De Gaulle par N.M. 2026-07-21 12:16:32 |
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L’équivalence entre De Gaulle et Franco, sous la plume brillante et assassine de Mitterrand, c’est un morceau de choix tiré du Coup d’État permanent et un bel effet de manche…
J’ignore quelle était la cote du général de Gaulle au sein des cadres de l’armée espagnole. On raconte que le général Armada, l’un des protagonistes du 23 F, se réclamait de l’exemple du général de Gaulle : il se serait agi, en 1981 et en Espagne, de rejouer l’opération Résurrection de 1958…
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’effet du hasard si le Général, démissionnaire, est parti en villégiature en Irlande (1969) et en Espagne (1970), et a réservé ses deux dernières grandes entrevues à Eamon de Valera et Francisco Franco. Cette dernière, en son temps, a particulièrement fait tousser de ce côté-ci des Pyrénées (notamment Malraux et Mauriac – ce dernier avait été l’ami de José Antonio Aguirre, le président du gouvernement basque en exil).
Certes, on fait valoir que De Gaulle voulait également, avant de mourir, rencontrer Mao. Et plus largement, tous les grands chefs d’État. Et dans la pensée du Général, il y avait d’abord les peuples, façonnés par l’Histoire, et bien après les régimes et les idéologies. Ceci explique aussi sa politique vis-à-vis de la Russie ou encore la reconnaissance de la Chine populaire (1964).
Toutefois, le choix ultime d’Eamon de Valera, vieux nationaliste, et du général Franco est sans doute tout sauf innocent et en dit beaucoup sur la vraie nature des convictions anciennes du Général, quoi qu’on en puisse en penser du côté des antigaullistes de droite ou des accapareurs politiquement intéressés de la mémoire gaullienne. Ni les uns ni les autres ne veulent voir qu’intellectuellement le général de Gaulle – quoi qu’on puisse, y compris légitimement, penser de ses choix politiques contingents – se rattache assurément au nationalisme barrésien et aussi à la tradition politique capétienne. Et l’on sent aussi l’influence de Maurras, même si De Gaulle est aux antipodes de la doctrine des « quatre états confédérés ».
Le courrier qu’avait adressé le général de Gaulle au Caudillo après leur rencontre avait d’évidents accents d’hommage à la politique menée par Franco.
« Avant tout, j’ai été heureux de faire personnellement votre connaissance, c’est-à-dire celle de l’homme qui assure, au plan le plus illustre, l’unité, le progrès et la grandeur de l’Espagne, et je n’ai pas manqué d’être fort impressionné par notre entretien. » (Courrier daté du 29 juin 1970.)
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