Batchynskyi Daniel (1911 - 1968), Confesseur de la Foi, fils de martyr, prêtre, pére de famille. par Ludwik 2026-07-11 09:11:42 |
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Fils du précédent.
Daniel Bačinskij (fils) naît le 25 novembre 1911 à Silce, où son père était curé.
Scout actif, il rêvait de devenir médecin — mais un accident d'enfance en décida autrement : atteint d'une septicémie après s'être coupé le doigt, et donné pour perdu, il ne dut sa guérison, selon la tradition familiale, qu'au vœu que sa mère fit alors de le consacrer à la prêtrise s'il survivait. Il entra donc au séminaire d'Oujhorod après le gymnase.
Il y développa des talents de chanteur (choriste à la cathédrale) et un goût pour l'enseignement, qu'il exerça comme surveillant-éducateur du foyer pour lycéens où il avait lui-même logé.
Il épousa en 1934 Marie Ivančo, fille du prêtre et professeur Oleksiy Ivančo, peu avant son ordination le 12 août 1934.
Nommé d'abord curé du village montagnard de Pidpolozzia, puis administrateur de la cathédrale de la Dormition à Moukatchevo (1939), où le couple connut des années heureuses — il y enseignait aussi les mathématiques et le catéchisme, et anima un théâtre pour la jeunesse.
En 1945, après l'arrestation du curé de l'église de la Transfiguration à Oujhorod-Cegolnia, Mgr Théodore Romzha — un ami personnel — le nomma à ce poste, alors considéré comme presque aussi important que la cathédrale.
Le 27 octobre 1947, c'est en compagnie de Mgr Romzha, revenant de la consécration de l'église de Lavky, que le père Daniel fut percuté par un camion militaire soviétique lancé à pleine vitesse. Projeté sous les roues, si mutilé que les agresseurs armés de barres de fer le crurent déjà mort et ne l'achevèrent pas, il eut le crâne fracturé, l'omoplate et les côtes brisées, les jambes broyées.
Resté inconscient plusieurs semaines, il ignora longtemps que Romzha avait été empoisonné à l'hôpital.
Rentré chez lui affaibli, expulsé du presbytère de Cegolnia en février 1949 avec sa famille (quatre enfants, dont la petite Agnès morte peu après leur installation à Oujhorod), il refusa malgré tout de rallier l'orthodoxie russe.
Arrestation et déportation : arrêté le 21 juin 1949, transféré à la prison intérieure du KGB à Kiev (rue Korolenko), il y passa trois mois à l'isolement avant d'être condamné à dix ans de camp, purgés dans le Goulag de la région de Kirov (Oural), où — fait notable — il fut le seul prêtre transcarpatique de son camp.
Sa femme, restée seule avec quatre enfants et privée de son emploi d'institutrice, connut ces années une existence très dure, marquée notamment par un typhus qui faillit lui coûter la vie.
C'est durant cette déportation, en décembre 1950-juillet 1951, que son père, Daniel Bačinskij senior, fut à son tour arrêté puis mourut en prison à Oujhorod — nouvelle qui, apprise plus tard, plongea le fils dans un deuil profond.
Libéré en 1955, il eut d'abord du mal à trouver du travail, exerçant divers petits métiers avant d'être embauché à la margarinerie d'Oujhorod grâce à un ancien camarade de gymnase.
Il reprit un ministère clandestin (offices dominicaux à domicile, déplacements dans les villages) tout en assistant aussi, discrètement, à la messe catholique romaine.
En 1956 naquit une dernière fille, Rita — vingt et un ans après l'aîné. Il mourut en décembre 1968, à 57 ans, d'un second infarctus. Ses funérailles rassemblèrent, spontanément, une foule considérable venue de toute la région pour l'accompagner à pied jusqu'au cimetière du Calvaire — ce qui valut ensuite à ses enfants d'être interrogés par les autorités sur ce « rassemblement non autorisé ».
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