœur, qui peut se résumer dans « la loi naturelle », et sa part d’ombre : le péché, qui rend l’homme incapable de respecter cette « loi naturelle », qui pourtant est inscrite dans son cœur. Vous reconnaîtrez sans doute avec moi que, sans la grâce, il est impossible à l’homme de se conformer à cette loi ; mais il me semble que, pour votre part, vous confondez « la nature » avec « l’ordre naturel ».
Cordialement
Le torrentiel
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