Le Forum Catholique

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images/icones/tao.gif  ( 895132 )La Salette: ''Nous sommes au coeur des prophéties'' par Chicoutimi (2020-05-11 07:26:31) 

Ce sont les paroles que Jean-Paul II aurait prononcées et qui sont rapportées par le père Michel Corteville dans le livre ''Découverte du secret de La Salette'' (page 30) répondant à une question du père René Laurentin. En voici l'extrait:


René Laurentin: ''Avant votre naissance, votre père a vécu le mystère de La Salette, réfléchi, travaillé, publié. Est-ce son influence qui a déterminé vos recherches?''

Michel Corteville: ''(…) Dès lors, depuis mon séminaire, j'ai partagé avec lui plusieurs démarches, y compris des rencontres avec Jean-Paul II où nous avons échangé sur l'apparition: ''Je la prie tous les jours...'', ''Nous sommes au cœur des prophéties'', nous a-t-il dit.''



Êtes-vous d'accord avec ce constat de Jean-Paul II?
Selon vous, quelles sont les prophéties de La Salette qui sont en train de se réaliser?

Deux prophéties pourraient toucher directement le pape Jean-Paul II:


''Au plus tard aux années 2000, (…) [viendra] un pontife que personne n'attend...'' (première rédaction du secret de Maximin le 3 juillet 1851)
''on lui tirera dessus, on voudra le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien.'' (première rédaction du secret de Mélanie le 6 juillet 1851)



Mais je pense que bien d'autres aspects du secret pourraient également être d'actualité. Qu'en pensez-vous?
images/icones/neutre.gif  ( 895133 )Si j'ai bien compris... par Candidus (2020-05-11 08:57:06) 
[en réponse à 895132]

Vous nous demandez notre opinion sur des propos que Jean-Paul II aurait tenus devant le père Michel Corteville qui les aurait rapportés à René Laurentin (donc sur des ouï-dire de ouï-dire).

Et en plus, les propos sur lesquel vous sollicitez notre opinion sont une phrase obscure, dépourvue de son contexte : ''Nous sommes au cœur des prophéties'' (de quelles prophéties ? de quelles versions (puisqu'il y en a eu plusieurs avec La Salette) ?

Tout cela est bien représentatif de l'atmosphère dans laquelle se meuvent les confidents d'"âmes priviégiées", insatiables amateurs d'apparitions, de révélations et de "secrets". C'est une caricature de la religion.

images/icones/bravo.gif  ( 895135 )très bien dit, j'y ajoute ceux qui interprètent le covid et la mort par JVJ (2020-05-11 09:55:28) 
[en réponse à 895133]

de telle personne…

Les maniaques des visions portugaises ou françaises sont très sectaires pour d'autres terres… Ce sont des orgueilleux qui veulent à tout prix comprendre, mais aussi qui se sentent privilégiés en sachant mieux que les autres. Da Vinci code… C'est aussi un narcissisme.

Pour les amateurs de traditions, et j'en suis, mais il faut savoir en laisser…, a-t-on vu en 2020 un évêque équilibré ouvrir au hasard la Bible le jour de son ordination et prétendre, par les sortes biblicae, que la première phrase dira quelque chose de la vie terrestre de l'intéressé ? C'était du même niveau que les horoscopes pratiqués dans les couches les plus solides de la société. Un cardinal du XVIe s. pouvait se faire faire son horoscope par un universitaire et il lui disait merci !

Je comprends que cela fascine de savoir que l'on est conditionné comme un vulgaire janséniste ou protestant… Dieu nous a voulu tellement libre, que nous pouvons l'abjurer, l'insulter, ne pas croire en Lui et nous suicider… Dieu n'a rien à voir avec les massacres, les incestes, les avortements, les viols, les morts d'enfant. Or je sais que clercs et laïcs interprètent par exemple le dernier cas auprès de parents. Il n'y a rien à dire dans ces coups de temps-là, mais il faut que certains y introduisent leur petite logique. Si les freins de votre voiture vous envoient dans le décor, inutile de prêcher sur saint Christophe qui était absent de la voiture ce jour-là parce que le conducteur ne s'était pas confessé la semaine précédente…

La Croix s'est fait un malin plaisir de s'interroger sur Marthe Robin… Que savait-elle du caractère dépravé du prêtre qu'elle fréquenta si souvent ? Ce n'est même plus du billard à trois bandes… Il ne manquait plus qu'une photo du prêtre dans les bras de Jean-Paul II…

Ceux qui n'auraient pas aimé ma prose, n'ont qu'à s'en prendre à Dieu, deus omnipotens, qui les a forcés ce jour à me lire.

