Une réaction et une remarque. par Scrutator Sapientiæ 2011-03-31 21:19:30 |
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Bonsoir à tous,
1. Voici la réaction :
" Rumeurs infondées sur l’échec des discussions entre Rome et la FSSPX
Posté par summorum-pontificum dans Enquête et analyse
Le site Disputationes Theologicae, dirigé par des membres de l’Institut du Bon Pasteur et d’excellente tenue, vient de publier un article d’humeur, sous le titre : « L’échec des colloques doctrinaux avec la Fraternité Saint-Pie-X et la question d’un « ordinariat traditionnel » ».
L’article d’un ton très dur, ce qui certes s’explique de la part d’un « frère ennemi » très proche, peut se résumer en disant qu’il a une triple visée :
1/ L’article fait état des rumeurs selon lesquelles les colloques organisés par la Commission Ecclesia Dei, dans le cadre de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, serait notoirement un « échec » faisant apparaître à tous que la Fraternité est schismatique. Rumeurs infondées : l’auteur de l’article a mal interprété les informations qu’il a recueillies (auxquelles se rajoutent aussi les rumeurs venues d’une minorité active de prêtres français de la FSSPX hostiles à une reconnaissance canonique). En fait, il semble que le ton des représentants de la FSSPX ait paru « étroit ». Mais des deux côtés ont se réjouit réellement de ce que les discussions ont été très franches, et qu’elles ont effectivement permis de parvenir au but, finalement modeste, qui leur était assigné : déterminer précisément quels étaient les points controversés et connaître quelle était la doctrine de la FSSPX sur ces points.
2/ L’article semble donner une nouvelle inédite : une solution canonique avantageuse va être proposée (il précise « avant l’été ») à la FSSPX, de type ordinariat, qui lui assurerait une indépendance d’action vis-à-vis des évêques. En fait, cette information contredit partiellement les rumeurs sur l’échec des discussions, et elle est connue depuis longtemps. Il est notoire à Rome, depuis la fin de l’année dernière, que le Saint-Père tient personnellement à proposer à nouveau une solution de ce type à Mgr Fellay.
3/ Enfin, pour le coup, avec juste raison :
- L’article se plaint du fait que ce que ces colloques n’ont pas réglé le fond du problème de Vatican II. Mais ces colloques ont eu lieu. Ce qui, joint à d’autres événements (la parution du livre-événement de Mgr Gherardini sur la non-infaillibilité du Concile, celle du remarquable ouvrage historique de Roberto De Mattei sur l’histoire de Vatican II réhabilitant le rôle de la minorité conciliaire, le colloque organisé sur le thème par les Franciscains de l’Immaculée, etc.), montre que désormais que « la parole est libérée » et que ce travail de réajustement à propos du Concile va désormais pouvoir désormais continuer à l’air libre.
- L’article se plaint du fait qu’une solution très avantageuse pour la FSSPX pénalise les instituts Ecclesia Dei, qui n’ont pas, à la différence de la FSSPX d’évêques propres, et qui sont soumis pour leurs apostolats et pour leurs ordinations au bon vouloir d’évêques « officiels ». C’est vrai, et il serait, en effet, souhaitable de réfléchir, comme on l’avait fait à Rome à la fin du pontificat de Jean-Paul II, à des solutions canoniques en ce sens (qui passent, concrètement, par la nomination d’évêques spécifiques).
On peut surtout retenir qu’un « défi », comme on dit, et qu’une responsabilité considérable, pèsent aujourd’hui sur les épaules du Pape et de Mgr Bernard Fellay lesquels, de facto, vont pouvoir poser un acte dont l’importance pour toute l’Église sera dans la droite ligne, quant à ses conséquences pratiques, du Motu Proprio Summorum Pontificum. "
2. Voici la remarque :
- Sur la forme :
"L’article fait état des rumeurs"
"L’article semble donner une nouvelle inédite"
Ne nous plaignons plus, quand nous lisons ce genre de phrases, sous la plume de journalistes qui travaillent dans des journaux d'inspiration libérale et / ou libertaire, si nous y avons également recours...
- Sur le fond :
A. "Ces discussions ont effectivement permis de (...) connaître (...) la doctrine de la FSSPX sur ces points controversés" : il serait intéressant de savoir comment cette doctrine a été comprise par les interlocuteurs romains : comme une doctrine disposant d'un fondement relativement autonome et spécifique, propre à la FSSPX, ou comme une doctrine reposant sur un fondement incontestablement inspiré par le Magistère, la philosophie et la théologie dont Pie XII a été le dernier "représentant permanent", sur le Siège apostolique ?
En d'autres termes, les interlocuteurs représentant la FSSPX ont-ils été considérés
- plutôt comme des "égarés", qui se font bien des illusions, sur ce qu'a vraiment été le Magistère antérieur au Concile, ou sur ce qu'il serait devenu, si le Concile n'avait pas, de facto, fait obstacle à sa perpétuation, sur telle ou telle question d'ordre ecclésiologique
ou
- plutôt comme des "attardés", "malheureusement" vraiment fidèles à un Magistère "bienheureusement" "dépassé" sur de nombreux points ?
B. "Ce travail de réajustement à propos du Concile va désormais pouvoir désormais continuer à l’air libre" : mais si même un simple travail de réajustement, et non d'invalidation, à propos du Concile, n'a pas pu, pendant plusieurs décennies, commencer "à l'air libre", alors que, dans le même temps, évêques et fidèles ont presque tout "désajusté" ou "réajusté", (et, parfois, de quelle manière !) "à l'air libre", dans l'Eglise, qu'est-ce qui a bien pu dissuader ou empêcher une Eglise catholique contemporaine, officiellement très sûre du bien-fondé de sa nouvelle doctrine, de laisser s'instaurer un simple débat, une controverse civilisée, "à propos du Concile", au sein de ses propres structures ?
A la limite, la question n'est pas tant de savoir si le Concile est plutôt synonyme de renouveau dans la continuité ou de renouveau sans la continuité, que de savoir pourquoi, à l'occasion d'un Concile de jure adogmatique, on a de facto dogmatisé, infaillibilisé, irréversibilisé, en tout cas pour l'instant, un certain nombre de points, dont il n'avait, pour ainsi dire, jamais été question, de cette manière là, sur ces matières là, auparavant...
Vous aurez remarqué que mon interrogation ne porte pas, en l'occurrence, sur le fondement ou le contenu de ces points, mais sur cette contradiction, à la fois procédurale et fondamentale : pourquoi recourir à un Concile adogmatique, pour élever, dans les faits, au rang de dogmes, un ensemble de positions magistérielles, purement pastorales, dont on rend, par la suite, l'analyse, critique ou sceptique, "à l'air libre", dans l'Eglise, à peu près impossible, depuis bientôt un demi-siècle ?
Bonne soirée à tous.
Scrutator.
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