J'ajouterai sans avoir la prétention d'être complet par baudelairec2000 2026-08-11 22:13:02 |
|
Imprimer |
La persécution contre le clergé et les évêques commence véritablement avec la mise en oeuvre de la Constitution civile du Clergé rejetée par 73 évêques sur les 77 composant l'épiscopat astreints au serment – car les évêques des diocèses supprimés n'étaient pas tenus de prêter le serment.
Sur 137 évêques d'Ancien Régime, 108 prennent le chemin de l'exil et 29 choisissent de rester en France, dont 8 seront encore en vie en 1801, lors du Concordat.
En plus des victimes déjà évoquées par le sieur Dallais,
Le bienheureux François-Joseph de La Rochefoucauld-Bayers Évêque de Beauvais, il est élu député du clergé aux États généraux de 1789. Ayant refusé de prêter le serment constitutionnel, il est massacré à la prison des Carmes à Paris le 2 septembre 1792. Il est fêté le 2 septembre.
L'évêque de Saintes, Bienheureux Pierre-Louis de La Rochefoucaul-Bayers;frère du précédent,il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il fut arrêté en même temps que lui, martyrisé le même jour.
Jean-Marie du Lau d'Allemans, dernier archevêque d'Arles. Destitué le 12 juillet 1790, il est massacré aux Carmes le 2 septembre 1792 ; béatifié le 26 octobre 1926.
Mgr de Hercé: évêque de Dol depuis février 1767, il remplit sa charge pastorale de manière exemplaire. Elu en 1774 par les Etats de Bretagne pour les représenter auprès du roi Louis XV, il prononce un discours devant celui-ci pour défendre les intérêts de la Bretagne, harangue qui impressionne favorablement le roi. Début 1788, le voici de nouveau devant le roi, mais il s'agit de Louis XVI. Lors de la présentation du cahier de doléances des Etats de Bretagne, il n'hésite pas à dénoncer l'Edit de tolérance qui accordait un état-civil aux non-catholiques. Son audace lui vaut d'être exilé sur ses terres de bretagne où il est accueilli comme un héros. Cet homme de conviction s'oppose à la Constitution civile du Clergé, proteste contre la disparition de son diocèse et continue d'ordonner des prêtres y compris des candidats venus d'autres diocèses. Il finit par s'exiler à Mayenne le 1er avril 1791. C'est le point de départ d'un long périple – trop long à relater ici - qui le mènera à la mort le 28 juillet 1794, suite à l'échec du débarquement des royalistes dans la presqu'île de Quiberon. Il meurt sous les balles des Bleus en compagnie de son frère François et d'un groupe de 11 prêtres et de 3 officiers.
On doit mentionner:
Anne-François-Victor Le Tonnelier de Breteuil, évêque de Montauban, dont le diocèse avait été supprimé lors de la réforme de 1790. Réfugié en Normandie, il est arrêté à Rouen le 4 juillet 1794 et meurt en prison le 14 août suivant.
Cas particulier : Guillaume-Louis du Tillet, dernier évêque d'Orange. Arrêté le 9 octobre 1793, il est emprisonné à Provins, puis transféré à Melun et Fontainebleau, finalement ramené à Provins. Libéré, le 27 septembre 1794, il meurt deux mois après.
Un évêque constitutionnel fit les frais de la Révolution - la révolution finit par dévorer ses propres enfants - il s'agit de Claude Fauchet, évêque de Caen, guillotiné le 10 brumaire an II (31 octobre 1793) pour avoir entretenu une correspondance avec Charlotte Corday et suspecté pour des relations avec les Girondins de Caen.
Intéressant le cas évoqué par Peregrinus, celui de Jean-Baptiste-Marie de Maillé de La Tour-Landry, évêque de Gap (1778), de Saint-Papoul (1784). Esprit léger, mondain, c'est la Révolution, semble-t-il, qui lui fait prendre conscience de la dignité de sa charge. Son petit évêché est supprimé en 1791. Dispensé du serment, il monte cependant à Paris et, durant la Terreur, il se dépense sans compter aux côtés des réfractaires; il ordonnera de nombreux prêtres. Arrêté après le coup d'état du 18 fructidor an IV (4 septembre 1797), il est détenu sur l'ile de Ré en attendant d'être envoyé en Guyane. Il bénéficie de l'amnistie proclamée par Bonaparte fin 1799, continue à exercer clandestinement son ministère. Le temps venu du Concordat, il fait sa soumission au pape Pie VII. Il est choisi pour intégrer le nouvel épiscopat, il est nommé sur le siège de Rennes en avril 1802. Il meurt en novembre 1804 après avoir été entendu en confession par un combattant de la première heure dans la capitale, M. Emery.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|