Et je me permets quelques réponses, sans prétention.
Très attaché à l’union de l’Eglise et de l’Etat, il a été notoirement pris à contre pied par le Concile et le magistère de Paul VI. Savez vous si la diplomatie espagnole a essayé de freiner les réformes des années 60?
Franco a en effet été meurtri par la volonté de Paul VI de se distancer du régime, et de sa demande de supprimer le caractère privilégié que la constitution espagnole donnait à l'Église.
L'amiral Carrero Blanco partageait cette déception, d'autant que l'Église d'Espagne et Pie XII avaient objectivement et activement soutenu la
croisade des Nationaux.
Parallèlement, l'action de l'Opus Dei, assez puissante parmi les technocrates du régime qui avaient activement aidé le Caudillo à développer l'économie espagnole à partir de 1955, a probablement dissuadé Franco de se mettre le Vatican à dos.
On sait aussi que les clergés catalan et basque étaient très hostiles au centralisme castillan. Le caudillo en était il conscient ? Comment gérait il ce problème ?
Oui, je crois que le Caudillo se méfiait d'un certain clergé depuis la guerre civile. Rappelons qu'en 1936, le Pays Basque fut la seule province d'Espagne où le clergé catholique rallia majoritairement les Républicains plutôt que les Nationaux.
Comment gérait-il ? Je crois qu'il a tout simplement renoncé après la mort de Carrero Blanco, en 1973.
la décentralisation etait au centre de la philosophie de Maurras et correspond au principe de subsidiarite catholique. Or le régime franquiste était ultra centralisé. Comment expliquer cette contradiction ?
L'unité espagnole s'est faite plus tard que l'unité française, et sur un temps plus court, et je ne crois pas que l'on puisse trop décalquer la décentralisation maurassienne dans l'idéologie franquiste, si tant est que celle-ci existe. Les particularismes régionaux ont été politiquement plus marqués en Espagne qu'en France, notamment avec le régime foral.
Franco avait la hantise de la division de l'Espagne, allant même jusqu'à interdire la sardane en Catalogne... Ses derniers mots à Juan Carlos avant de mourir en témoignent : "
Altesse, la seule chose que je vous demande, c'est de maintenir l'unité de l'Espagne".
Comme disait Madiran, il est mort trahi.