Il est de saine tradition que d'accorder plusieurs courants de pensée dans l'Eglise (avec les digues que sont les dogmes), jusqu'à ce qui touche au rapport de Dieu et des hommes. Le catéchisme fossilise des choses qui, avant que ce catéchisme n'existe, n'étaient pas du tout des sujets fermés. Nos ancêtres du IXe s. ou du XVe s. n'étaient pas braqués sur des ouvrages à imprimatur, et pour cause. A supposer d'ailleurs qu'ils savaient lire… Cela ne faisait pas d'eux des sauvages par rapport à nous, êtres supérieurs du XXIe s. Quand on voit ce que des théologiens et des canonistes du XXe siècle ont fait et produit, ceux qui ont mal tourné… La liste des zozos periti au concile qui ensuite ont très mal tourné n'est pas mince.
Le catéchisme n'est pas un recueil de sourates à sortir par les esprits juridiques.

Le P. Laurentin avait-il prévu qu'il serait le frère de Menie Grégoire qui parlait de sexualité sur RTL et qui haïssait son prénom de baptême marial ? Dans son journal du concile, le P. Congar le dépeint comme un intrigant qui travaille aussi vite que Daniélou.

Pour ceux qui lisent des présages et colportent des ragots divins, qui pensent que nous sommes conditionnés et que la Russie doit être consacrée pour sauver le monde, une minute d'humour :

l'horoscope, par Raymond Devos
images/icones/fleche2.gif  ( 895168 )Permettez-moi une critique constructive cher monsieur par Chicoutimi (2020-05-11 17:26:41) 
[en réponse à 895135]

Tout d'abord, je vous remercie pour vos interventions. On voit que vous avez une aisance à vous exprimer, dans un bon français, et que vous avez de la culture.

Cependant, permettez-moi une critique constructive. Je crois que vos messages gagneraient en qualité si vous saviez y mettre un peu d'ordre.

Relisez votre message; il va dans toutes les directions. Vous parlez du Covid en passant par le Da Vinci code, puis vous évoquez ceux qui ouvrent la Bible au hasard en passant par les cardinaux qui se faisaient faire leur horoscope, puis vous enchaînez sur l'interprétation que certains donnent à des décès terribles pour ensuite faire un détour par un article de La Croix sans toutefois citer exactement votre source, pour ensuite parler de l'imprimatur et des catéchismes en passant par le frère du père Laurentin qui aurait parlé de sexualité tout en évoquant de suite le Journal du père Congar pour ensuite terminer avec la consécration de la Russie.

D'une manière charitable, je vous le dis, vos messages auraient davantage de force si vous y mettiez de l'ordre, si vous étiez un peu plus court, si vous preniez la peine de citer vos sources, si vous cessiez de prendre votre vie et vos expériences comme étant la mesure de toutes choses, si vous preniez la peine de couper les paroles non-essentielles (très proches d'une logorrhée) et si vous étiez un peu moins éclectique. Croyez-moi, un petit ménage s'impose dans votre manière d'apporter votre point de vue.

Je dis ça d'une manière charitable car je sais que vous avez la capacité de beaucoup nous apporter sur ce forum.
images/icones/fleche2.gif  ( 895164 )Le père Michel Corteville est un témoin témoin direct... par Chicoutimi (2020-05-11 16:47:50) 
[en réponse à 895133]

des paroles prononcées par Jean-Paul II. En effet, le père Michel Corteville est co-auteur du livre avec le père René Laurentin. Le fait d'avoir publié les propos du père Corteville sous forme de dialogue avec le père Laurentin ne fait pas de ces propos des ''ouï-dire de ouï-dire''. Il s'agit-là de propos rapportés directement par le père Corteville. Maintenant, on peut croire ce prêtre ou pas...

Ensuite, je ne pense pas qu'il faille voir un problème insurmontable dans le fait qu'il y ait eu plusieurs versions du secret. Personnellement, je ne pense pas que l'on puisse parler d'une rédaction en particulier lorsque l'on évoque le secret de La Salette. Il y a 8 rédactions du secret qui nous sont connues (5 faites par Mélanie et 3 par Maximin).

