Carrero Blanco par N.M. 2026-07-16 09:25:29 |
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On a dit en effet que l'amiral Carrero Blanco aurait pu présenter un sérieux obstacle à la transition démocratique après la mort de Franco. Ce pourquoi certains ont même imaginé que ses assassins auraient pu être manipulés par les uns ou les autres, histoire soulever l'obstacle en question. Rien de sérieux ne vient étayer pareilles spéculations.
Il est certain que l'amiral n'était pas un démocrate. Il faut toutefois noter qu'à l'intérieur du régime, et au gouvernement, il fut un adversaire constant des milieux phalangistes et un proche des ministres relevant de l'Opus Dei, parmi lesquels certains acteurs de la transition. Il a également constamment soutenu la candidature du prince Juan-Carlos, avec lequel il avait manifestement de bonnes relations.
N'oublions jamais que la transition démocratique est d'abord une opération, conduite par Juan-Carlos, qui vient de l'intérieur même du régime. Avec le rôle central joué par Fernández-Miranda et López Rodó (très proche de l'amiral Carrero Blanco). Et notamment au niveau de la jeune génération : Adolfo Suárez, ex vice-secrétaire du Mouvement national, Miguel Primo de Rivera (petit-fils du dictateur et neveu du fondateur de la Phalange), Leopoldo Calvo-Sotelo (neveu du député de droite assassiné en 1936). Sans compter Manuel Fraga, ancien ministre et l'un des principaux fondateurs de l'actuel Parti populaire. La gauche et les autonomistes ont joué leur partition dans la transition démocratique, mais le mouvement a été conduit jusqu'en 1982 par des cadres ou des fils de l'ancien régime.
Les observateurs français ont souvent minimisé cet aspect des choses. De telle sorte que les propos empreints de respect et de reconnaissance à l'égard de Franco exprimés récemment par Juan-Carlos dans ses Mémoires sont incompréhensibles pour beaucoup, du moins en France. Et il est clair que la gauche espagnole, depuis Zapatero, et singulièrement avec Pedro Sánchez, est maintenant dans une démarche de rupture avec les années de la Transition, à rebours de la ligne alors suivie par Felipe González.
On débattra longtemps sur le putsch du 23 F. La gauche espagnole semble friande des théories alternatives qui mettent en cause le roi et l'accusent de double jeu. Il faut dire que le rôle joué par le général Armada dans cette affaire pose question.
Pour ce qui est du Portugal, il ne faut jamais oublier que les militaires qui ont pris le pouvoir en 1926, et qui ont congédié la caste de la Première République portugaise, étaient, pour beaucoup d'entre eux, républicains et souvent frères maçons. L'Estado Novo bâti par Salazar - qui n'a jamais été que président du Conseil des ministres, alors que la présidence de la République, certes honorifique, était réservée à l'armée - devait compter avec le pouvoir de l'armée. Et, finalement, c'est l'armée qui a congédié le régime en 1974. Toutefois, le mouvement des capitaines émanait de la base - qui avait démesurément grossi et changé sous l'effet des interminables guerres coloniales. Mais le fameux général Spinola, qui prend la tête de la junte après la chute de Caetano, était bien l'un des plus hauts cadres de l'armée portugaise. Sa trajectoire ultérieure, avec sa tentative de putsch en 1975 et son exil, est assez parlante.
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