Pourquoi cacher cela? par Gladius Verbi 2026-08-13 17:52:26 |
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Dans une interview retranscrite sur le Salon Beige, Mgr Pozzo révélait qu'en 2018 une déclaration doctrinale permettant une reconnaissance de la FSSPX par l'Eglise dans des conditions qui lui auraient été très favorables lui avait été proposée :
L’histoire aurait pu prendre un tout autre tournant si, il y a huit ans, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) n’avait pas rejeté la Déclaration doctrinale proposée par Rome, fruit d’un effort commun, et n’avait pas exigé du Saint-Siège une autocritique. Ce travail de consolidation, alors interrompu, est aujourd’hui suivi par la rupture survenue le 1er juillet à Écône, une rupture douloureuse pour ceux qui ont été témoins des événements. Mgr Guido Pozzo, archevêque titulaire de Bagnoregio et actuel surintendant des finances du Chœur pontifical, s’est exprimé auprès de La Bussola. Il fut le dernier secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, de 2009 à 2018. Le prélat n’ignore rien des « turbulences » post-conciliaires qui affectent la communauté ecclésiale, mais réaffirme que rien de tout cela ne saurait justifier un acte schismatique, ni un prétendu « état de nécessité».(…)
Même si le rite est l’élément le plus visible, nous savons que la question n’est pas d’ordre liturgique premier. Quels sont, selon vous, les principaux points de blocage ?
Il s’agit de l’acceptation de l’enseignement du Concile Vatican II et du Magistère qui lui a succédé. Lorsque je parle du Concile, je fais référence au contenu des documents, et non au Conseil des médias, au Concile virtuel ou para-concile, ni à l’« esprit » fantasmagorique du Concile qui, malheureusement, s’est confondu avec le véritable Concile dans l’opinion publique et dans de nombreux milieux ecclésiaux.
À cet égard, les points principaux de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), proposée à l’adoption par la FSSPX, abordent précisément ces questions et, à mon avis, de manière satisfaisante.
a) Il a été demandé à la FSSPX d’accepter la vérité catholique selon laquelle « le Christ Seigneur a confié au Magistère le dépôt de la foi – c’est-à-dire l’Écriture sainte et la “tradition” divine – à sauvegarder, défendre et interpréter » (Pie XII, Lettre encyclique Humani generis , 18, Denz. 3884) et que « le Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais la sert, n’enseignant que ce qui a été transmis » (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 10). Le Magistère de l’Église, à son tour, a l’autorité d’expliquer ou d’expliciter également les documents antérieurs du Magistère, y compris ceux du Concile Vatican II, conformément aux vérités de la foi catholique et à la lumière de la Tradition pérenne qui progresse dans l’Église avec l’assistance du Saint-Esprit, non par une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du dépôt de la foi, dans la mesure où il est dogmatique, et dont il est question dans le sens même de la sentence (cf. Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius , 4, Denz. 3020 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum , 8).
b) Il a été demandé de reconnaître que le Concile Vatican II soit compris à la lumière de toute la Tradition et sur la base du Magistère constant de l’Église, tout en restant ouvert à une discussion et à une clarification légitimes sur le plan théologique concernant la formulation de points particuliers dans les documents conciliaires ou concernant les réformes ultérieures de la liturgie et du droit canonique.
c) Il a été demandé que la validité du rite de la Sainte Messe et des sacrements légitimement célébrés selon les livres liturgiques dans leur editio typica, promulguée par les papes Paul VI et Jean-Paul II, soit reconnue.
Il serait cependant malhonnête d’aborder les questions concernant la FSSPX sans reconnaître que, depuis le Concile Vatican II et jusqu’à nos jours, le catholicisme a traversé une période de turbulences. Ces turbulences ne sont certainement pas dues à l’enseignement du Concile et du Magistère qui a suivi, mais à de nombreux facteurs internes et externes à la communauté ecclésiale. Cette turbulence se manifeste par de profondes divisions et des erreurs au sein de l’ Église (mais non de l’ Église elle-même), concernant la doctrine, l’identité catholique et la pratique pastorale, avec de nombreuses déviations et ambiguïtés qui engendrent confusion et incertitude parmi les fidèles. La critique et la lutte contre ces erreurs et déviations sont indispensables, mais l’acte schismatique de consacrer des évêques sans mandat papal est injustifiable, de même que la prétention de s’ériger en juge et de déclarer le Magistère actuel ou celui du Concile contraire à la Tradition de foi de l’Église. Des clarifications ou des précisions peuvent s’avérer nécessaires concernant certaines formulations ou orientations exprimées par le Magistère ordinaire, non définitif, ou d’ordre pastoral pratique, afin d’éviter des interprétations unilatérales ou réductrices du Magistère lui-même.
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