Pour certains, la dernière rédaction de Mélanie est plus complète et définitive (l'édition de Lecce, 1879, avec imprimatur de Mgr Zola).

Pour d'autres, c'est la version envoyée au pape Pie IX qui est la plus importante. À ce sujet, il est bon de rappeler que ce que le père Corteville a découvert dans les archives du Vatican c'est la première rédaction, donc celle de 1851 qui fut adressée au pape Pie IX.

Mais les 8 rédactions figurent dans le livre et ont donc toutes un intérêt, même si cela peut devenir mêlant de devoir ''jongler'' entre 8 différentes rédactions.

Derrière cette question des 8 rédactions du secret, il n'y a pas de problème à considérer le secret de La Salette comme faisant partie de l'ensemble de ces rédactions puisque ces rédactions ont des points communs. Mais il est effectivement bon, lorsque l'on parle du secret, de préciser à quelle rédaction on réfère, sans que cela veuille dire qu'il n'y a qu'une seule rédaction authentique (et c'est pourquoi dans mon message j'ai précisé à quelle rédaction j'avais tiré les prophéties que l'on pouvait appliquer à Jean-Paul II).

Ceci étant dit, au-delà des difficultés que comportent La Salette, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une apparition reconnue par l'Église. On n'est certes pas obliger d'y croire, mais on ne peut pas dire que ceux qui s'y intéressent ne sont que des ''confidents d'âmes priviégiées, insatiables amateurs d'apparitions, de révélations et de secrets''. Je trouve que vous rejetez bien vite du revers de la main tout ce qui peut s'apparenter à une révélation privées.

La raison est utile pour vérifier les choses. Or, le fait de demander si certaines prophéties peuvent s'appliquer pour notre temps, n'est-ce pas là une occasion d'user de raison, d'analyser, de comparer, de voir s'il y a des concordances?

Je n'ai pas amené la question du secret de La Salette comme s'il s'agissait d'une parole décrivant directement et infailliblement l'avenir. J'ai apporté le sujet sous forme de questions afin que l'on puisse réfléchir, interpréter et appliquer le message pour aujourd'hui.
images/icones/neutre.gif  ( 895180 )Des précisions s'imposent par Candidus (2020-05-11 18:26:06) 
[en réponse à 895164]

Je trouve étrange la citation de Jean-Paul II qui nous est donnée : Jean-Paul II (à qui on a aussi attribué des propos favorables à Medjugorge) affirmerait que nous sommes "au coeur des prophéties".

Quand Jean-Paul II a-t-il tenu ces propos ? A quelle occasion ? Devant qui ? Nous sommes au coeur de quelles "prophéties" ? Que savait Jean-Paul II des circonstances et des mutliples versions des secrets de la Salette ?

Ces questions sont incontournables et c'est une perte de temps de mettre en avant cette citation obscure sans clarifier préalablement tous ces points.

Et puisque nous parlons du message de la Salette, laissez-moi rappeler que dans une lettre "tombée du ciel" diffusée en 1818 en Isère par des colporteurs, le Christ s'exprimait ainsi : Des attentats si dignes des châtiments les plus cruels sont arrêtés par les prières de la divine Marie ma très chère Mère (...). Je vous ai donné six jours pour travailler, et le septième se reposer (...) mais vous en faites un jour pour accomplir les œuvres du démon, comme les jeux, ivrogneries, blasphèmes (...).

Dans un autre texte de colporteur, datant de la même époque, on lit ces mots : "Voici la main de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est toute prête pour punir les pécheurs", et la Vierge d'ajouter : Je ne peux plus arrêter la colère de mon Fils (source Jean Stern, La Salette : documents authentiques, dossier chronologique intégral - septembre 1846-début mars 1847, t. 1, Desclée De Brouwer, 1980, p.385.)

Ces quelques citations n'évoquent-elles pas un message qui leur est postérieur de quelques décennies ? Très étrange, n'est-ce pas ?
images/icones/livre.gif  ( 895199 )Avez-vous LU Jean Stern ? par N.M. (2020-05-11 20:47:45) 
[en réponse à 895180]

Histoire de ne pas vous laisser une nouvelle fois induire vos lecteurs en erreur, il convient de préciser tout d'abord que les propos par vous mis en cause appartiennent non pas aux secrets de Mélanie et de Maximin, mais au message public, connu dès septembre 1846 :


"Je vous ai donné six jours pour travailler ; je me suis réservé le septième et on [ne] veut pas me l'accorder, c'est ça qui appesantit tant la main de mon fils"

Relation Pra, 20 septembre 1846, in Jean Stern, La Salette, documents authentiques, t. I, p. 49.



Donc ce n'est plus seulement les secrets respectifs des voyants, leur personne ou leur "entourage" que vous incriminez, mais le message public et par voie de conséquence le fait même de La Salette. Il convient de le souligner.

Apparition reconnue par Mgr de Bruillard, évêque de Grenoble, par son mandement daté du 19 septembre 1851, signé par lui après consultation de la Congrégation des Rites et avis favorable de son préfet le cardinal Lambruschini, après que les secrets des voyants eurent été personnellement communiqués à Pie IX, par les chanoines Rousselot et Gerin, et que le Pape en eut donné communication au cardinal Lambruschini :


"Je ferai remarquer que la manifestation du secret faite à SE le Card. Lambruschini n'a nullement nui dans son esprit à la conviction où elle était de la vérité du fait de La Salette, et que c'est après avoir appris le secret qu'elle s'est exprimée comme je l'ai dit dans le corps de ma lettre."

Lettre du chanoine Rousselot à Mgr de Bruillard, Rome, le 16 août 1851, cité in Jean Stern, La Salette, documents authentiques, t. III, pp. 191-192.



On trouvera plus de détails ici

De même qu'il convient de préciser que Jean Stern, dans l'ouvrage que vous citez (de première main ?) et que j'ai présentement sous les yeux, rend justice au message public de l'accusation que vous portez, après tant d'autres (l'objection n'est pas nouvelle et on en trouve les premières traces dans la presse anticléricale : article paru dans Le Censeur, de Lyon, le 2 mai 1847, avant que d'être "accréditée" par le père Delehaye, s.j., président de la société des Bollandistes de 1912 à 1941). Dans l'ouvrage de Stern, on lit notamment ceci :


"A partir d'un certain nombre de similitudes, l'auteur [le père Delehaye] conclut à une similitude substantielle : dans les paroles attribuées à la Vierge, il croit reconnaître 'une des formes de la lettre céleste, à peine démarquée'.

"Répondant aux arguments apportés, nous observerons que les similitudes énumérées, d'ailleurs peu nombreuses, tiennent à la nature des choses et à la grille de lecture employée. Elles tiennent à la nature des choses : fatalement, la masse de péchés et les menaces accumulées dans les lettres célestes contiendra les péchés et les menaces du message de La Salette (pas toutes cependant, en ce qui concerne ces menaces) ou encore les péchés et menaces dont il pourrait être question dans la prédication populaire. - Les similitudes énumérées tiennent généralement à la grille de lecture employée, qui a banalisé ce qu'elle retient, et mutilé les sources. La suggestion que les menaces proférées ont été prises dans de vieux textes présuppose l'ignorance de la situation agricole de l'année 1846 [...]. D'autre part, il est simplement faux d'écrire [comme le père Delehaye] que les peines sont 'exclusivement de la catégorie de celles que nos textes fulminent le plus couramment' : qu'on pense à ce que nos relations disent des enfants de moins de sept ans et que les lettres citées par Delehaye ne disent jamais. On a oublié aussi qu'à la Salette reproches et menaces sont intégrés dans un dialogue où les enfants ont une part active et qui fait appel à leurs souvenirs personnels : ce qui a frappé Maximin et qu'il répète d'abord, ce ne sont pas les rappels de commandements, mais des questions qui le touchent directement et auxquelles il répond sur le champ (faites-vous bien votre prière ? - n'avez-vous jamais vu de blé gâté ?). On ne rencontre dans les lettres rien d'équivalent. Enfin, l'apparente précision du couple 'presque uniquement/subsidiairement', par laquelle on [le père Delehaye] prétend doser le rapport entre plaintes concernant le dimanche et plainte concernant le blasphème, relègue dans l'anonymat du 'presque' la plainte, longuement développée au début du message et extrêmement personnelle (depuis le temps que je souffre pour vous autres... jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous autres...) qui le caractérise. Bref : en guise de similitude on vous offre une représentation de Hamlet sans le prince du Danemark.

"Au reste, dans la recherche d'une explication naturelle au fait de la Salette, il serait impardonnable de s'arrêter à un phénomène aussi problématique et fuyant qu'un éventuel contact avec des lettres célestes. Il faut prendre en considération les faits qui ont certainement existé sur le plan local. Nous avons signalé la présence, à Corps, d'une confrérie du Cœur immaculé de Marie. D'une façon plus générale encore, il est permis de présumer que l'existence d'apparitions mariales n'était pas inconnu à moins de soixante kilomètres de Notre-Dame du Laus et que le clergé du canton, dans ses prônes et dans ses catéchismes, exploitait de temps à autre le thème du dimanche, du blasphème et de la médiation mariale. Ces données - et d'autres données semblables - peuvent-elles expliquer l'expérience concrète dont Maximin et Mélanie bénéficièrent le 19 septembre 1846 et qui, du jour au lendemain, les rendit capables de témoigner au sujet d'un fait où des éléments d'ordre varié - phénomènes visuels, mouvements, paroles de plainte, menaces, questions - forment un tout cohérent, très différent, aux yeux de qui prend la peine de comparer les textes, des accumulations qu'on lit dans les feuilles de colportage ou des rappels trop souvent abstraits de la prédication cléricale ? D'autre part, comment expliquer la naissance et, surtout, la persistance d'un mouvement spirituel assez ample et continu pour former une tradition, réalité sociale que, sauf erreur de notre part, la diffusion des lettres célestes n'a jamais créée ? Ce sont là des problèmes dont la solution dépend de l'accès aux documents et aussi de la personnalité de l'historien, de sa théologie et de sa philosophie. Une fois que l'on a compris qu'une apparition comme la Salette n'est pas une nouvelle doctrine mais une nouvelle grâce, on ne s'étonnera pas de rencontrer des antécédents : leur absence inquièterait plutôt, puisque l'apparition doit revivifier la tradition commune. Mais l'historien qui n'admet comme authentique que ce qu'il ne trouve pas ailleurs raisonnera à la manière de ceux qui rejettent la doctrine du logos comme platonicienne et celle des anges comme perse. Inversement, s'il pose comme authentique tout ce qu'il estime édifiant, il taxera volontiers de rationalisme des confrères qui subordonnent leur acquiescement à un examen critique.

"Les premiers enquêteurs jouissaient des avantages qu'offre le contact direct. Étant à même d'apprécier les nuances d'une intonation, le retard d'une réponse, la distance entre le comportement ordinaire des enfants et leur attitude de témoins, ayant la possibilité de poser de nouvelles questions et de provoquer de nouvelles réactions, ils jugeaient de l'authenticité du charisme à partir de la première manifestation de la vie, nous voulons dire du mouvement."

Jean Stern, La Salette, documents authentiques, t. I, pp. 381-383.



A ce sujet, on ne soulignera jamais assez la valeur du travail d'investigation fourni notamment (et n'en déplaise à Jean Stern sur le sujet des secrets) par les chanoines Rousselot et Gerin, respectivement professeur au grand séminaire et curé de la cathédrale de Grenoble, surnommé "le saint de Grenoble" et que le Curé d'Ars aurait appelé "mon cousin".

Alors, certes des précisions s'imposent. Elles sont faites. Pour le profit des lecteurs qui ne sont pas comme possédés et aveuglés par une animadversion rabique.

Et pour terminer, dois-je rappeler que vous aviez commencé par affirmer que les "prophéties [de La Salette] n'ont été connues, très commodément, qu'après la réalisation des événements annoncés", lors même qu'il vous a été prouvé qu'au moins l'une d'entre elles, relative à la duplicité de Napoléon III a été connue non pas après mais bien avant l'évènement annoncé...

... ce après quoi vous avez tenté de tirer à vous les propos de Mgr Ginoulhiac au moyen d'un contre-sens évident...

... ce après quoi vous avez prétendu prendre à témoin les "liseurs" en publiant les secrets de 1851, lors même que ces derniers, s'ils avaient été aussi peu crédibles que vous le prétendez auraient dû retenir le pape Pie IX et le cardinal Lambruschini de donner à Mgr de Bruillard (ainsi qu'il a été rappelé plus haut) l'autorisation de publier son mandement portant reconnaissance de l'apparition de La Salette.

Cette fois-ci, vous en étiez rendu à exciper les "lettres célestes". Quelle sera la prochaine étape ? L'affaire Mademoiselle de La Marlière ? Tout cela bien sûr au nom de la "méthode historique"...
images/icones/vatican.gif  ( 895208 )Pour ce qui est de Jean-Paul II et La Salette.. par Chicoutimi (2020-05-11 21:41:27) 
[en réponse à 895180]

Il n'est pas difficile de croire les propos rapportés par le père Michel Corteville quand on lit ce que Jean-Paul II disait publiquement de La Salette dans une lettre adressée à l'évêque de Grenoble en 1996.

Tout en reconnaissant que vous posez de très bonnes questions qui méritent que l'on s'y attarde, il faut quand même voir que, pour Jean-Paul II, il existe un message qui est au cœur de La Salette. En dépit des différentes rédactions, il y a une unité, un message, dont Jean-Paul II a confirmé son importance pour les temps que nous vivons. Voici ses propos:


''Le diocèse de Grenoble, les Missionnaires de la Salette et de nombreux fidèles dans le monde célèbrent cette année le 150e anniversaire de l'apparition de la Sainte Vierge Marie dans ce site des Alpes d'où son message n'a cessé de rayonner. (…)

Marie, Mère pleine d'amour, a montré en ce lieu sa tristesse devant le mal moral de l'humanité. Par ses larmes, elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu , mais aussi la fidélité passionnée que son Fils garde envers ses enfants (…).

Le message de La Salette fut délivré à deux jeunes pâtres en un temps de grandes souffrances des peuples, affectés par la famine et en butte à bien des injustices. (…)

Le rayonnement de l'événement de La Salette atteste bien que le message de Marie n'est pas tout entier dans la souffrance exprimée par les larmes; la Vierge appelle à se ressaisir: elle invite à la pénitence, à la persévérance dans la prière et particulièrement à la fidélité de la pratique dominicale; elle demande que son message « passe à tout son peuple » par le témoignage de deux enfants. (…) La Salette est un message d'espérance, car notre espérance est soutenue par l'intercession de Celle qui est la Mère des hommes. (…)

(…) Pour qui marche humblement dans les voies du Seigneur, le bras du Fils de Marie ne pèsera pas pour condamner (…)

Les paroles de Marie à La Salette, par leur simplicité et leur rigueur, gardent une réelle actualité, dans un monde qui subit toujours les fléaux de la guerre et de la faim, et tant de malheurs qui sont des signes et souvent des conséquences du péché des hommes. (…)

Les Missionnaires de La Salette n'ont cessé d'approfondir l'étude du message de La Salette et ils s'attachent à en montrer la valeur permanente pour le IIIe millénaire qui approche. (…)

De ces terres de Savoie et du Dauphiné où la Vierge Marie a fait entendre son message voici un siècle et demi, le même appel retentit aujourd'hui encore pour les nombreux pèlerins qui montent vers ce sanctuaire (…)

Marie est présente à l'Église comme au jour de la Croix, au jour de la Résurrection et au jour de la Pentecôte.

À La Salette, elle a clairement manifesté la constance de sa prière pour le monde. (…)'' (Site du Vatican)

images/icones/livre.gif  ( 895228 )Concernant la ''Lettre tombée du ciel''... par Chicoutimi (2020-05-12 05:55:25) 
[en réponse à 895180]

Il en est question dans le livre des pères Laurentin et Corteville sur la Découverte du secret de La Salette.

Je vous invite grandement à le lire Candidus, car ce livre aborde pratiquement toutes les objections que vous avez à l'égard de La Salette.

Qu'il puisse y avoir une influence langagière, au niveau de l'expression et du vocabulaire (comment pourrait-il en être autrement puisqu'un humain est nécessairement influencé par le langage et les expressions de son époque), dans la mise par écrit des secrets de La Salette, il n'en demeure pas moins que le message est tout à fait original et unique; son authenticité et sa pertinence demeurent. De la même manière, on ne peut dire que la prologue qui évoque le Logos dans l'Évangile de Jean n'est pas une bonne théologie, ni que originalité est compromise, juste parce qu'il y a influence sur le plan langagier.

Voici un extrait de ce que le livre dit en substance à propos de cette fameuse ''Lettre tombée du ciel'':


II. Lettre tombée du ciel?

''L'invraisemblance de toute communication céleste a conduit à la recherche d'une explication naturelle:
- création subjective de l'imagination du voyant;
- influence d'un texte ou d'un manager trompeur.

Il n'est donc pas étonnant qu'à La Salette, comme ailleurs, on ait mis en doute cette communication. Les uns l'attribuent, surtout pour les secrets, à l'imagination des voyants; les autres à l'influence externe d'une personne ou d'un texte.

(…)

Le père Delehaye a été frappé par le titre donné par les tout premiers enquêteurs, en date du 20 septembre 1846: Lettre dictée par la Ste Vierge à deux enfants sur la montagne de La Salette. Car ce titre ressemble à celui de prospectus que des colporteurs distribuaient depuis le début du XIXe.

Ces ''lettres tombées du ciel'' étaient des menaces divines pour la désaffection à l'égard de la prière et de la messe dominicale, avec l'annonce de calamités agricoles, ou des promesses de protection à qui prendrait l'avis au sérieux. Étant donné qu'en bonne critique, un texte antérieur est la source d'un texte ultérieur analogue, il y avait donc à penser que le message de La Salette n'était que l'écho d'un de ces tracts plus ou moins dramatiques recherchés par la police, gardienne de la tranquillité publique. Mais avant de conclure à une influence, il faut y regarder de plus près.

1. Quant à l'existence d'un prospectus d'après le père Delehaye, et plus précisément le père Stern - JS I p. 383-392 - les archives de l'Isère en conservent trois, ''saisis en février 1818, sur un colporteur dans le nord du département'' et d'autres à Gap, à une quarantaine de kilomètres de Corps, mais rien autour de Corps. Autant nous possédons l'évidence des enquêtes concordantes par lesquelles a été établi le témoignage constant des voyants, autant manquent les prospectus qui expliqueraient l'origine du message complet, et surtout des secrets. Les feuilles saisies et d'autres textes antérieurs relèvent du même genre littéraire, mais sont loin de comporter des prédictions d'une telle teneur et portée.

(…)

2. Le titre qu'ils ont donné à leur relation: Lettre dictée par la Ste Vierge à deux enfants… est visiblement factice. Il ne répond en rien à leur relation quasi judiciaire, confirmée par les interrogatoires ultérieurs, minutieux et concordants. Le titre ne vient assurément pas des bergers, il est plaqué par les enquêteurs; et c'est là que la formule bien lancée par les colporteurs fournit l'explication: non du résultat de l'enquête, mais du titre populaire qui lui est donné.


(…)

4. Le message n'a pas le caractère autoritaire et menaçant des fameuses lettres. Il confirme, dans la ligne des prophètes, que l'abandon de Dieu entraînera des catastrophes, y compris matérielles. Leur message n'est même pas un dictat du ciel, ni une exhortation, c'est un appel maternel, une confidence en direct. (…)

Malgré les rapprochements découverts par le père Delehaye, développés par C. Brunel et L.E. Halkin, l'explication de La Salette n'est point littéraire, livresque, abstraite. (…) Quant au thème avertissement, châtiment, conversion, protection offerte, il répond sans doute à un genre littéraire existant, mais familier au peuple.

On peut conclure avec le père Stern: il y a donc similitude sinon influence des prophéties populaires des colporteurs, proches des sermons simples des curés de campagne, avec le message de La Salette, dans l'expression des enfants et des deux enquêteurs tributaires du langage des schémas d'alors. De la même façon, les auteurs bibliques ont coulé la révélation et l'inspiration divine dans les mots et schémas de leur époque (…).''



Source: René Laurentin / Michel Corteville, Découverte du secret de La Salette, Fayard, 2002, avec imprimatur de Mgr Michel Dubost, pages 36 à 39.
images/icones/ancre2.gif  ( 895209 )Le Père Corteville... par Paterculus (2020-05-11 21:50:50) 
[en réponse à 895164]

... est probablement le meilleur spécialiste des apparitions de La Salette.
Merci pour votre message.
Il est réconfortant de voir que la Vierge Marie soutient l'Eglise dans ses épreuves.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/nounours.gif  ( 895134 )Il y a eu un fil sur le sujet par Jean-Paul PARFU (2020-05-11 09:54:55) 
[en réponse à 895132]

En janvier dernier dont l'origine était justement l'un de vos posts.

C'est à relire notamment ici
images/icones/1b.gif  ( 895141 )Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'antéchrist par Regnum Galliae (2020-05-11 10:58:24) 
[en réponse à 895132]

un Pape persuadé d'être au cœur de cette prophétie devrait renverser la table !